PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mercredi 18 octobre 2017

Mode de garde en IEF: bilan 2016-2017

Lorsque je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie au chômage, pour une durée indéterminée certes, mais avec peu de perspectives que celle-ci soit brève, j'ai gardé ma nounou à domicile, en réduisant ses heures. J'avais expliqué mes raisons ici.


Bilan des courses
  • Les raisons susmentionnées sont toujours valables : cette respiration s'est montrée indispensable. A certains moments un peu compliqués, pouvoir "déposer" mes responsabilités maternelles pendant quelques heures a permis le bol d'air nécessaire pour pouvoir ensuite les reprendre sans qu'un câble ne lâche quelque part (d'aucunes âmes médisantes prétendront que, si, des câbles ont manifestement lâché, ou que, comme disent si bien les Allemands, je n'ai "pas toutes mes tasses dans l'armoire", mais... chut).
  • Ces pauses m'ont permis de faire un tas de choses : un max de déjeuners avec des copines, quelques uns avec Monsieur Bout, beaucoup de piscine, du shopping, des formalités et démarches sanzenfandanlépatt..., j'ai rarement été en peine d'occupations ;-), autant de moments précieux qui ont fait de cette année une chouette année.
Ces heures de garde ont donc beaucoup contribué à mon équilibre et mon épanouissement cette année, et je ne me verrais pas y renoncer! Trop dangereux.
J'ai toujours en tête l'image de la reine des abeilles, utilisée par Faber et Mazlish dans leur sublime "Parents Épanouis, Enfants Épanouis", pour me rappeler qu'investir du temps et de l'argent dans ce qui me permet, à moi, de fonctionner, c'est un investissement utile à toute la famille.
Que refuser cet investissement, c'est mettre en péril ladite famille.
Donc :  pas touche!


4 points moins positifs dans ce bilan
  • 1. le passage par une agence : ils ont très bien géré, aucun souci. 
    • Mais ça veut tout de même dire que notre Madame O2 était payée au SMIC quand l'heure m'était facturée 23€ : salaire identique pour les petites étudiantes employées par l'agence, que pour elle, EJE diplômée avec 20 ans d'expérience!
    • Et surtout, au fur et à mesure, j'ai pu réaliser la précarité de sa situation : certes ce sont des CDI, blablabla, mais sans nombre d'heures assuré. 
      • Donc, autant pour quelqu'un qui n'a besoin que d'un revenu complémentaire (étudiant, activité de complément avec un conjoint assurant les arrières, complément de retraite), le sous-emploi constant (comment cumuler 35h / semaine quand l'essentiel de l'activité se concentre après 15h30?) ne constitue pas un gros problème, autant pour la mienne, maman solo dont c'était la seule source de revenu, le bouclage de fins de mois constituait une source d'angoisse constante... 
      • d'autant que ces revenus-là sont non seulement faibles mais fluctuants: en période de vacances scolaires, beaucoup d'heures "sautent". Donc septembre paie correctement, octobre accuse une baisse, novembre va mieux, décembre c'est la cata, janvier c'est OK, février c'est l'horreur, et ainsi de suite...
    • Moralité, peu de stabilité du personnel, en tous cas dans les grandes villes (le fait que Clotilde ait la même personne depuis 6 ans me fait rêver!): dès que celui-ci peut trouver autre chose, il le fait. Notre départ a ainsi poussé la nôtre à chercher autre chose, car j'étais son plus gros contrat, et le plus stable, qui lui maintenait la tête hors de l'eau. Elle a trouvé, ouf!
Bref, le passage par une agence présente de nombreux avantages, notamment en termes de gestion mais aussi sur le plan financier quand il s'agit d'un faible volume horaire, mais ce n'est pas la panacée et je suis ressortie de cette année assez décidée à explorer en priorité d'autres possibilités, pour ne me rabattre sur cette solution qu'en dernier recours.

  • 2. pas évident de trouver quelqu'un branché éducation positive. 
Notre madame O2 était vraiment adorable, aux petits soins avec les enfants, je lui ai fait lire "Parents Épanouis Enfants Épanouis", mais même sympa, même ouverte a priori.... la culture éducative, ça imprègne
Ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres, mais cela fait de longues semaines que je travaille à faire perdre à F. l'habitude de s'exclamer "j'ai pas fait exprès" quand il cause du tort à quelqu'un. A cette réaction centrée sur la culpabilité, je préfère de loin un "pardon", qui développe davantage l'empathie en focalisant sur le tort ressenti par la personne. 
Idem pour les "c'est pas grave" et autres "ne pleure pas" dont je sais que les Bébous en ont entendu un certain nombre... Idem également  pour les "si..., alors..." que j'ai entendu fleurir dans la bouche de F. .
On ne peut s'assurer quelqu'un qui fasse 100% comme nous, mais tout de même, je rêverais que la parentalité positive soit plus répandue et non encore un truc d'extra-terrestres, histoire que l'écart soit moins grand!

  • 3. L'inconvénient d'une nounou à domicile, c'est que vos enfants sont gardés à votre domicile. 
(Ouais, j'ai fait de très longues études pour arriver à ce constat). 
    • Plus précisément, cela a signifié que la majorité du temps, il me fallait sortir de chez moi, alors que j'aurais bien aimé profiter de ce temps pour faire des choses chez moi aussi:  
      • ranger / Flyladyser, préparer des machins pour l'IEF, bloguer... Les enfants l'adorant, ils ne me collaient pas si je prétendais rester, mais de là à ranger en leur présence (notamment leurs affaires!), j'avais moins de liberté d'action. Et même en restant chez moi le temps qu'elle sorte les enfants au parc,  c'était tout de même bref et à certains moments j'ai vraiment trouvé cela gênant. 
      • Faire des choses, oui, mais aussi ne rien faire: ça aussi c'était plus difficile à envisager, et pourtant y a des fois je serais bien restée juste à buller / dormir chez moi. Pas possible!
    • Autre dommage collatéral dont je n'avais pas envisagé l'impact: mon organisation m'obligeait à déjeuner hors de chez moi 2 fois par semaine. 
      • J'avais pensé à l'aspect "compagnie", et cela n'a pas été un souci: j'en ai rarement été en peine. En revanche, ce petit côté SDF, dans les faits, s'est traduit par un fameux surcoût: certes il m'est arrivé d'aller déjeuner chez une copine, cependant la grande majorité du temps je déjeunais à l'extérieur. 
      • Très sympa, hein, ces petits restaus entre filles... Néanmoins, et même en privilégiant des lieux "pas chers", le budget sorties s'en est mécaniquement retrouvé dépassé, et de beaucoup. Quand nous réfléchissions au passage à 80% de Monsieur, et que je triturais le budget correspondant, ce point-là constituait une vraie préoccupation, alourdissant le poids financier de la garde (car je tenais en même temps à continuer autant que possible à confier mes enfants sur l'horaire des déjeuners: les repas, chaque maman le sait, peuvent être le théâtre de conflits, et le fait d'en déléguer certains m'aide à gérer les autres de manière plus détendue).

  • Rythme avec l'IEF pas évident à trouver :  
    • au départ je la faisais venir dès le matin, concentrant les créneaux IEF sur les autres jours, mais très vite j'ai vu que cela ne me convenait pas. J'avais besoin de plus de régularité dans les créneaux IEF, et donc j'ai décalé ses horaires, de manière à ce que sur l'un de ses deux jours il y ait "école". 
    • Cela allait pour une année de PS (pression "scolaire" pas bien grosse!) mais même avant que notre déménagement ne rebatte les cartes, je prévoyais de faire autrement en 2017-2018; en effet si une matinée d'IEF saute systématiquement pour cause de garde, cela signifie moins de souplesse pour en faire sauter d'autres pour des sorties ou autres activités. Or, un enseignement que je tire de cette première année d'IEF est que, en tous cas pour notre famille, la fréquence des créneaux IEF est importante pour favoriser une bonne mise au travail. Toujours pour des raisons de routine, favorisant la paix des foyers avec jeunes enfants...

Voici pour ce bilan.
Autant de points d'analyse qui m'ont bien servi pour ajuster mon organisation 2017-2018, que je reviens vous présenter sous peu, et dont je suis, ma foi, assez fière...

mardi 17 octobre 2017

Soupe autrichienne aux quenelles de semoule - Hochzeitssuppe mit Griessnockerln

Comme promis dans mon billet précédent recensant des plats savoureux sans viande, voici une chouette recette de bouillon-plat complet pour réjouir les soirées d'hiver (à noter: en Allemagne et en Autriche, on ne rechigne pas non plus à servir ce genre de plats à midi!).

Hochzeitssuppe (=  "soupe de mariage", traditionnellement servie en introduction de repas de fêtes)

La base en est simple
  • du bouillon
  • dans lequel on fera barboter des légumes râpés selon ce qu'on a stock: (cette recette se prête tout particulièrement bien au recyclage de légumes râpés en trop grande quantité, et/ou commençant à se défraîchir...)
    • généralement, j'inclus de la carotte, 
    • le radis blanc supporte très bien, 
    • les courgettes y nagent avec ravissement, 
    • quelques fines rondelles de poireau peuvent y servir de bouées,
    • l'oignon s'amusera tout autant. 

Pour rendre le bouillon consistant, on se lancera dans la confection de 
petites quenelles de semoule, les fameux Griessnockerl
qui iront donc enrichir ce bouillon.


Ingrédients
  • 50g de beurre
  • 1 œuf
  • 80 à 100g de semoule (j'utilise volontiers de la semoule d'épeautre et cela fonctionne tout à fait bien)
  • sel
  • noix de muscade et / ou persil ou aneth

  1. fouetter le beurre fondu (je le fais au fouet électrique) jusqu'à ce qu'il mousse, 
  2. y rajouter l’œuf (il est conseillé d'avoir laisser celui-ci se détendre hors du frigo, si possible, durant une heure), puis les ingrédients restant.
  3. Laisser gonfler la masse à chaleur ambiante durant au moins 30 minutes, si possible une bonne heure,
  4. puis avec deux cuillers à café, former de petites quenelles, que l'on fait cuire soit dans de l'eau bouillante salée (pour les utiliser plus tard), soit directement dans le bouillon: d'abord 5 minutes à bons bouillons, puis 10 minutes à feu très doux. 
Bon appétit! 

samedi 14 octobre 2017

Optimiser le budget alimentation: 12 Plats sans viande

À la fois dans une optique de santé, de développement durable, et d'économie, j'ai cherché ces derniers mois à réduire notre consommation de viande.
(à noter: me voici fraîchement obligée de faire partiellement machine arrière. Il se trouve qu'une prise de sang toute récente a montré un taux de fer au ras des pâquerettes, bien en dessous du minimum acceptable. Et même si il existe différentes manières d'absorber la quantité nécessaire de fer, je vais tout de même prendre garde à ce que boudin, foie, et consorts figurent très régulièrement aux menus des prochains mois).

Quoi qu'il en soit, chez nous, la viande est avant tout une affaire de gourmandise: je suis gourmande, Monsieur Bout est gourmand; les chiens ne faisant pas des chats, nos mômes sont gourmands. Et la viande, nous aimons ça.
Diminuer la consommation de viande n'était donc envisageable qu'à condition d'avoir des alternatives goûtues histoire que passer à table soit un plaisir même sans y avoir convié le moindre bout de viande.

Même E. se méfie. Sans viande ?! Comme c'est étrange.
J'ai cherché, réfléchi, testé, et voici douze plats auxquels j'ai volontiers recours (certains offrant de nombreuses variantes, j'en profite allègrement et ils reviennent fréquemment sur notre table).


  • 1. Knoedel en sauce. 
Les Knoedel sont de grosses boulettes allemandes à base de pain sec; je vous en promets la recette depuis des lustres, mais en attendant je les achète lyophilisés dans mon Lidl allemand (et j'en ai emporté de gros stocks en quittant Strasbourg). 
Quant à la sauce, de nombreuses variantes sont possibles. Globalement, je fais ça sur la base de ma crème aux pleurotes, et je varie les légumes: 
    • toutes sortes de champignons, 
    • ou carottes (en les râpant avant la cuisson elles deviennent rapidement fondantes), 
    • carottes-oignons, 
    • poireaux émincés,... 
En l'absence de Knoedel, du riz ou toute céréale absorbant bien les sauces fait aussi l'affaire.

  • 2. Röstis accompagnés de crudités et d'une sauce
Les fameuses galettes de pommes de terre sont un plat chermanique, ach!, dont la base est très simple:
    • pommes de terre crues râpées, 
    • 1 oignon (ou pas), 
    • 1 œuf et un tout petit peu de farine pour le liant
    • sel, poivre
On fait frire à la poêle.
Efficaces et pas chères, elles se déclinent fort bien en différentes variantes
on peut 
    • remplacer la pomme de terre par de l'igname, je vous l'avais expliqué; 
    • faire un mix pommes de terre / patate douce, 
    • rajouter, aux pommes de terres, l'un et/ou l'autre des légumes suivants : carotte, courgette, navet (toujours en râpant)
Je les accompagne d'une petite sauce réalisée en un tournemain : un yaourt de chèvre avec de l'aneth, ou un combiné échalote / ciboulette (ciboulette et aneth sortent généralement directement de mon congélateur).
Bâtonnets de carotte / concombre, petites tomates, avocats ou radis complètent le repas et plongent eux aussi dans la sauce.
Pour les jours de fête, ce plat se pimpe très bien avec quelques tranches de saumon fumé...

  • 3. Pommes de terres au four, crudités et sauce 
C'est la même chose que le point numéro 2 du point de vue des accompagnements, mais en version flemmassou pour le corps du plat.

  • 4. Gnocchis ou pâtes avec crème à l'ail et oignon et herbes de Provence 
Ail et oignon hâchés menus au robot, blanchis à la poêle, et je rajoute un yaourt de chèvre ou de brebis ainsi que herbes de Provence & sel - poivre. Miam.

  • 5. Lasagnes chèvre - aubergines
Aubergines en dés, oignons émindés et herbes de Provence reviennent longuement afin de constituer la base de lasagnes dans lesquelles je remplace le gruyère râpé par de fines tranches de chèvre bûche (hormis la dernière couche pour laquelle j'ai abondamment recours au gruyère histoire que ça gratine).

  • 6. Lentilles corail au curry 
Faire revenir un oignon dans de la graisse, y faire dorer des lentilles corail, puis rajouter du curry ainsi qu'un gros verre d'eau (pour 4 personnes) et faire revenir quelques minutes (stopper la cuisson avant que les lentilles ne deviennent trop molles). 
On peut faire sans curry si on n'aime pas ça. 
Accompagné de riz c'est délicieux.
Et le jour où on veut inclure de la viande, on peut rajouter des gésiers de canard à la recette (c'est alors dans la graisse de canard que reviennent les lentilles... miam).

  • 7. Spaetzle gratinées
Mélanger du beurre, du gruyère râpé, et si on veut, un yaourt, aux Spaetzle faites maison.
Passer au four une dizaine de minutes, en finissant en position grill si possible, et zou.

  • 8. Gratin de Spaetzle ou de pommes de terre-munster-oignons
Pommes de terres cuites coupées en tranches, ou Spaetzle, se retrouvent dans un plat allant au four.
Et sont recouvertes d'oignons que j'ai faits dorer à la poêle, puis de fines tranches de munster (et en option, mais alors on oublie le "sans viande": quelques lardons revenus avec les oignons), 
On fait gratiner le tout;
L'haleine de chacal est assurée, mais nous nous roulons par terre.

  • 9. Panna Cotta au munster avec tomates cerise, accompagnée de pommes de terre sautées
Eh oui! La folle de la panna cotta a encore frappé: ça c'est un test tout récent, en mode "je veux faire une panna cotta salée mais je n'ai rien dans mon frigo hormis... du munster, tiens Google dis-moi que c'est possible". 
Et ça l'est.
Et c'est simplissime.
Et c'est vachement miam.
(et pour info ça se tartine aussi très bien sur des canapés pour un apéro...)

  • 10. Crumble carotte / patate douce / courge
Marier 2 ou 3 de ces légumes en les balançant, en morceaux, une quinzaine de minutes dans un panier vapeur (on peut leur adjoindre un oignon) puis hop, dans un plat à four.
Cela peut se recouvrir d'un crumble à base de graisse + quinoa + gruyère râpé ou graisse + flocons d'avoine, ou d'un mélange d'un peu tout ça. 
Un peu de muscade ne fait pas de mal.

  • 11. Hochzeitssuppe aux quenelles de semoule
Il s'agit d'une recette de soupe / bouillon enrichi, venue tout droit d'Autriche, et que je vous présenterai dans mon prochain billet [ici!]
Délicieux aux premiers frimas...

  • 12. Crêpes
Une bonne soirée crêpes, ça ne rate jamais son effet; et franchement, y a pas moins cher.
Sur les premières crêpes on fait fondre divers fromages, sur les suivantes on n'a que l'embarras du choix entre miel, confitures, sucre... ou mon Nutella fait-maison, souvenez-vous!


Voilà, maintenant que j'ai fini d'écrire ce billet, je crève de faim.
En espérant qu'il vous inspire un soir de profonde perplexité menuesque.

jeudi 12 octobre 2017

Emménagement : 50 nuances (euh) -15 nuances moins roses

Ce déménagement, c'est plein de choses très chouettes, je m'en suis réjouie avec vous.
Mais il ne s'agit pas non plus de jouer à "Tout va très bien, Madame la Marquise", ni de faire saliver les foules (oui, les foules me lisent, vous savez) sur ma vie supposément parfaite.

Alors, hop, un petit billet un peu moins positif, parce que, si tout nuage a toujours sa frange d'or (lalalalaaaa),  tout changement de décor a aussi,  justement, son envers (du décor).

  • 1. Fatigue et accaparement par les cartons (les faire / les défaire) n'ont pas été propices, ces dernières semaines, à beaucoup de moments de qualité avec les Bébous, priés de "fonctionner" en étant le moins possible dans nos pattes. Pas de hasard : fatigue et accaparement par les cartons, ça donne 
    • des moments où les Bébous sont franchement relous, 
    • et des moments où les réactions de leurs parents sont tout, sauf tamponnées Faber & Mazlish

  • 2. Fatigue et accaparement par les cartons, c'est aussi un certain nombre de disputes conjugales, les questions de déco, de priorités (quel carton est prioritaire ? Certainement pas celui éventré par le conjoint!) venant apporter une quantité très généreuse d'occasions de discorde, à deux personnes dont la patience n'est pas à son top niveau.

  • 3. Le soupçon né dès nos premiers pas de reconnaissance autour de chez nous se confirme : niveau aires de jeux, les alentours immédiats sont pauvres, très pauvres. Strasbourg nous avait fait prendre de mauvaises habitudes!

  • 4. Un vaste parc royal est à quelques minutes de chez nous, mais les trottoirs pour y aller sont très étroits: le trajet n'est donc pas de tout repos pour le moment avec les Bébous. Cela + le point précédent = pour le moment je me sens un peu enfermée chez moi, j'ai tendance à y rester et ça me pèse! Même si j'ai conscience que 1. c'est aussi provisoire, le temps de prendre nos marques d'une part, d'être moins focalisée sur les cartons d'autre part 2. c'est aussi dans ma tête / à moi d'oser sortir.

  • 5. Plein de petits copains dans notre impasse privée, disais-je. Mais des petits garçons plus âgés que F. et pas toujours tendres.  On lui emprunte volontiers ses jouets sans trop le mêler au jeu qui en découle, et quand je l'entends essayer de les récupérer en vain, il finit par avoir recours à des phrases telles que "je vais te péter la gueule" qui ne me réjouissent pas. Un besoin d'enseignement des compétences sociales, assurément... Et en même temps, le sens de l'affaire n'est pas non plus que je sois toujours présente! (et j'ai pââââl'temps, en plus! Ni l'envie!)

  • 6. F. étant depuis cet été dans une phase très agréable, à savoir la fameuse époque "pipi caca", c'est source de certaines crispations parentales dans le cadre du nouage de connaissance avec un tas d'inconnus. Bonjour la sociabilisation parentale, quand le Bébou est susceptible de claironner un "Bonjour, madame Caca!" et autres "Tiens, voilà Madame qui pue des fesses!". Nous craignons qu'il ne soit vite catalogué et cela nous rend assez anxieux. 

  • 7. Nous déployons beaucoup d'efforts pour passer notre chez-nous du stade "chaos post-déménagement" à l'état "douillet cocon" le plus vite possible, et ne sommes pas peu fiers des résultats déjà obtenus : salon et cuisine sont vraiment proches de l'objectif final, la salle de classe avance même si c'est un travail de Titans,... 
    • Mais il a fallu un bout de temps avant d'avancer dans les chambres du premier étage en raison des travaux de peinture fraîchement réalisés (pas question d'y faire dormir les Bébous les premiers jours)
    • Et à présent  de gros nids à chaos perdurent : des travaux sont encore prévus dans différentes pièces de la maison: toutes les salles d'eau, et ajout d'un placard dans notre chambre. Dans l'attente les cartons correspondant demeurent, et reculent encore le moment de la "véritable" installation. Leur vue m'horripile.
      La chambre des Bébous dimanche soir (premier soir où ils ont dormi dedans): ça prend forme hein?!

  • 8. Qu'il est difficile de se repérer, en particulier sur les routes franciliennes (les échangeurs complexes!). Pour une Gwen dont le sens de l'orientation est aux abonnés absents, un déménagement constitue en cela un énorme stress: envolés, les pauvres repères péniblement acquis au fil de nos deux années et demie à Strasbourg. Je galère à les retrouver et chaque déplacement seule se teinte ainsi d'une angoisse justifiée (et encore, merci le GPS... sans, je crois que je ne me hasarderais pas en dehors de chez nous).

  • 9. Autres repères perdus : ceux de l'approvisionnement! Exit panier bio, exit mes habitudes au Leclerc Drive et au marché, tout est à reconstruire et c'est très laborieux. 
    • D'autant que la technique s'en mêle: je n'ai par exemple toujours pas réussi à finaliser une commande au Super U du coin, ça buuuug! Je pourrais lâcher l'affaire et commander chez l'Auchan d'à côté, mais quand je vois que le pack de lait de chèvre y est plus cher qu'au Super U, je bloque. Grrrr.
    • Rajoutez à cela que pour le moment, dans mes mini-courses, me voici confrontée à ce choix cornélien : fruits et légumes : "lambda" vendus en vrac, ou bio vendus par petits lots suremballés? Mon panier bio m'avait désaccoutumée de cela et vraiment, j'ai du mal. Je suppose que c'est un bon signe quant à la manière dont le mode de pensée ZD commence à s'enraciner chez moi, mais... Re Grrr.

  • 10. Approvisionnement, parlons-en. F. fait du sport une fois par semaine à côté d'un centre commercial : super ! Je n'ai pas de difficulté à me garer (très précieux au vu de mon niveau abyssal en manœuvres) et surtout cela me laisse une petite heure pour faire du shopping. D'ailleurs c'est cool, j'ai été ravie de découvrir que parmi les magasins abrités par ce centre se trouve un magasin bio.C'est-y-pas chouette de pouvoir ainsi s'y rendre régulièrement ? A ceci près que j'ai choisi le créneau de sport du lundi... jour de fermeture dudit magasin bio. Scrogneugneu!

  • 11. Shopping encore : les (y en a deux, en plus!) magasins Action les plus proches sont situés beaucoup moins loin de notre domicile que celui auquel je me rendais en Alsace: ruine en vue!  Mais en même temps ils demeurent un peu trop éloignés pour y aller tout le temps, donc je cours quand même le risque de passer à coté de choses sur lesquelles j'aurais voulu mettre le grappin. Décidément la vie ne m'épargne pas (si à ce stade, ému(e)(s) jusqu'aux larmes, vous tenez à faire un don, je tiens mon RIB à votre disposition).
 
  • 12. J'ai une superbe cuisine, avec un très beau piano de cuisine, mais franchement, j'ai du mal avec celui-ci! 
    • Allumer le gaz n'est plus mission impossible maintenant que nous avons investi dans un gentil ustensile en lieu et place des allumettes, mais je trouve la gestion de la cuisson encore difficile, idem le nettoyage ensuite. Je m'étais bien habituée à ma vitrocéramique! 
    • Et la gestion des fours continue à être compliquée... Je n'ose encore toucher à celui au gaz, quant à l'électrique, je l'utilise à l'aveuglette: les graduations ayant disparu je ne sais même pas à quelle température je cuis mes plats, et serais bien en peine d'utiliser la fonction "grill"... si celle-ci existe.

  • 13. Ce weekend, nous avions un anniversaire en plein centre de Paris, nous y sommes allés en transports en commun,  sans anicroche aucune. Or c'était la première fois que je mettais les pieds à Paris depuis notre arrivée, première fois que j'étais vraiment confrontée au fait que nous habitons en région parisienne car on l'oublierait presque chez nous, parfois. Et... décidément, ça ne me plaît pas. Il  m'a suffit de poser le pied sur le quai, gare Saint-Lazare, pour y être assaillies par une série d'impressions en mode "hum, oui, c'était tout ça que j'étais forte heureuse d'avoir laissé derrière moi et point du tout désireuse de retrouver." Odeurs, bruits, personnes louches, fourmilière, et mille choses encore. Non, vraiment, très peu pour moi. Me rendre à Paris ce soir figurait indiscutablement dans la catégorie "choses désagréables", alors qu'aller ainsi à une fête sur une péniche à Strasbourg aurait été un vrai plaisir.

  • 14. Formalités administratives à la mords-moi-le-nœud... 
    • d'abord il y en a que je n'ai toujours pas terminées (mais je ne dirai pas lesquelles!), et cela me file mauvaise conscience. 
    • Mais surtout, j'ai craint l'espace d'un instant de revivre le feuilleton Pôle Emploi / CAF qui avait tant égayé mes débuts de chômage. 
      • Sachez-le, quand vous changez de région, un changement d'adresse équivaut à une désinscription de Pôle Emploi, et il faut se réinscrire. J'ai failli passer à côté... 
      • Par ailleurs, du coup je n'avais pas été en mesure de faire la formalité nécessaire au paiement de mes indemnités (= actualisation de ma situation) et j'ai vu le moment où j'allais perdre un mois de chômage. 
      • Heureusement, un seul (!) coup de fil à Pôle Emploi a suffi à me mettre en relation avec une fille efficace (!!) qui a tout remis en ordre.

  • 15. Monsieur Bout a commencé son nouveau boulot, et une chose est claire : son timing du matin (départ plus tôt) n'est plus compatible avec le fait de petit-déjeuner en tête à tête avec F. . Celui-ci s'en est montré chagriné, et puis du coup pour moi cela rend les matins beaucoup moins détendus. Là où auparavant je prenais tranquillement ma douche et vaquais à quelques bouts de routine Flylady pendant que Monsieur Bout gérait son fils (petit déj mais aussi habillage), à présent... tout retombe sur moi et il va me falloir trouver peu à peu une nouvelle organisation.


Bref, tout ça grince, tout ça coince, ça sent la mécanique pas rodée du tout, et demandant un certain nombre d'efforts avant de bien vouloir fonctionner correctement.

Or je suis flemmarde, moi, alors les efforts...
Je traîne des pieds.
              Je grommelle.
                                 Grumpf!


mardi 10 octobre 2017

Livres - "Dieu est mon Meilleur Ami"

Lors de nos derniers jours en Alsace, nous avions réussi à voler quelques heures aux préparatifs du déménagement : confier les enfants pour aller passer une demi-journée en amoureux au Mont-Sainte-Odile.
Brillantissime idée de Monsieur que d'aller ainsi "prendre congé" de la Sainte patronne de l'Alsace!
  • Déjeuner au restaurant du monastère, 
  • promenade jusqu'à la source miraculeuse que Sainte Odile fit jadis jaillir d'un coup de bâton afin d'abreuver un infirme trouvé au bord du chemin, 
  • revisite de la partie la plus ancienne du monastère ("re", car ce n'était pas notre première fois chez Saint Odile),
  • messe puis... 
  • léger détour par la boutique du monastère, et découverte d'un chouette bouquin que je viens vous présenter aujourd'hui.

"Dieu est mon Meilleur Ami", 
aux Éditions du Signe



Il fait partie d'une collection visant à expliquer aux enfants différentes notions avec des mots et des métaphores qui leur parlent (cette collection aborde ainsi les thèmes de la colère - je suis également répartie avec - mais aussi de la peur, du deuil, etc.)

J'ai beaucoup aimé
  • Les mots simples et les images parlantes
  • La bienveillance avec laquelle le sujet est traité : 
    • je suis parfois bien embêtée dans mes recherches quand le bouquin que j'ai en main insiste lourdement sur les notions d' "enfant sage", "obéir", "ne pas faire de caprices".... 
    • ici point de tout cela : les comportements inappropriés sont évoqués sous l'angle de leur impact sur les autres. Développer l'empathie et non la culpabilité, ça me va !!
  • Une structure divisée en doubles pages: un texte / une illustration. Cela permet de lire par petits morceaux et c'est un aspect que nous exploitons dans notre prière familiale depuis sa réintroduction 
  • Une manière simple et adaptée d'introduire différents thèmes: prière, bonnes et mauvaises actions, messe, beauté de la création, miséricorde...
  • Des dessins plutôt jolis

 

À regarder de plus près, donc, si vous tombez dessus !

dimanche 8 octobre 2017

Réintroduction de la prière familiale

Parmi les résolutions prises avec Monsieur Bout lors de notre retraite à Paray-le-Monial cet été, figurait en bonne place la réintroduction de la prière familiale. 
Autour des 2-3 ans de F. nous avions eu une bonne période à ce niveau, puis l'habitude s'était reperdue, et nous avions d'autant moins réussi à la réintroduire que les quelques faibles efforts faits dans ce sens avaient rencontré chez F. une réticence très appuyée et assez décourageante il faut l'avouer.
Tout ce que j'avais réussi à faire ces derniers mois, c'était prendre l'habitude de quelques mots de prière avec E. au moment du coucher de celle-ci, une E. du reste bien plus réceptive à cela que son frère.

Il s'agissait donc de repartir à l'assaut en en faisant une priorité. Pour cela, nous avons réfléchi à notre stratégie en amont, en axant l'opération autour de 4 points

  • (1) La régularité
Encore une fois, comme pour tout, la régularité, la routine, sont souvent la clé de nombreuses oppositions avec nos enfants. Le fait pour nous adulte, de ne pas se permettre d'exception, constitue un signal important à nos enfants, et évite de présenter l'étape concernée comme optionnelle. Du coup, passés les premiers temps où il s'agit de tester la solidité du repère ainsi établi, il y a beaucoup moins de discussions et tergiversations! 
La seule exception concerne nos absences (si nous sortons avant l'heure de la prière), et les voyages. Et encore, dans le premier cas, souvent les enfants réclament la prière à la baby-sitter ;-)

  • (2) Le réalisme 
En réfléchissant ensemble au déroulé de la prière, nous avons adopté une approche réaliste, en tenant compte des possibles facteurs perturbateurs. 
Par exemple, nous avons décidé de "faire sans" la bougie qui faisait partie intégrante de nos premiers épisodes de prière familiale : celle-ci constituait en fait une source de conflit trop fréquente, et une source de diversion également (qui l'allume, qui l'éteint, s'amuser à souffler dessus pendant la prière, l'éteindre, demander à ce qu'elle soit rallumée). 
J'ai eu du mal à m'en détacher, je tenais à cette petite flamme, j'aime fixer mes yeux dessus, mais j'ai du me rendre aux arguments imparables de Monsieur Bout : pour le moment, cette petite flamme crée plus de problèmes qu'elle n'apporte.

  • (3) La brièveté
Dans la lignée du point précédent, plutôt que de partir sur un long programme dont la perspective nous aurait déjà épuisés, et qu'il aurait été difficile de tenir dans la durée, nous avons opté pour commencer par une prière peu ambitieuse mais tenable au quotidien : 3 étapes seulement:
    • une courte prière lue dans un livre de Maïté Roche, 
    • une série de "merci" pour les belles choses de la journée, 
    • un chant (ou même plutôt : le refrain d'un chant)


  • (4) Une gestion du temps stratégique 
Nous avons avancé l'heure de la prière. Au lieu de la positionner, comme auparavant, au moment du coucher, nous l'avons positionnée directement après le dîner : sitôt le dessert avalé, nous filons dans notre chambre. Plusieurs avantages à cela : 
    • nous parents sommes encore relativement frais et dispo, pas encore fatigués par la gestion de la soirée (jeux histoires pyjamas etc), donc moins tentés de lâcher l'affaire / précipiter le coucher en zappant l'étape prière
    • les enfants n'ont pas eu le temps de s'éparpiller dans l'appartement et/ou de s'absorber dans un jeu, la prière ne vient donc pas jouer les troubles-fête et rencontre ainsi moins de résistance 
    • la perspective d'un coucher immédiat derrière ne vient pas troubler ce moment, ni inciter à le perturber dans l'espoir de retarder éventuellement ledit coucher. Au contraire, après la prière il y a des choses agréables, ce qui incite davantage à contribuer à un déroulé fluide.


Nous étions également conscients d'être à un âge propice pour la Bébounette: celle-ci se montre vraiment sensible et motivée, du coup nous souhaitions surfer sur cette vague.
Et effectivement l'effet d'entraînement sur F. s'est bien fait sentir: quand E. est au taquet, chante, choisit ou commente un texte, dit merci, F. est plutôt tenté de la rejoindre.
Cet effet d'entraînement, ainsi que notre stratégie globale exposée ci-dessus, ont demandé quelques jours pour porter du fruit, jours pendant lesquels il nous a fallu faire preuve de persévérance et détermination face au manque de coopération des enfants (surtout de F.) et au chahut appuyé. Mais ensuite nous avons constaté une évolution positive qui nous a bien réjouis (même si évidemment il y a toujours des jours avec, et des jours sans!)
Cette évolution s'est également vue au niveau de la manière dont les enfants ont investi le support proposé : afin d'impliquer les enfants, c'est alternativement à l'un, ou à l'autre, de choisir le texte de prière, et le chant de fin. Les quinze premiers jours, ce fut systématiquement la même prière, et toujours la même chanson.
Puis hop, un jour, l'un d'eux a choisi un autre texte, et à présent c'est le petit livre en entier qui est investi. Nous avons même eu droit à un "moi je les aime TOUTES" de F. (gros contraste avec son "elles sont toutes nulles" du début !)

Moralité, cela fait deux mois que la prière familiale a été réintroduite chez nous, et cela tient.
Cela tient si bien que nous avons même pu introduire un ou deux changements.
Et notamment: nous avons allongé la prière en introduisant la lecture d'une histoire de la Bible tirée du livre en photo ci-contre.
Notre objectif étant de permettre à F. de peu à peu s'imprégner du sens de ce qu'il fait.
Et il s'avère que le fait de débuter la prière ainsi, en mode "racontage d'histoire", a eu un effet très positif sur le calme pendant la prière : au lieu de gigoter, F. s'assied tranquillement, écoute, et ce calme demeure ensuite pour les étapes qui suivent cette lecture d'introduction. (en revanche, E. se montre plus dissipée car elle commente les images du livre : "lune, lune !"; "pourquoi il est là le moutooooon?" ; "Oh c'est Abraham, eh regarde Papa, Abraham. Abraham, Abraham [rire de farfadet]"

Voici où nous en sommes: c'est modeste mais ça tient, cela permet vraiment d'insuffler du religieux dans le quotidien des enfants, et nous en sommes bien contents.
Pour la suite, je nous verrais bien introduire quelques intentions de prières, et cet article d'un blog anglophone m'inspire, par exemple, mais nous verrons.
Allons-y mollo, peeeetit bout par peeeeetit bout!



jeudi 5 octobre 2017

Fratrie : Bébou & Bébounette

Je prends enfin le temps d'aborder un sujet à propos duquel j'ai eu de nombreuses demandes, et que j'avais promis d'évoquer il y a déjà, euh... mais pourquoi s'attarder sur le passé ?

J'ai nommé : les relations dans la fratrie, et plus concrètement :
comment ça se passe entre Bébou et Bébounette?
Comment on gère ? (ou pas?)
Est-ce 
l'amour fou,
la guerre à mort,
la vitrine parfaite du "Frères et sœurs sans rivalité" de Faber & Mazlish,
ou un remake des "Trois Frères" ? (excellent film, au demeurant)


Petit état des lieux, rétrospective incluse.
 
Les débuts

les débuts ont été assez cools : Monsieur Bout s'étant retrouvé au chômage quasi simultanément avec la naissance d'E., nous avons passé plusieurs mois à 4 à la maison.
Franchement, accueillir un numéro 2 dans ces conditions, c'est un peu le rêve : beaucoup moins de stress que le numéro 1 ne manque d'attention! Et ce d'autant plus que Monsieur Bout ayant eu un rythme de fou les derniers mois de ma grossesse, il avait été, dans les faits, quasiment absent.
En conséquence de quoi, au fond, naissance + chômage ont fait passer F. de la constellation 1 adulte s'occupe de 1 enfant à 2 adultes s'occupent de 2 enfants, ce qui constitue une évolution assez douce ;-)

Ainsi quand j'étais sollicitée par E., F. avait plus ou  moins toujours son père sous la main, et la transition s'est donc plutôt bien faite.
Ajoutons à cela qu'avec un allaitement au rythme peu répandu mais bien pratique, et une Bébounette bonne dormeuse, j'étais en mesure d'être assez disponible quand même.
De ce fait peut-être, les premiers mois de relation frère-sœur ont été très paisibles.

Nous y avons contribué du mieux que nous pouvions en fonction de notre degré d'information de l'époque:
  • Nous avions suffisamment lu pour savoir interpréter et réagir correctement aux quelques menus gestes brusques que F. put avoir envers sa sœur : attraper la petite main prête à frapper, et expliquer, et montrer, comment caresser. 
  • Néanmoins, étant tout juste en train de découvrir nos premiers bouquins vraiment orientés parentalité positive, nous n'avons pas vraiment cherché à verbaliser tous les sentiments que cette arrivée avait pu provoquer chez F.. 
  • En revanche, nous avons fait notre possible pour faire démarrer leur relation sous un jour positif, notamment en valorisant F. et ladite relation avec sa sœur
"oh, elle adore quand tu lui parles", 
"elle est toute contente que tu joues avec elle", 
"elle te trouve très intéressant".
  • Après quelques mois, nous sortîmes E. de notre chambre, non que nous ne souhaitions pas l'y garder, mais justement car nous souhaitions coucher nos deux zouaves ensemble afin de favoriser le renforcement des liens et notamment l'émergence d'une complicité
F. en était ravi et ça s'est toujours bien passé : même dans les moments plus tendus je ne me souviens plus que les moments post-coucher aient jamais été l'occasion de disputes/drame/pugilats/coups et sales coups. Si ensuite nous les avons séparés,  c'était bel et bien que ça se passait trop bien: passé 23h, nous devenons beaucoup moins sensibles à l'aspect mignon de ladite complicité - vieux schnoques que nous sommes !

Je repris le boulot aux 5 mois et demie d'E., Monsieur en retrouva 2 mois plus tard, rythme monstrueux soutenu mais la relation F./E. restait bonne malgré les progrès rapides (et donc l' "encombrement" grandissant) de la miss.

Et puis aux alentours des 3 ans de F., celui-ci devint plus difficile à gérer

... et l'un des premiers points gênants fut des manifestations de violence envers sa sœur: elle se faisait abondamment taper.

Je m'en suis fait un sang d'encre... Ayant un historique très conflictuel avec mon propre grand frère, voir se répéter ce que j'avais vécu me mettait dans tous mes états! C'est d'ailleurs un des domaines dans lesquels j'avais (et j'ai toujours) le plus de mal à gérer ma colère parentale.

Il y eut des périodes où le problème était très fort : pas moyen de les laisser seuls sans qu'E. ne risque de s'en prendre une, ou plutôt, plusieurs... et d'ailleurs, c'était également valable en ma présence. 
Il y eut des périodes où tout allait bien
Et il fallut l'alternance de quelques unes de ces périodes pour que je finisse par mettre le doigt sur le vrai facteur déterminant la "température" de leurs relations : j'ai en effet constaté que le problème de base n'était pas vraiment la relation entre les deux.

Non, clairement, sur cette période, la violence ou pas de F. était en fait directement liée à la quantité de présence paternelle (ce qui est se comprend, rapport à leur lien particulier)
* Monsieur Bout trop absent (retours tard du travail, disponibilité réduite le weekend)
=> F. violent
* Monsieur Bout très présent (vacances  - l'été par exemple fut cuicui les petits oiseaux; ou présence tôt les soirs, et beaucoup de temps passé avec son fils soirs et weekends)
=> F. aux petits soins avec sa sœur, disparition totale des manifestations violentes.
  • Forte de mes observations, je m'en suis servie pour un lobbying encore plus fort auprès de Monsieur Bout pour qu'il modère ses horaires de travail, et cela a bien aidé.

Puis même avec ce paramètre bien pris en compte, peu à peu les choses se sont à nouveau gâtées.
Je vous avouerai que durant quelques mois cela a vraiment été dur à vivre pour moi, en particulier du fait, comme mentionné plus haut, que ça venait aussi remuer des souvenirs d'enfance difficiles, et m'emplir de la crainte que les disputes de la petite enfance ne nuisent ensuite à la construction d'une relation profonde plus tard.

Faute de savoir à quels autres saints me vouer, j'ai tenté de mon mieux de Faber & Mazlisher.
Sans relâche (c'est-à-dire que j'y suis toujours revenue, en m'y cramponnant comme à  une bouée dans la tempête)...
Mais pas sans erreurs /  ratés (très fréquents, ah ça oui! Pluriquotidiens, hein!)

J'ai
  • verbalisé les sentiments de F., et comme quoi c'était relou d'avoir une petite sœur, qu'il pouvait craindre de ne pas être aimé
  • recadré les comportements et indiqué des alternatives "si tu lui en veux, tu peux lui dire avec des mots. Tu peux dire : ...."
  • rassuré F. sur nos sentiments envers lui
  • passé du temps seule à seul avec lui (idem Monsieur Bout)
  • verbalisé les sentiments d'E., "ça fait mal d'être tapée"
  • fait de mon mieux pour m'occuper d'abord de la victime (dur dur!)
  • donné des règles : "les petites sœurs ça n'est pas fait pour être tapé", "jouer ça doit être un moment agréable pour les deux", "quand on veut le jouet de l'autre on lui demande, on peut lui proposer quelque chose en échange"
  • cherché à sortir F. du rôle du "méchant grand frère" en valorisant tout geste positif de sa part envers elle
  • favorisé des moments positifs entre eux (les bains, notamment, ont toujours été une grande source de rigolades à partir du moment où j'ai eu cadré - et appliqué - que "le bain est un moment agréable pour les deux; si il devient désagréable pour l'un, le bain se termine". J'en ai donc usé, abusé, et j'ai laissé mes enfants mariner looonguement dans une eau devenue tiédasse)
  • travaillé sur la réparation du préjudice: "pardon", câlin, donner un jouet...
  • réorienté ma carrière professionnelle vers celle de commentatrice sportive de leurs conflits, interprète de leurs positions : "F., E. est triste que ... . F., E. préfèrerait...
  • ramé pour favoriser des négociations de compromis entre eux : pas facile avec une demoiselle aussi jeune que E., qui ne saisit pas toujours bien les possibilités offertes / leurs implications!

J'ai répété, répété, répété tout cela pendant des mois. 
En boucle, dans un sens, dans l'autre, n'importe comment, un poil moins mal, un chouilla mieux, "et vous en reprendrez bien une louche?".

En parallèle, j'ai aussi pris un peu de recul : oui, c'était parfois voire souvent franchement nul entre eux, mais chaque jour j'assistais aussi à de gros moments de complicité, des jeux partagés, des fous rires en commun. Chose dont je n'ai pas forcément le souvenir avec mon propre grand frère. 
Ces observations m'ont incitée à ne pas réduire la relation Bébou/Bébounette à ses aspects regrettables, mais à aussi faire confiance dans le fait que cette complicité dont j'étais la spectatrice pouvait représenter une base pour une belle relation plus tard. (ce qui a probablement manqué chez moi, peut-être du fait que j'étais la numéro 3? Le complice de ses jeux, mon frère le trouvait déjà en ma sœur aînée. Difficile toutefois d'être catégorique, les souvenirs de la petite enfance sont si brumeux!)
Du reste, je crois bien que l'IEF influe également sur ce point, et je m'en félicitais déjà ici: la meilleure compagne de jeu de F., pour le moment, c'est E.! Elle est incontournable, elle est toujours là, elle peut être énervante mais sa présence offre tellement de possibilités!
Ils passent énormément d'heures ensemble, pendant lesquelles aucun autre enfant ne peut venir proposer une interaction plus intéressante.

Bref, j'ai essayé de ne pas accorder une attention disproportionnée au négatif, et face à celui-là, j'ai répété, je me suis cramponnée à ma boîte à outils et j'ai avancé dans le noir, en espérant très fort que ça porte du fruit.
Et ... c'est marrant que je finisse enfin d'écrire ce billet maintenant, car j'avais abandonné l'idée d'écrire un billet en mode partage d'expérience / clés du succès "j'ai fait comme ci, comme ça, et ça a fini par payer", et m'étais résolue à vous livrer un état des lieux "c'est la jungle mais sachez que si chez vous c'est pareil, z'êtes pas seul(e)s".
Et finalement, ce billet est un peu un mix des deux.


Car ces dernières semaines, j'ai vraiment le sentiment d'un mieux. Un apaisement.

Un F. dont les gestes de violence envers sa frangine s'espacent, cessent plus rapidement, cèdent plus souvent et plus vite le pas à des gestes de réparation. Il y a des ébauches spontanées de négociation, des consolations dans lesquelles je n'ai aucune part,...
Euh bon, hein, il y a encore toujours beaucoup du reste, et nous n'échappons pas aussi, dans les progrès, à quelques couacs du style pas plus tard qu'hier soir :
Pleurs de Bébounette  
la Gwen y va 
- F. m'a tapé avec le léopaaaard [Schleich] 
- F. ça fait mal ça ! 
- Oui, je l'ai fait beaucoup de fois, mais à chaque fois j'ai dit pardon!

Vraiment, y a du mieux, et, je l'avoue, c'est un soulagement énorme.
Ainsi qu'un encouragement bien appréciable à continuer à ferrailler avec les quelques outils que j'ai à disposition pour patiemment, inlassablement, contribuer dans la mesure de mon possible à la construction d'une relation saine.

Quelques lignes plus haut, j'écrivais "dans la mesure de mon possible"... car j'ai beau faire un maximum d'efforts, je m'efforce de rester réaliste : la qualité de la relation entre le Bébou et la Bébounette dépendra également d'eux, de leurs choix. Je peux ôter de leur chemin des obstacles, favoriser des rapprochements, mais ils demeurent deux êtres libres, libres de chercher à se rapprocher de l'autre, libres d'investir du temps et des efforts pour mieux se connaître et se comprendre, et ainsi mieux s'apprécier. Ou pas.
Et ce, même si mon cœur de maman à moi ne cesse d'espérer que se forge entre eux un lien fort, tel que ceux qui constituent une de mes grandes joies à l'âge adulte, au sein de ma propre fratrie.









Reportage photo tout ce qu'il y a de plus biaisé : aucune, mais AUCUNE  photo des moments où ils s'écharpent!
Et ça se prétend vouloir illustrer le sujet...
Prétextons que dans ces moments-là mon premier réflexe n'est pas toujours de saisir l'appareil photo.
Prétextons..

lundi 2 octobre 2017

Emménagement : 13 petits bonheurs à la douzaine.

1. Nous arrivons dans une copropriété de vingt maisons, avec impasse privée et sécurisée par un portail. On nous avait dit que du coup c'était le terrain de jeux des enfants : ballon / vélo / trottinette. Et c'est vrai! Les loubards enfants y trainent à longueur de temps. 
Au bout de 24h nous entendions déjà F. annoncer :"je vais dehors retrouver mes amis". 
Socialisation et tutti quanti, cette grande question de l'IEF ? ça va être coché je crois, et encore mieux qu'avec le parc qui s'étendait sous nos fenêtres strasbourgeoises.

2. Dans cette impasse, on retrouve aussi ceux des voisins ayant des enfants, venus comme nous surveiller les déambulations des plus jeunes. Tutoiement, bises, tuyaux divers et variés (médecin ? commande de bois ?). Vie sociale sur son pas de porte pour la Gwen. Monsieur Bout chuchote "Wisteria Lane" ;-)

3. Autant j'avais tâché d'éloigner les enfants pour pouvoir faire mes cartons tranquillement, autant le déballage se fait bien plus simplement, en leur présence : jardin et impasse suffisent à les occuper.
Justement : d'autant plus de temps à consacrer au déballage que nous n'avons pas passé la moindre minute sur une aire de jeux / dans un parc : les Bébous ont leur dose de temps à l'extérieur sans que cela ne nous sollicite nous.

4. Open bar sur Trotteur et Poussette de poupée, deux ustensiles bruyants dont à Strasbourg j'avais restreint les horaires d'usage par égard pour la voisine. Ils ont été rebaptisés "jouets d'extérieur ", sont stockés dans l'abri de jardin et dévalent l'impasse au grand plaisir de tous les enfants présents.

5. Nous sommes propriétaires de notre bruiiit!! [Foule en délire ON] Dimanche soir Monsieur Bout faisait le fou avec ses gamins, et quel bonheur de ne pas avoir à calmer le jeu pour des raisons sonores! Vraiment c'est une libération psychologique énooooorme.

6. Nos deux premiers déjeuners "à la maison" ont été pris sur la terrasse.

7. Le local poubelle de la résidence (situé à 80m de notre pas de porte) comporte un container à verres. Oui, cela mérite d'être mentionné, car nous avons toujours été très mauvais en élimination des déchets de verre. 
Là, je pense ne pas trop m'avancer en estimant que nous devrions pouvoir nous en sortir. 

8. Notre maison comporte rez-de-chaussée, 1er étage et combles aménagés (constituant notre chambre et la salle de classe): disposition qui suppose bien évidemment des escaliers. Donc je muscle mes fessiers à longueur de journée sans y penser!

9. Notre cage d'escalier est vraiment très jolie. Vraiment.

10.  Nous avons globalement la même surface qu'à Strasbourg. Mais répartie ainsi sur 3 niveaux et sur un nombre bien plus grands de pièces, nous avons vraiment l'impression d'un logement plus grand, nous nous "dépaysons" rien qu'en bougeant d'un bout à l'autre, hihihi.

11. Notre cuisine a un charme fou, c'est un plaisir d'y cuisiner et d'y prendre nos repas, et même d'y rester ensuite causer avec Monsieur au lieu de coucher les enfants qui font les zouaves (cf. point 5). Elle est tellement plus chaleureuse que celle de Strasbourg, toujours un peu froide (oublions que pour le moment il me faut facilement 4 allumettes pour réussir à démarrer ma plaque au gaz - et encore une fois sur deux, au bout des 4 allumettes j'appelle Monsieur Bout à l'aide).
11 bis : elle a un carrelage terre cuite clair, sur lequel on ne voit pas les tâches. Ai-je besoin d'en dire plus?

12. Monsieur Bout est tellement à fond sur sa nouvelle maison qu'il bricole avec un zèle jamais vu. Si en plus vous prenez en compte que la présence du jardin, des étages, et de l'impasse, me permet de me mettre hors de portée de ses rouspèteries bricolagesques, nous frôlons le bonheur parfait.

13. Last mais alors vraiment, vraiment, vraiment pas least : dimanche à la messe nous avons retrouvé un couple d'excellents et adorables amis, "datant" de notre période parisienne, et dont je n'avais pas vraiment mémorisé l'adresse depuis leur déménagement (malgré l'envoi d'un ou deux cadeaux de naissance depuis. Passons).
Ils habitent... à une rue de chez nous. Pour une surprise, c'est une surprise, et merveilleuse avec ça!

et tenez, un quatorzième pour faire bon poids: Free a été plutôt pas trop nul sur le transfert de notre ligne, et donc nous venons de récupérer un accès internet, d'où publication de ce billet. Les affaires reprennent!

Bon, y a encore un peu de boulot, quand même...

vendredi 29 septembre 2017

"Laisser l'enfant s'entraîner à maîtriser ses impulsions" - Petit Bout de Lawrence COHEN, Qui veut jouer avec moi? #9

Lire ce cher "Qui veut jouer avec moi" m'a permis de réaliser que je ne jouais jamais à "faire semblant" avec F.. 
Tout au plus m'étais-je limitée à faire semblant de manger quelques gâteaux et boire quelques tasses de thé lors de sa période dinette.

Je m'emploie à changer cela.

Car la citation du jour est:
"Il suffit d'identifier une situation qui pose problème, de l'appeler "jeu" et de laisser l'enfant s'entraîner à maîtriser ses impulsions dans un contexte qui ne lui vaudra ni punitions ni humiliations."

Issue du paragraphe suivant :

Lawrence COHEN, "Qui veut jouer avec moi ? - Jouer pour mieux communiquer avec nos enfants", p183.


En voilà encore une idée riche de potentiel !
Aucun matériel à avoir à disposition.
Un matériau inépuisable : la longue liste des problèmes du quotidien.

Je m'y essaie tout doucement : j'ai abordé le "on dirait que tu serais très en colère", "on dirait que tu n'aurais pas du tout envie d'aller te coucher", "on dirait que tu aurais très envie de commencer à manger alors que tout le monde n'est pas prêt"...
Et, en me servant d'autres conseils du livre, je n'ai pas hésité aussi à inverser les rôles "on dirait que JE serais très en colère" ou à faire jouer les peluches "on dirait que Mimi n'aurait pas du tout envie d'aller se coucher"...
Pas d'enjeu, pas de pression, la liberté d'explorer toutes les options, de tester les possibilités les plus farfelues sans devoir se confronter avec leurs conséquences....

"Dommage" collatéral pas inintéressant : du coup, cela m'a amenée à davantage jouer à "faire semblant" juste pour le plaisir de jouer, aussi...

Je retrouve dans cette manière de faire un des éléments de l'efficacité de la roue de la colère dont je vous parlais tout récemment : mettre à distance le problème, que ce soit par le jeu  ou par un support, aide l'enfant à se dépatouiller avec, car il lui permet de nous en parler et de s'en occuper d'une manière moins risquée.
Un peu comme on prend une manique pour saisir un plat chaud...



Petits Bouts de Lawrence Cohen précédents: 
Mettre un terme à un jeu violent
Difficiles retrouvailles avec un enfant
Une bonne manière de jouer à la guerre (?) 
Une alternative aux câlins 
Déclarations enflammées 
Transformer une situation tendue en jeu 
Les enfants qui tentent de s'humilier les uns les autres

mardi 26 septembre 2017

"Le temps s'en va, non!"

"Le temps s'en va, le temps s'en va ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons"

  • Derniers cartons (111 à l'heure qu'il est, je pense en avoir encore 15-20 devant moi)
  • Derniers préparatifs
  • Derniers arrangements logistiques pour que tout se déroule de la manière la plus fluide possible
  • Derniers coups de main et dépannages des amis
  • Derniers articles de blog strasbourgeois (ou pas. Comme vous l'aurez remarqué, je suis à la ramasse!)
  • Dernières sorties
  • Derniers adieux
  • Larmes (pas les dernières)

Je vis à deux endroits : tout gérer ici, tout organiser là bas. 
Moment symbolique : je viens de claquer quelques euros sur une vente privée Usborne (j'ai été plus sage que la dernière fois!) avec une adresse de livraison spécifiant un code postal en 78...

  • Une to-do list dont je ne cesse de cocher des points 
par exemple je vous annonce fièrement que j'ai déjà trouvé des personnes germanophones pour me garder les enfants deux fois par semaine - clap clap!!
mais qui se rallonge sans cesse.

Ceci dit tout va bien: je suis mille fois moins à la bourre que lors de notre déménagement précédent, où je cumulais grossesse et boulot jusqu'au dernier moment (les déménageurs étaient déjà à la maison que j'étais encore à l'usine avec la CGT). Tout est r'latif ma bonn' dame!

  • Quelques couacs aussi 
(Hier soir Monsieur Bout a passé un pinceau sur les bouts de murs qui en avaient besoin. 
Des murs blancs. 
De la peinture... blanc lin "Ben oui mais ils proposaient tellement de blancs différents!")
Quand je vous dis que nous ne sommes pas bricoleurs...

Oh et puis voilà qu'une nouvelle opportunité se présente : donner 24h de cours auprès de notre formation initiale, sur un sujet passionnant mais dont je devrai approfondir ma maîtrise.  
À partir de fin janvier, tranquille!
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : une activité intéressante et compatible avec un atterrissage en douceur en IDF, et mon degré restreint de disponibilité.
Si ce n'est que pour avoir mes chances d'être retenue, il me faut envoyer un plan de cours détaillé dans les prochains jours.
Un cours à dispenser en anglais, du reste.


Le temps s'en va, mais bon sang rattrapez-le!


jeudi 21 septembre 2017

Roue de la colère : un outil que je vous recommande!

Parmi les outils dont j'avais déjà entendu parler et sur lesquels je louchais depuis un bout de temps sans être passée à l'action, figurait la roue de la colère.
Et puis, fin juillet, le feuilletage d'un des bouquins de Jane Nelsen en anglais, importé pour moi des USA par Coralie, me l'ayant remis en mémoire, hop, sur un coup de tête, je me suis enfin lancée.
Un petit retour sur cet outil que je vous conseille!

La roue de la colère, un outil pour aider l'enfant à exprimer sa colère de manière acceptable
Il s'agit d'un 
  • disque de papier / carton (moi j'ai pris une bête feuille de papier et je l'ai plastifiée après y avoir inscrit le nécessaire) 
  • partagé en différents secteurs, chacun proposant une manière dont l'enfant peut choisir d'exprimer sa colère et/ou d'en prendre le contrôle / se sentir mieux.
  • une petite aiguille au milieu (fixée par une attache parisienne) pour pointer la solution retenue, et hop le tour est joué: c'est donc simplissime, la preuve en étant que j'en suis venue à bout sans problème, ce qui au vu de mes talents manuels, veut dire beaucoup (ce n'est pas toujours si simple, vous m'avez vue à l’œuvre avec mes boîtes à sons et mes lettres rugueuses - on ne rit pas, au fond! )
Vous en trouverez des modèles en tapant les mots clés sur votre moteur de recherche préféré.
Le principe d'utilisation est simple:  en cas de colère de l'enfant, on peut lui proposer d'y avoir recours, avec des phrases du genre : 
"oh, je vois que tu es en colère, tiens, voici ta roue de la colère, comment souhaites-tu faire pour l'exprimer / qu'est-ce-qui t'aiderait à aller mieux"
Chaque utilisation de cette fameuse roue de la colère permet donc d'ancrer davantage dans la tête et le cœur de notre enfant, que sa colère est une émotion acceptable, ainsi que les manières dont il peut s'y prendre pour l'exprimer.

La confection de ladite roue, une étape capitale
En effet, même si la roue devait ne pas être beaucoup utilisée après cela, pour moult raisons, rien que sa fabrication peut déjà apporter beaucoup.
En effet, celle-ci offre l'occasion d'une bonne discussion sur le thème de la colère. Des messages forts passent: oui elle est acceptable, il y a des moyens OK, d'autres pas OK, et c'est l'occasion pour l'enfant de mener une véritable réflexion sur le sujet.
Mon conseil serait donc d'aller, certes, s'inspirer de ce qu'on trouve sur Internet, mais surtout surtout d'éviter d'avoir directement recours à une très jolie roue trouvée sur l'un ou l'autre site / blog.

Ainsi la nôtre est-elle vraiment roots :  une feuille de bloc-notes, et F. a juste accepté de colorier l'aiguille. 
Roue de la colère tout ce qu'il y a de plus brut de décoffrage!

Me détacher ainsi de l'aspect esthétique est ce qui m'a permis de me lancer, au lieu de remettre toujours à demain le moment de faire quelque chose de parfait (ça vous dit quelque chose?)
Et la conversation autour de ce machin un peu moche valait le déplacement!

Par ailleurs, notre expérience m'amène à dispenser quelques doctes conseils
  • L'attache parisienne, une alliée de choix
celle-ci a beaucoup contribué à la sexytude du projet : F.est à un stade où faire tourner des aiguilles plait beaucoup... Donc c'est le moment d'investir ;-)

  • Favoriser l'implication émotionnelle / intellectuelle de l'enfant :  
pour nourrir le débat, j'ai fait des suggestions (inspirées d'Internet) en mode
"Hum, et ça tu crois que ça pourrait t'aider à te sentir mieux?"
Ou
"Parfois y a des gens que ça ça aide à se sentir mieux, tu crois que toi aussi ça pourrait t'aider?"

  • Un peu plus de préparation que moi ne peut pas nuire.
En ce qui me concerne, j'y songeais depuis quelques temps de manière redoublée mais j'ai décidé ça d'un coup, et me suis lancée immédiatement, en prenant tout juste le temps d'aller zieuter des exemples sur l'iPhone. 
De ce fait, je n'avais pas toutes les possibilités intéressantes en tête, j'ai ainsi oublié de suggérer la possibilité: "dire 'je suis en colère' "... qui serait pourtant la base! 
Il peut donc être judicieux de se griffonner une antisèche pour alimenter la conversation...

  • Inclure des dessins
Ceux-ci sont très utiles pour un enfant de l'âge de F, non lecteur.
Ils permettent en plus de renforcer l'implication de l'enfant dans la fabrication et donc le processus: chez nous, même si F. n'a pas souhaité les colorier (zut!), l'exercice de mes talents artistiques (arf arf) a été le prétexte à aller solliciter son avis :
"hum ça va si je représente ça comme ça?" 
"Je rajoute une goutte d'eau?"


Un outil dont l'utilisation se fait sur plusieurs niveaux
Signe que la préparation avait semé quelque chose, déjà, dans les temps qui ont suivi la confection de la roue, F l'a mentionnée plusieurs fois. Notamment une fois où c'était moi qui n'était pas loin de me mettre en colère...

Sa première colère avec: je suis allée chercher la roue, et j'ai bien apprécié ce système très riche de par la diversité des propositions (et sexy, rappelons-le, car tourner l'aiguille sous l’œil de F. a déjà constitué une toute petite diversion favorable à la rupture du cercle vicieux de la colère). 
En effet, si F.  a rejeté les premières propositions (formulées ainsi "alors comme idée y a...", " on pourrait aussi..."),  finalement le combiné "câlin" + "Mimi" a fini par retenir son attention.

Une sensibilisation de l'enfant à ses émotions... et à celles des autres
Cet aspect a été inopinément mis en lumière par un "drame" pendant les vacances, causé par une bêtise de F. qui a mis sa grand-mère en colère. 
Temps de réflexion ensemble pour voir comment se comporter envers grand-mère, mais F.ne se montrait pas très enclin, au départ, à rentrer dans une démarche de réparation... 
Et puis c'est lui qui a proposé de sortir la roue (qu'il avait insisté pour emporter). Sa première suggestion fut qu'elle "roule une balle sous son pied", je réorientai en disant que là il nous fallait trouver des choses que nous pouvions faire POUR elle afin de l'aider à se sentir mieux. "Apporter un verre d'eau" fut alors la suggestion de F. Cela a constitué un premier pas important vers la démarche de réparation, un rameau d'olivier symbolique. 
Certes, ce n'était pas parfait mais j'ai été très reconnaissante à cette fameuse roue d'avoir ainsi contribué à faire évoluer la réflexion de F. vers un pardon et un câlin.

Depuis, il y a eu
  • des moments où nous y avons eu recours et cela a permis une sortie de crise constructive
  • des moments où le recours à la roue a été catégoriquement rejeté "Non je veux pas !", 
  • des moments où ce rejet a persisté et des moments où quelques phrases supplémentaires ou la manipulation de la roue par moi, sous son nez, en sont venues à bout.

Donc non, il ne s'agit pas de l'outil ultime qui viendra miraculeusement calmer toutes les colères de votre gamin... (surtout si on en dans cette catégorie-là de colère... quoique, ça vaut le coup d'essayer!) Mais bel et bien d'un outil dont la confection et l'utilisation répétée contribue, peu à peu, à développer de nouvelles compétences chez lui.

Le résultat n'est pas toujours visible, loin d'être toujours immédiat, mais tout un travail caché se fait!
Avoir mis le sujet sur le tapis ainsi, le fait aussi de le mettre à distance à travers cet objet, permet bel et bien à F. de se l'approprier peu à peu... Je l'ai bien vu quand tout récemment, alors qu'il jouait avec les cartons de déménagement encombrant embellissant actuellement notre logement, il m'a sorti tout à trac "Ah et quand on est en colère on peut aussi déchirer du carton, ça on l'a pas mis sur la roue mais on peut quand mème".
VOUI, mon fils!