PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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mardi 8 mars 2016

Période sensible de l'ordre & Flylady : se libérer du perfectionnisme

J'ai détaillé ici les 6 premiers facteurs qui ont pavé mon chemin vers une maison ordonnée.
Voici à présent comment Flylady et sa philosophie sont venus libérer la "rangeo-Gwen"  de la prison dans laquelle elle croupissait, et pérenniser, ancrer dans mon quotidien les premiers succès rencontrés durant notre déménagement.
Au fond, les 6 premiers points m'avaient surtout permis de regarder la réalité en face : 
j'avais un problème.

Jusqu'alors mon désordre pouvait être un problème, certes, mais du point de vue des autres 
  • "range ta chambre, Gwen" [maman énervée] 
  • "j'en ai marre de vivre dans le bazar" [monsieur Bout excédé]

Mais à présent il représentait un problème de mon point de vue : je réalisais que mon désordre m'embêtait moi.
Qu'il m'épuisait, car sous couvert de ne pas me fatiguer à ranger, je me fatiguais à vivre dans le désordre et dépensais une énergie mentale monstre à
1. occulter ledit désordre,
2. gérer le stress sous-jacent lié au fait d'habiter dans un territoire non-maîtrisé dont le désordre pouvait à tout moment me sauter à la figure
  • Argh on n'a pas payé cette facture ?! 
  • Urgh je ne sais plus où est tel vêtement que je voulais absolument porter aujourd'hui ! 
  • Beurk...certains aliments ont repris une vie propre au fond du frigo et contaminé ce que j'avais prévu de manger ce soir. 
  • Flûte !! à force de contourner cet objet au lieu de le ramasser, j'ai marché dessus.
Et c'est ainsi que j'ai pu identifier et regarder en face ce qui constituait en fait l'un des obstacles me freinant pour envisager une éventuelle vie de femme au foyer :  j'avais peur de mon foyer
Peur de ma maison parce que je ne la maîtrisais pas.
Peur de me retrouver entre 4 murs, face à face avec mon bazar.
Il était bien plus facile de "fuir" mon bazar en n'étant pas à la maison pendant une partie de la semaine, et de fuir la responsabilité de ce bazar en l'attribuant à ma moindre disponibilité.


Ces 6 points, en me permettant de faire des premières expériences positives de rangement, m'ont donné envie d'autre chose que de ce que j'avais toujours connu.

Remarquez l'utilisation du mot "envie".
Car c'est tout récemment que la lecture de cet excellent article m'a permis de mettre des mots sur ce qui s'était passé chez moi: jusqu'alors toutes mes "envies d'ordre" / efforts associés avaient été liés à des pressions externes / internes en mode "il faudrait que je sois plus ordonnée", et avaient fait long feu.
Cette fois-ci.... je désirais ranger, je désirais fonctionner autrement.
Oui, une étincelle de désir était apparue. une étincelle qui me poussa à commencer enfin les pas de bébé de Flylady, c'est-à-dire le programme progressif qu'elle a construit et pour lequel j'avais toujours été trop intelligente.

Réaliser le rôle essentiel du désir m'a permis de comprendre comment Flylady avait pu fonctionner pour moi....
En effet, si j'avais commencé Flylady en voulant faire preuve de volonté, en me disant "allez, il faut que...." ça n'aurait probablement pas produit les mêmes effets.
Mais si j'ai mis 10 ans à m'y mettre, ce n'est pas un hasard, finalement. Ce sont les 10 ans qu'il m'a fallu pour avoir besoin, moi personnellement, pour moi moi moi, de changer quelque chose dans ma vie. 
A vous de voir si vous en êtes à ce stade, ou pas! Dans le cas contraire, laissez Flylady de côté. 
Peut-être y reviendrez-vous un jour, ce sera alors le bon moment.


Le programme des pas de bébés / Babysteps de Flylady est alors parfaitement adapté, parce que conçu exprès pour attiser cette étincelle de désir, la nourrir un peu tous les jours, la renforcer, la faire grandir, l'installer durablement dans notre vie.
Un effet boule de neige épatant : chaque jour est source d'une petite victoire, d'un moment "whaou / trop bien", d'une gratification supplémentaire, chaque pas est pensé pour apporter sa petite dose de plaisir, venant renforcer ainsi les circuits de motivation et associer peu à peu le rangement à une activité non plus rébarbative mais source de bien-être.
C'est un programme au sens littéral du terme : un programme qui (re)programme les circuits neuronaux associés au rangement.


Je me retrouve en effet tout à fait dans l'analyse du problème telle qu'elle est faite par Flylady.
En effet, selon Flylady, on n'est pas bordélique par bordélisme.

On est bordélique par perfectionnisme

Perfectionnisme symbolisé par la petite phrase la plus vicieuse qu'il soit
"si je fais quelque chose, ça doit être bien fait
(et autres "on ne fait pas les choses à moitié" : "soit tu fais bien les choses, soit tu ne les fais pas");
Cette idée bien ancrée vient s'associer à un manque d'organisation (comment / quand faire les choses) pour programmer notre cerveau à fuir le ménage comme la peste, dans un processus qui se renforce dans cesse.

Il est en effet intéressant de comprendre ce qui se passe dans la tête d'une soi-disant "bordélique" quand il s'agit de ranger / nettoyer.
Prenons un exemple concret : le nettoyage de la salle de bains. (si vous frémissez rien qu'à lire ces mots.... dans mes bras, sister !)
  • surévaluation systématique du temps nécessaire / pénibilité de la tâche : "ouh là tous ces cheveux, ces tâches, ce calcaire"
  • volonté de faire les choses bien : "quand je nettoierai, j'en profiterai aussi pour changer le rideau de douche et jeter les vieilles bouteilles de shampooing"
  • réévaluation à la hausse du temps nécessaire et de la complexité/difficulté de l'entreprise
  • cette rééavaluation ne rend pas la tâche plus attirante, ni plus facile à caser dans son emploi du temps => procrastination, si bien que le boulot s'accumule 
    • encore plus de bouteilles de shampooing à nettoyer, 
    • en plus y en a une qui s'est renversée dans le fond du placard et a causé une plaque collante mais aussi englué un peigne qu'il faudrait donc rincer, 
    • et depuis la dernière séance d'épilation des résidus de poils sont venus se joindre aux cheveux épars; 
    • quant à la poubelle, à force de la bourrer au lieu de la vider, le sac plastique s'est déchiré donc pour la vider il sera nécessaire de tout transvaser à la main dans un nouveau sac 
    • ... qui se reconnaît dans ce descriptif? ;-)
  • l'évaluation mentionnée en point 1 devient donc de plus en plus lourde
  • quand enfin la personne s'y met, la tâche est effectivement devenue très très très pénible à faire
  • après 2h à nettoyer cette SDB à la noix, la SDB est propre, certes, mais ce qui s'est surtout imprimé dans le cerveau, ce n'est pas la satisfaction retirée d'une SDB propre. C'est la pénibilité de ces deux heures. 
  • Il faut bien avoir en tête qu'avec un tel épisode de "binge cleaning" (je détourne l'expression tristement à la mode du binge drinking, où il s'agit d'ingérer le plus rapidement possible le max d'alcool fort pour s'écrouler au plus vite), ce qui s'ancre encore davantage dans le cerveau, c'est bel et bien l'idée que le ménage, c'est long et très très désagréable.

Pas très vendeur....
La prochaine fois que l'idée de nettoyer la salle de bains effleurera ce pauvre cerveau, celui-ci ressortira tout de suite les images-choc stockées en mémoire ce jour-là
  • la masse gluante de cheveux récupérée dans le siphon, 
  • les trucs immondes coincés derrière le pied du lavabo, 
  • les longues minutes inconfortables passées pliée en 4 à récurer le fond de la douche
  • comment on a soi-même terminé cette séance de ménage dans un tel état de saleté qu'on est allée d'office prendre une douche... sans nettoyer derrière nous, merci, on avait déjà donné.
Pas bête la guêpe le cerveau saura nous suggérer toute une série d'alternatives plus attrayantes que ces perspectives horribles.


Flylady et ses Babysteps: un cercle modeste, mais vertueux. 

L'une des devises de Flylady c'est [traduit approximativement] "du ménage fait à moitié, c'est déjà du ménage de fait"
Je vous ai déjà parlé de mes 15 minutes de cartons, eh bien c'est cela :

15 minutes sur quelque chose, ça produit déjà un effet

Un effet visible et gratifiant. 
Le souvenir qui s'ancre n'est alors pas l'effort fourni, mais le chouette résultat obtenu. Beaucoup plus incitatif à refaire 15 minutes quand l'occasion se représentera...

Les Babysteps sont donc cette succession de tout petits efforts qu'on va faire, et qui va peu à peu venir démontrer à notre cerveau 
  • qu'on peut faire les choses vite et mal, 
  • qu'en fait c'est pas si mal, 
  • qu'en fait ça fait beaucoup de bien...

Les Babysteps étant cumulatifs, ce qu'on a fait au J1 on le fait au J2, en lui rajoutant le Babystep spécifique au J2. Au J3 on fait donc 3 choses, ce qui implique que cela fait 3 jours qu'on accomplit le Babystep N°1... 

C'est de la répétition de l'expérience, jour après jour, que vient l'ancrage de l'habitude, et l'ancrage d'un vécu positif lié à cette action, dans les circuits neuronaux.


Voici donc pour la "philosophie / psychologie" Flylady, je poursuis sur des aspects plus concrets bientôt...

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