PetitBou(t)ParPetitBou(t) on a dit !

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lundi 15 janvier 2018

Petit bilan des cadeaux de Noël des enfants

Noël est passé par là, je prends donc le temps de venir rapidement dresser la liste des cadeaux offerts aux enfants. Cela pourra vous inspirer pour le Noël suivant, ou pour les anniversaires prochains, ou pas.
Et dans tous les cas ça me donnera du grain à moudre pour mon "1 an après" de l'an prochain.


Des doigts très habiles de ma belle-mère, ont émergé
  • des chaussons en laine feutrée, décorés d'une paire d'yeux mobiles
Troooop mignons, ils ont eu un succès instantanés auprès des enfants. 
Plus faciles à enfiler que les chaussons à semelles de cuir dont j'orne habituellement les pieds de mes enfants, ils ont permis à la Bébounette d'apprendre enfin à les ôter et les mettre seule. Youpi.
En plus ils sont fichtrement confortables et plus chauds que des chaussons normaux (je sais de quoi je parle, j'en ai aussi reçu une paire - mais sans yeux mobiles, ce qui a scandalisé les Bébous).

  • Un beau pull pour F., une mignonne petite robe pour E. . 
Bien chauds, ET tout doux (spécial dédicace à tous ceux traumatisés par les pulls-de-grand-mère-qui-grattent)


En plus de ça, il y a eu
  • le jeu du marché Haba
Un excellent choix de mes beaux-parents, ce jeu est plutôt fait pour les petits, mais plaît également beaucoup à F. . Avantages collatéraux non négligeables : 
    • il s'avère très précieux pour "jouer à être poli", 
    • et se prête tout aussi bien à des détournements à des fins linguistiques: les mêmes petits jeux de rôle permettront de s'approprier tout un ensemble de mots et de courtes phrases dans la langue de son choix.

Des parrains marraines, on peut noter
  • une boîte de Plusplus: je louchais dessus depuis longtemps, F. y avait été confronté chez son cousin et chez Alexandra, et s'en est emparé avec intérêt
  • "les plus belles musiques classiques pour les petits, tome 2": CD accompagné d'un livre. J'avais testé et apprécié le tome 1 dont je vous avais chanté les louanges dans ce billet, E. est ravie d'avoir reçu le tome 2 (et nous aussi, ça a permis de varier les plaisirs sur la route du retour).



De notre part, il y avait
pour F.: 
F. absorbé ... et au chaud dans son nouveau pull
  • plusieurs lots de maisons forestières Jeujura, achetés d'occaz (Emmaüs, leboncoin)
Ayant gardé des souvenirs émus des heures passées à jouer à cela avec mes frères et sœurs, j'avais estimé que F. avait atteint le bon âge, et il m'a donné raison! Il joue énormément avec. 
Ce jeu stimule la créativité, à la fois par 
    • le fait que l'on peut inventer énormément de constructions différentes (d'où l’intérêt d'avoir investi dans plusieurs lots, ce qui décuple les possibilités), 
    • et les possibilités de détournement: F. s'en sert pour marquer des places de parking pour ses bagnoles et/ou des routes, faire des ponts entre deux tabourets ikea, transformer son mouton en peluche en paresseux cramponné à une branche, jouer du tambour sur le parquet, etc...

  • une grande boîte de beaux crayons de couleur "juste pour lui" (Faber-Castell, aquarellables)

Pour E. j'avais déniché 
  • une boîte de cubes vintage chez Emmaüs
Leur intérêt est d'avoir une face peinte, avec à chaque fois, une fenêtre, une devanture de boutique, etc. Les deux ont adoré, et, en plus de construire, E. passe de longs moments à admirer chacun des cubes.

une autre suggestion, offerte par mon parrain, et venue de Clotilde:
Destinée à notre jardin, il s'agit donc du premier investissement suite à nos interrogations et vos suggestions sur les meilleurs jouets et équipements d'extérieur pour enfants
J'étais à fond sur une cabane en bois, prête à investir quand 
1. Monsieur Bout a fait mine de tomber des nues et ne pas être tout à fait d'accord alors qu'il me semblait en avoir déjà discuté plusieurs fois avec lui. (déclenchant ainsi le fou-rire de mon beau-frère qui était, lui, au courant des moindres détails du projet)
2. j'ai fait les comptes en intégrant les nouveaux devis des travaux actuellement en cours dans la maison, et euh bon... nous verrons l'an prochain.
Destinée à notre jardin, donc, 
    • et bien adaptée à ses dimensions réduites puisque amovible à l'infini.
    • Mais surtout, comme c'est également utilisable à l'intérieur, en ce moment c'est dans notre salon que les Bébous s'éclatent!
    • Constitué de deux tunnels et de deux cabanes différentes, cela permet pas mal de combinaisons et il n'y a pas de journée qui se passe sans que les enfants ne s'amusent un bon bout de temps avec (mention spéciale pour la manière dont, les matins de weekend, ils vont jouer relativement calmement dedans pendant que nous roupillons encore un peu). 
    • C'est vite replié (enfin, non: c'est vite replié quand on fait cela correctement. Donc c'est variable, car parfois le geste à faire me vient spontanément, et en un tournemain c'est réglé. Et puis parfois ce machin me résiste obstinément et je m'énerve. Parce qu'évidemment ça n'a pas été vendu avec ne serait-ce qu'un dessin cryptique sensé expliquer la manœuvre), et ça prend très peu de place une fois replié.. 
    • Et ça se lave (ça, ce sera pour quand nous l'aurons mis dehors)
Bref, j'en suis ravie!


Rajoutez à cela quelques livres et encore un jeu, et... malgré tout, malgré le fait que le cadeau de mes propres parents étant notre séjour de cet été à Paray-le-Monial, rien n'est venu se rajouter de leur part, eh bien, ... ça fait quand même beaucoup!
J'ai beau avoir une splendide salle dédiée à notre IEF, avec de nombreux placards adaptés au stockage du matériel ludico-pédagogique... je suis rentrée bien décidée à repasser en revue notre stock de jouets pour en éliminer une partie. 

J'ai ouvert grand les placards. 


J'ai ôté une boîte.


Bon, on va dire que c'était parce que le bazar ambiant (bicoz travaux) ne constituait pas un environnement favorable au déploiement d'une fougue désencombreuse.


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vendredi 12 janvier 2018

Quand Faber & Mazlish ne "marchent" pas... #1 - d'autres outils

Cela fait plus ou moins 9 mois déjà que ce billet mûrit dans ma tête et dans les brouillons du blog.
C'est un billet long et difficile à écrire, parce que les expériences qui l'ont constitué ont été longues, parfois, à intervenir, et difficiles, souvent, à vivre.
Mais aujourd'hui, il est important pour moi de venir partager cela avec vous.
A la fois, toujours, parce qu'écrire me permet de structurer ma pensée, d'ordonner mes réflexions, et de mûrir ma démarche.
Et aussi, parce que plus j'avance, plus j'estime que partager ses difficultés avec son entourage, et non entretenir une vitrine scintillante en prétendant que "tout va très bien Madame la marquise", constitue presque un devoir, ou en tous cas, une noble cause (3615PreuxChevalier Bonjoôôuur).

De nos jours (mais est-ce seulement de nos jours ? Je n'en suis pas si sûre, et ne voudrais pas sombrer dans ce laïus si commun et facile du "c'était mieux avant"), nous sommes très menacés par l'isolement, un isolement qui empire nos difficultés
Partager les difficultés, c'est s'offrir un triple soulagement
  • mes difficultés ne sont pas "de ma faute", puisque je peux voir que je suis loin d'être seule à les rencontrer. Par opposition à "mais y a que chez moi que c'est comme ça donc c'est moi le problème, je suis nulle". Auto-dévalorisation qui ne vient qu'empirer les choses.
  • mes difficultés sont normales (ou pas) : grâce à ces partages, j'ai des points de comparaison qui me permettent 
    • de ne pas dramatiser des broutilles / choses "normalement difficiles", 
    • ni de passer à côté de problèmes véritablement préoccupants en pensant que tout le monde vit la même chose 
    • exemples au hasard: discuter avec pas mal de mamans peut permettre à une maman de bébé ne faisant pas ses nuits à 6 mois de s'apaiser en constatant que c'est très commun; et à celle dont le bébé se réveille 15 fois par nuit de peut-être réaliser qu'il peut y avoir une cause particulière à ces réveils vraiment très/trop fréquents.
  • mes difficultés peuvent avoir des solutions, et je peux gagner du temps à cibler celles qui marchent : par opposition au fait que chacune, dans son coin, s'échine à réinventer l'eau tiède. Et du reste c'est pour cela que maintenant est le bon moment pour moi pour venir écrire les lignes qui suivront: j'ai pataugé longuement, désespéré, longtemps, et en ce moment l'espoir revient, l'impression d'avoir peut-être trouvé une clé, valable pour mon enfant, valable peut-être aussi pour d'autres.

C'est le sens de pas mal de billets rédigés ici, et particulièrement, vous l'aurez remarqué, de certains des billets plus récents. (qu'il s'agisse de mes infidélités à Faber et Mazlish, de la difficulté à pratiquer la parentalité positive passé l'âge de 2 ans, ou encore des crises de couple).
Des conseils de parentalité positive, on peut en lire plein, mais il est aussi important de réaliser que, quelque soit le packaging parfois très vendeur qui les accompagne, non, la "parentalité facile" ça n'existe pas.

Être parent les doigts dans le nez ?
Oh, si, c'est possible. 
Mais faudra demander à quelqu'un d'autre de mettre ses doigts dans votre nez, alors, parce que vos mains à vous seront toujours bien trop occupées pour cela.
(l'image est pourrie limite dégueu, je sais. Mais j'écris cette intro à 22h38, et je ressens une envie irrépressible de partager cette image loufoque qui s'est subitement imposée à mon esprit)

Fin de l'introduction.
Passons au vif du sujet.


J'ai découvert Faber et Mazlish avec passion.

         J'ai lu et relu leurs bouquins, puis nous avons suivi les ateliers de parents correspondants 
                      J'ai écrit un certain nombre de billets sur la théorie (leurs bouquins, et d'autres associés)
                             J'en ai écrit un encore plus gros nombre sur la pratique. Mes Semaines de Parentalité Positive, notamment, ont eu vocation à partager toutes ces expériences "whaou", ces moments où l'application d'un conseil porte du fruit et vient débloquer, faciliter, embellir, illuminer, un instant du quotidien.
                                                  Aujourd'hui encore, j'en suis toujours aussi mordue (au point que dans quelques semaines je vais enfin suivre une formation à l'animation d'ateliers; parce qu'à force j'ai juste envie de me donner les moyens de contaminer encore plus de gens).

Il n'empêche. Parfois, Faber et Mazlish, ça ne marche pas.


Alors, d'abord, hein, c'est normal que Faber et Mazlish ça ne marche pas toujours.
J'en avais parlé dans mon billet sur les ratés de la parentalité positive: personne n'est un robot, nos enfants non plus, Dieu merci. Il n'y donc pas de télécommande universelle.

Mais l'objet du billet d’aujourd’hui n'est pas les situations à la "j'ai dit ça à mon gosse, et il n'a pas coopéré".
Il s'agit davantage des moments où, dans la durée, un problème subsiste, persiste, s'installe et nous gêne, tel un kyste, sans que toutes les habiletés Faber&Mazlishiennes ne parviennent à nous en débarrasser. Au point, parfois, de venir sérieusement polluer la relation à notre enfant, voire de nous faire désespérer et douter de notre chemin éducatif.

1. Quand Faber & Mazlish ne "marchent" pas - et qu'il nous faut recourir à d'autres outils


Agir sur l'environnement.

Ah, ce bon vieux principe montessorien! On a vite tendance à l'oublier, et pourtant...
Parfois, c'est assez anodin.

Ainsi, dans notre appartement strasbourgeois, j'avais tenté par tous les moyens F&M-compatibles de dissuader les Bébous de grimper sur une armoire en forme d'escalier pour aller brutaliser la lampe posée sur la "marche" la plus haute.
Sans succès. Cette lampe souffrait très régulièrement, et mes nerfs avec, au point que je n'osais plus trop laisser mes deux mômes 2 secondes sans supervision dans le salon. Le stress!
Jusqu'à ce que le hasard me conduise à déposer une plante verte sur la marche la plus basse (vraiment, le hasard: plante verte achetée pour le "Noël" d'équipe du boulot de Monsieur Bout, pour lui faciliter la tâche. Cadeau dont j'ai vite compris qu'il n'était pas exploitable, quand Monsieur m'a expliqué que la réunion en question réunirait des collègues du monde entier. Il pouvait tirer au sort quelqu'un qui repartirait en avion, or l'avion avec une plante verte de quasi 1 mètre de haut, c'est vache)
Bref, plante verte déposée = obstacle naturel sur le chemin de la lampe = lampe tranquille
= Gwen sereine.

Pour les lecteurs avertis du blog, la fascination de F. pour les volets, les fenêtres, et leurs systèmes de fermeture, ne fait pas de secret.
A quoi cela est du? Mystère.
Ça a commencé à ses 18 mois, nous avons espéré que le temps ferait son œuvre, nous avons accompagné, réorienté, encadré, nous avons même essayé de laisser libre cours à ses envies d'exploration, mais à un moment (celui où le moteur d'un premier volet électrique a commencé à donner de gros signes de faiblesse), il a fallu admettre que les systèmes de fermeture et notre patience s'épuiseraient avant l'intérêt de F..
Nous avons donc fait usage du tableau électrique très clair de notre appartement strasbourgeois: mise en position OFF du disjoncteur étiqueté "volets", pour ne le remettre en position ON que pour les quelques secondes nécessaires à leur ouverture/fermeture, matins et soirs.
= Disparition des conflits incessants.

Plus préoccupant: sa passion pour les fenêtres conduisait F. à ouvrir celles-ci et à se jucher sur leur rebord sans trop crier gare.
Puis, F. se mit également à jeter des objets par les fenêtres. Ses jouets, au départ. Des objets lourds, plus tard. J'ai détaillé ici plusieurs des stratégies employées pour l'en dissuader. Chou blanc.
Cela nous a amenés à admettre le constat suivant: quand le problème concerne la sécurité, on n'a pas forcément le temps d'attendre que l'enfant comprenne l'importance de la règle qu'on cherche à lui faire respecter. Nous avons donc changé toutes les poignées des fenêtres en y installant un mécanisme à clé. Contraignant, mais indispensable.

Énervant: l'hiver dernier, suite à la visite de bons amis avec leur garçon plus jeune que F., F. se mit à fréquemment imiter la voix de ce jeune enfant. Toutes mes tentatives pour l'amener à prendre sa voix à lui rencontrèrent un mur. Au contraire, après quelques jours, j'avais surtout l'impression qu'elles avaient plutôt renforcé la détermination de F. à user de sa voix de bébé.
J'ai donc arrêté les frais et décidé de laisser le temps faire son œuvre. Peu à peu, le recours à cette voix a décru, et c'était quasiment terminé cet été.
Jusqu'à ce que notre déménagement ne signe son retour.



L'aménagement de l'environnement, le temps, constituent des outils autres.
Faber et Mazlish donnent d'excellents conseils et vraiment, je les considère comme incontournables. Mais bien entendu il ne s'agit pas de prétendre que leurs bouquins contiennent TOUT ce qui peut servir à un parent: il existe bien d'autres sources, excellentes, auxquelles s'abreuver sur le chemin de la parentalité positive!
Ainsi, concernant l'intérêt de F. pour le jet d'objets par les fenêtres, c'est chez Lawrence Cohen que j'ai lu, bien plus tard, une idée lumineuse.
Ou encore, concernant les couchers difficiles que nous avions l'an dernier, c'est chez Jane Nelsen que j'avais trouvé une manière de procéder qui nous a longtemps assuré des soirées paisibles.



Et puis il y a d'autres points, encore, qui ont résisté, non seulement à tout Faber & Mazlish, mais à toute notre bibliothèque.
Deux points notamment.


J'ai parlé plusieurs fois de la tendance de F. à aller piller nos placards tôt le matin.
Très fréquemment, nous retrouvions des plaquettes de chocolat entamées, nos réserves de biscuits apéritifs dévorées, etc.
Cela avait fait l'objet de ma toute première tentative de résolution de problème, avec succès au départ, puis des rechutes de plus en plus fréquentes. J'ai testé de nombreuses choses.
Nous avons aussi tenté d'aménager l'environnement.
  • Faute de détenir une clé pour la porte de la cuisine, 
  • nous avons déplacé les plaquettes de chocolat. en les plaçant en hauteur, par exemple. Qu'à cela ne tienne, au bout de quelques jours F. avait trouvé comment empiler des tabourets Ikea sur la chaise haute de sa sœur. Ce qui ajoutait un problème de sécurité au souci initial. 
  • Puis nous les avons déménagées dans notre chambre. Pour découvrir, le matin suivant, que les biscuits apéritifs et le sucre vanillé avaient fait les frais des ardeurs de notre fiston. Pas moyen de déménager l’intégralité de nos placards, pourtant! 
Et ces tests ont été très utiles: ils n'ont pas réglé le problème, non, mais quand j'ai fini par aller demander conseil sur un groupe Facebook spécialisé F&M, l'énumération de tout ce que j'avais déjà fait sur le sujet a permis aux réponses de m'orienter: oui, j'avais déjà fait beaucoup, donc si le problème persistait, c'est qu'il se cachait peut-être autre chose derrière.
Désemparée, j'ai fini par arrêter de faire quoi que ce soit. Je me levais dès que je percevais le moindre bruit (bonjour les nuits détendues), j'allais attraper F., et je ne faisais plus rien, à part l'arrêter, le prendre dans mes bras, attendre qu'il termine de se débattre et de hurler, dire "c'est très dur" (car je sentais que c'était dur, mais pourquoi?), et le recoucher, pour être prête à intervenir la fois suivante.

De la même manière, j'avais beaucoup travaillé sur la gestion de ma colère parentale.
J'avais mis en place beaucoup des stratégies définies dans le premier billet consacré à ce sujet, puis dans le deuxième. Grâce à ce travail, j'avais réussi à beaucoup mieux gérer pas mal d'épisodes. Mais je me retrouvais, malgré tout, confrontée à des moments où mon cerveau disjonctait totalement: plusieurs fois, une claque est partie sans que je l'aie vue venir, j'en étais aussi surprise que F. .
C'est durant nos ateliers Faber et Mazlish que les participants et l'animatrice m'ont alors permis de réaliser vraiment que je touchais aux limites de ce que j'étais capable de maîtriser MOI, avec mes petits moyens rationnels de travail sur moi, et qu'il était peut-être temps d'aller chercher ailleurs.

Ces points feront l'objet de la seconde partie de ce billet.


mardi 9 janvier 2018

Point - progression en novembre-décembre 2017

Encore un point mensuel étalé sur 2 mois, à la fois par manque de temps bloguesque, et aussi parce que les apprentissages ont été moins importants sur ces deux mois.
Cela pour deux raisons
  • pause IEF : décrétée pour une semaine fin octobre, elle dure toujours. 
    • Aux raisons affectives (Bébous perturbés par le déménagement, pas disponibles pour des créneaux de classe sereins) 
    • se sont ajoutées des raisons logistiques : travaux à l'étage de la salle de classe, donc bazar et saleté liés au travaux envahissant la salle de classe. Je piaffe d'impatience, c'est sensé être bientôt fini, m'enfin, hein, les travaux, on sait quand ça commence, jamais quand ça finit.
  • Bébous pas disponibles et surtout: en pleine régression. Ça a été particulièrement le cas pour le Bébou, nous en reparlerons dans de prochains billets.

Le Bébou
  • à défaut de créneau d'IEF, nous avons passé du temps sur moult jeux de société: beaucoup de dénombrement avec jeux de l'oie, petits chevaux
  • au niveau moteur, j'ai pu constater un apprentissage réalisé au cours d'éveil sportif (son activité "extra-scolaire" du lundi): la technique de la galipette, avec de nombreuses démonstrations sur le lit parental
  • suite à son premier bonhomme, d'autres ont suivi, et des soleils, et une maison aussi... Bref, il commence à dessiner vraiment, et je suis fan


La Bébounette
  • la propreté de nuit s'installe et coexiste avec des accidents irréguliers en journée (10 jours sans souci, puis paf, 3 culottes à changer dans une journée)
  • maîtrise de la suite numérique: E. compte jusqu'à 14. Évidemment, la notion des quantités correspondantes n'est pas acquise, hormis pour 1 et 2.
  • ayant mis la main sur la paire de ciseaux de son frère, la miss découpe un peu tout ce qu'elle trouve. 
    • J'ai réussi à intervenir avant qu'elle ne découpe des papiers importants. 
    • Pas avant qu'elle ne s'offre une nouvelle coupe de cheveux.

Les deux ensemble
  • toujours faute de créneau IEF, nous avons passé plus de temps à lire. Et deux bouquins ont eu un succès absolument phénoménal, et ont été lus et relus. Du coup
    • découverte et approfondissement du monde des dinosaures (E. reconnaît donc parfaitement tyrannosaures, tricératops, diplodocus et une demi-douzaine d'autres especes)
    • apprentissage du fonctionnement du corps humain.
  • mais surtout, et il faudra que je vienne vous en reparler dans un billet dédié, mes nouvelles orientations concernant l'allemand ont continué à porter du fruit: 
    • E. et F. ont tous les deux énormément progressé dans cette langue. Les progrès sont très très visibles chez E. car elle est au taquet et désigne volontiers les objets par leur nom allemand quand elle le connaît, mais ils sont également très perceptibles chez F.. La compréhension notamment a fait des pas de géant, beaucoup de phrases du quotidien sont maintenant parfaitement comprises.
    • Je me frotte les mains et me complais dans une autosatisfaction sans fin. (à prononcer très vite plusieurs fois d'affilée)


Quant à la Gwen, eh ben, elle, elle progresse en humilité !
C'est bien aussi.




vendredi 5 janvier 2018

Voyage loin de Faber et Mazlish - et retour

Le blog l'a montré (par les billets écrits, et par ceux non écrits aussi: j'ai du consacrer mon énergie à d'autres choses): la famille Bout a traversé une période de turbulences assez fortes
  • déménagement inopiné (quand je pense à la manière dont j'avais déjà tout bien organisé pour une nouvelle année strasbourgeoise...)
  • déménagement lourd à porter
  • enfants perturbés, au sommeil très perturbé
  • nouveau boulot de Monsieur très prenant 

Cela s'est hélas vu au niveau éducatif: ces derniers mois, et notamment la première moitié de l'automne, j'ai très, très souvent agi, envers mes enfants, d'une manière totalement contraire aux convictions tirées de mes lectures, mes réflexions, mes discussions, mes observations, mon expérience.
J'ai beaucoup crié, beaucoup menacé, pas mal flirté avec la punition, j'ai utilisé des étiquettes à la "tu es pénible", je me suis montrée brusque, voire violente...

Et c'est allé de mal en pis: ce qui au départ était des ratés "plus ratés" et plus fréquents que d'habitude s'est mué en un comportement quasi-systématique.
Bref, en l'espace de quelques semaines, j'ai eu l'impression de perdre totalement le bénéfice de tout le travail fait depuis un an et demi, notamment depuis les ateliers Faber & Mazlish suivis conjointement avec Monsieur Bout l'an dernier. 


Je me suis ressaisie. 
Depuis, je remonte la pente. 
De manière très laborieuse, car il me semble beaucoup plus difficile de perdre une mauvaise habitude que de ne jamais la prendre (c'est par exemple le cas des "tu es...":  j'avais réussi à ne jamais prononcer ce genre de phrase, et je trouve plus compliqué de l'éliminer de mon vocabulaire maintenant!)

J'ai un peu l'impression d'un gros gâchis me concernant
Et les jours où d'autres aspects du déménagement me semblent un peu plus lourds, les jours où un bon gros bon souvenir strasbourgeois me prend à la gorge, alors j'en viens vite à me dire "ouais, et puis si il n'y  avait pas eu le déménagement, je ne me serais pas mise en situation difficile comme ça et tout serait blanc et rose, avec paillettes en options".

Néanmoins, je tire une excellente leçon de cette période 
(voyons le positif!)
J'ai vu ce que ça donnait sur mes enfants. 
(ouais, c'est du positif très fortement teinté de négatif) 

Quel excellent miroir qu'un enfant!
En l'espace de quelques semaines, j'ai pu 
  • observer comment mes ordres et mes menaces rencontraient une opposition toujours plus grande et violente, et instituaient un rapport de forces quasi permanent venant réduire à néant la capacité de mes enfants à coopérer les fois où je faisais l'effort de me positionner autrement - d'où recours à la manière forte pour obtenir le résultat espéré, d'où cercle vicieux.
  • entendre F. se mettre à nous menacer, nous, à tout bout de champ : quand son enfant se met subitement à assortir des demandes totalement anodines de "sinon...", ça fout un choc!
  • admirer un pic d'agressivité verbale sans précédent
  • déplorer la disparition de nombreux progrès constatés dans la relation frère-sœur, et le retour de la violence entre les deux
  • m'entendre remettre à ma place, également, par une E. heureusement déjà bien carrée dans ses bottes: "Nan, je suis pas chiante!

Gros gâchis me concernant, disais-je ?
Gros gâchis concernant mes enfants, aussi! Et que d'efforts il me faut là aussi pour renverser la tendance.

Bref: j'aurai testé l'éducation pas du tout positive.  
Et j'entends bien conserver les résultats du test en mémoire, pour les fois où un petit démon imaginaire (ou une personne en chair et en os) viendra me seriner que, "si je les éduquais autrement...", mes enfants se comporteraient bien mieux.

HAHAHA! 
Maintenant, je peux assurer que non.

Oh, il y a sûrement encore beaucoup de choses à revoir dans notre manière de (vouloir) éduquer nos enfants. 
Je ne prétends pas avoir tout découvert, au contraire plus j'avance, mieux je perçois les nuances qui parfois font toute la différence entre 
  • une éducation positive qui pousse mon enfant vers le bien, 
  • une éducation pas positive qui entend l'y forcer au moins extérieurement, 
  • et une éducation se voulant positive, mais qui ne voulant pas forcer l'enfant au bien, n'ose finalement plus l'y inciter clairement, ou perd tout moyen de le faire
Je crois avoir identifié certaines de ces nuances (par exemple celles autour des explications à donner à l'enfant), je crois aussi que bien d'autres encore m'échappent...
Néanmoins me voici maintenant avec l'expérience concrète (et douloureuse) du pourquoi je ne veux pas fonctionner à coups de menaces, punitions, cris, etc. 

Car au fond, je me suis pris en pleine tête cette phrase si juste du vénéré Haïm Ginott



Je me serais bien passée de cette expérience concrète, mes enfants aussi du reste. 
Mais merci à eux de m'avoir si bien incitée à rebrousser chemin et à revenir me pendre aux basques de mes chers Faber et Mazlish.


(Mais pas seulement; 
car le temps est venu pour moi de vous donner RDV pour quelques billets que j'avais en tête depuis longtemps, et dont le titre en dit long: 
"Quand Faber et Mazlish ne marchent pas").

samedi 30 décembre 2017

La bienveillance avant 2 ans... et après.

"Les meilleurs parents du monde sont ceux qui n'ont pas d'enfants".
Ce dicton est très vrai, et personnellement je m'y retrouve tout à fait: qu'est-ce que j'étais une bonne maman avant d'avoir des gosses
J'étais pleine de certitudes, je savais précisément ce qu'il fallait faire pour gérer les enfants (des autres), et je ne me gênais pas pour juger les parents que je voyais à l'aune de ces certitudes.

Ce constat est, je crois partagé par une grande majorité de parents. 
Que celle-ci nous ait été transmise par notre entourage, où qu'on soit allé la piocher dans divers livres, articles, émissions,... la théorie semble claire.
(à ce petit détail près que la teneur de cette théorie sera très différente selon les sources auxquelles on sera allés puiser. Et d'ailleurs, entre mes convictions éducatives de quand j'avais 20 ans, et celles que j'avais toute jeune maman, il y avait déjà un monde...
Cela devrait-il nous mettre la puce à l'oreille ? 
Les choses ne seraient donc pas si simples ? 
Non, c'est simplement qu'il y a des gens qui ont raison, et d'autres qui sont aveugles, n'ont rien compris au schmilblick, bref: ont tort. 
C'est évident!).

La théorie semble claire, jusqu'au moment où elle se confronte à la pratique: l'enfant en chair et en os. 
Ses réactions. 
Les nôtres.

OK.
Mais mon expérience à moi a encore été différente, et c'est parce que j'ai lu plusieurs témoignages dans ce sens, récemment, que je ponds un billet sur le sujet.

"Les meilleurs parents du monde sont ceux qui n'ont pas d'enfants..."

Et les meilleurs parents bienveillants du monde sont ceux dont les enfants ont moins de 2-3 ans.


??

Petit retour en arrière : pendant longtemps j'ai trouvé la "théorie" autour de la parentalité positive assez facile à appliquer et à vivre
  • laisser l'enfant explorer beaucoup de choses, 
  • aménager l'environnement de manière, à la fois, à favoriser son autonomie, et à réduire le nombre d'interdits nécessaires, 
  • lui parler, 
  • mettre des mots sur ce qu'il ressent, 
  • montrer et valoriser le positif plutôt que de réprimer le négatif, 
  • "enseigner" (au sens de Jane Nelsen) avec une voix douce, plutôt que punir, frapper et/ou crier
  • ...

Vraiment, les deux premières années de F. ont été faciles à vivre
Je ne dis pas que c'est forcément le cas de tous les parents faisant ces choix éducatifs-là, en particulier pour ceux chez qui le sommeil, par exemple, pose problème. 
Mais nous faisions partie des veinards doté d'un bébé qui a espacé ses tétées et fait ses nuits très tôt, donc franchement, c'était chouette : j'étais en mesure de faire preuve d'une superbe dose de patience et d'amour en journée, et je pouvais reconstituer mes stocks sur les temps de sieste ainsi que le soir et la nuit. 
Des problèmes à gérer ma colère ? Aucun. Fondamentalement, je ne ressentais pas vraiment de colère, ayant les informations suffisantes pour comprendre les comportements agaçants de mon enfant, et savoir comment y réagir: comprenant leurs causes, je ne les interprétais pas comme dirigés contre moi, ils ne m'atteignaient ni ne m'angoissaient.
Du coup, je ne comprenais absolument pas comment des parents d'enfants plus grands pouvaient en arriver à sortir de leurs gonds avec leur progéniture.

Puis F. a grandi; 
  • sa personnalité s'est affirmée. Une affirmation, hélas, qui se fait nécessairement aussi "contre". Donc contre moi, ou en tous cas contre la manière dont je prétends régir sa vie..
  • En parallèle, ses capacités d'action (et donc de nuisance) se sont considérablement élargies. 
  • Ses horaires de sommeil (et la prévisibilité dudit sommeil - bicoz sortie du lit à barreaux) se sont eux réduits : mon temps de récupération, du coup, aussi. 
Histoire de compliquer un peu, il a eu une petite sœur, qui a puisé elle aussi dans ces fameux réservoirs d'énergie et de patience qui jusque là m'avaient semblé peu ou prou inépuisables.

Alors, ce qui semblait si naturel durant les deux premières années de F. m'a demandé peu à peu de plus en plus d'efforts
Désarçonnée par la violence des réactions de F., je l'ai également été par celle des miennes. J'ai découvert ce qu'était ma colère. Il m'a fallu développer des stratégies pour gérer cette fameuse colère parentale. J'y ai travaillé, et j'ai avancé, laborieusement.
C'est également pour cela que la découverte de Faber et Mazlish m'a tant impressionnée, aux alentours des 3 ans de F.: avec le recul, je réalise que, si beaucoup d'aspects de parentalité positive peuvent sembler assez naturels durant les deux premières années, les défis des années suivantes exigent de s'outiller de manière plus systématique, afin de réussir à naviguer en eaux agitées: concilier le respect de l'enfant et le respect de soi!

Comme expliqué en début de ce billet, ces derniers temps j'ai lu à plusieurs reprises des témoignages concordants avec mon expérience: 
  • les réactions inquiètes et honteuses de parents découvrant soudain qu'ils étaient eux aussi capables de s'énerver et de dépasser les bornes qu'ils s'étaient eux-mêmes fixées. 
  • Et aussi... des témoignages tout fiers de parents de jeunes enfants ne comprenant pas que quiconque puisse agir différemment d'eux.
Cela m'a permis de constater que je n'étais pas un phénomène isolé, et m'a poussée à analyser les causes de ce changement.

Aux premiers, je voudrais donc dire: c'est normal. 
L'enfant mûrit, il croît, et cette maturation ne se fait pas sans difficulté pour lui. Et nous, nous grandissons et mûrissons avec nos enfants. 2-3 ans, pour nous aussi, c'est une crise de maturation! D'autant que c'est généralement à ce stade que nous nous prenons de plein fouet un certain nombre de choses issues de notre propre éducation. Nous devons alors gérer à la fois les émotions de notre enfant, et celles de l'enfant que nous avons été. C'est... du sport.
Nous aimerions nous persuader que nous pouvons traverser cet sans erreur, mais c'est illusoire et dangereux. Stop au perfectionnisme: mêmes nos erreurs éducatives apportent à nos enfants!

Quant aux seconds... 
Les seconds m'agacent parfois un peu, je l'avoue. Mais pas longtemps, car je me souviens très bien du moment où j'étais dans leurs chaussures. 
Et je pense que cette période de sérénité est également un trésor: on constitue des stocks de réussites, on renforce sa confiance en soi et en une éducation un peu "alternative", et ces stocks-là sont bien utiles dans les périodes de turbulence qui suivent ! Ils aident à trouver l'énergie pour, toujours, reprendre le cap. 
Aux seconds, donc, je conseillerais plutôt de commencer dès maintenant à s'outiller un peu, de manière à être mieux préparés à affronter une période au cours de laquelle y aller "au feeling" fonctionne moins bien, parce que ledit feeling est chamboulé par mille émotions contradictoires et fortes.
De s'outiller mais aussi de s'entourer, parce que pouvoir compter sur des regards bienveillants de parents engagés dans des démarches similaires, c'est précieux.
Et puis aussi: de faire preuve d'indulgence envers les "mauvais parents d'enfants plus grands" ;-)



mercredi 27 décembre 2017

Couple en crise #3 : faire de la muscu

Les crises de notre première année de mariage ont été riches en enseignements, et le troisième casse des briques: 
pour qu'un couple vive, il doit se parler.
clap clap clap
oui nous avons inventé l'eau tiède, aussi.

Revenons un tout petit peu sur ce point: oui, pour vivre, un couple doit parler. 
Chacun des deux doit se dire, dire ce qu'il ressent, se confier et s'ouvrir à l'autre. 
  • C'est d'autant plus nécessaire pour sortir de la crise que cette intimité partagée constitue à la fois la meilleure incitation et le meilleur moyen de trouver une solution qui convienne aux deux.
  • Si on ne se parle pas, chacun évolue dans son coin, et c'est ce qui fait qu'à un moment, on se retrouve avec l'impression de vivre avec un étranger. "Il a changé", dira-t-on. Certes ! C'est inévitable. 
    • Mais surtout: il aura changé sans qu'on s'en aperçoive, sans qu'on soit intégré dans les réflexions qui l'ont fait changer.
    • Les deux membres du couple changent, mais la seule manière d'éviter que ces changements ne se traduisent pas par un éloignement, c'est de passer son temps à en parler.
  • D'ailleurs, je ne sais plus où j'avais lu qu'une étude avait eu lieu, où on isolait des couples de parfaits inconnus en leur enjoignant de partager le maximum sur leurs vies, le plus de choses personnelles possible, durant une heure. 
    • Au bout d'une heure, hasard, hasard, une certaine attirance se développait entre les deux inconnus. 
    • C'est ce même mécanisme qui fait le jeu des affaires extra-conjugales: avec "le nouveau"/"la nouvelle", on parle! Ben oui, on n'est pas noyés par autre chose, on peut donc se livrer sans trop de frein à THE activité qui nourrit l'attirance.

Car justement, parler, dans un couple "établi", ce n'est pas toujours facile
et c'est là notre vraie 

[Leçon n°3]

La parlotte est un muscle, à fabrication lente et à désagrégation rapide. 

C'est donc un muscle à entretenir.



Moins on se parle, plus il est difficile de se parler. Et plus il est difficile de se parler de choses profondes.
Inversement, plus on se parle, plus il devient facile de se livrer vraiment, en confiance.

Le souci, c'est qu'il suffit déjà de peu de temps sans se parler, pour que se parler devienne plus difficile: la parlotte est un muscle fragile!
Alors qu'inversement, il lui faut vraiment du temps de parlotte pour ramener les membres du couple à un niveau d'intimité suffisant pour aborder des thèmes profonds et/ou douloureux.

Notons la notion de niveau d'intimité : on peut très bien se parler, beaucoup: des enfants, du boulot, de la liste de courses. Se parler en échangeant des informations, et non se parler en communiquant sur son ressenti, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous préoccupe, ce qui nous constitue.

Or c'est ce niveau-là qu'il faut atteindre.
Et le pire, c'est que la notion de "niveau" est très juste. 
  • Dans un jeu vidéo, il n'est pas question de passer d'un coup du niveau 1 de jeu au niveau 5 : il faut se farcir tous les niveaux de jeux pour arriver au dernier. 
  • Dans un couple, c'est pareil: il faut prendre le temps de dire 
    • des choses bien prosaïques ("faut racheter du sucre"), 
    • d'autres un peu moins ("au boulot j'ai fait ci et ça"), 
    • d'autres encore moins ("les enfants ont eu piscine et je suis inquiète car ça semble angoisser Bidule"), 
    • pour arriver enfin au stade où on peut enfin se dire ("ces temps-ci je me sens comme ci ou comme ça, je rêverais de...")
Et comme dans les jeux vidéos, si on veut avoir la possibilité d'atteindre le niveau 5, cela demande d'avoir davantage que 5 minutes à y consacrer.
Je me souviens ainsi de petites vacances à Amsterdam, il y a bieeeeen longtemps, avant que les enfants ne soient là... A la fin de ces vacances, nous n'arrivions plus à nous arrêter de bavasser: après 5 jours à déambuler main dans la main dans les rues de cette capitale, à parler, parler, et parler, nous étions lancés, tout était incroyablement fluide. [soupirs et violons]


Donc il faut du temps au couple, du temps pour parler et pour gravir peu à peu les échelons.

De ce fait, notre première année de mariage nous a poussés à mettre en place deux moyens de passer au niveau 5
- du temps pour nous: afin de nous assurer de parvenir régulièrement au niveau 5
- des raccourcis: (parce que dans tous les bons jeux vidéos, il existe des codes de triche pour zapper certaines difficultés /  passer directement à l'étape suivante), afin de nous catapulter au niveau 5 quand le besoin s'en fait sentir mais que le temps n'est pas là.

Du temps pour nous, cela a pris différentes formes selon les étapes de notre vie. Il y eut:

  • du temps au téléphone
quand, sans enfants, ma vie pro à moi me faisait passer la moitié de ma semaine dans des chambres d'hôtel. 
Nous nous assurions alors de prendre le temps d'une vraie bonne conversation au téléphone (sans film en fond). Cela nous facilitait les retrouvailles à chaque retour au bercail: nous reprenions plus facilement le fil.

  • des soirées jeux de société à deux, à la maison
pour contrer une tendance à passer nos soirées, soit chacun sur son ordi, soit ensemble en train de regarder une série. Au cours de notre deuxième ou troisième année de mariage, nous nous sommes ainsi bien marrés à nous faire l'intégrale de Friends (10 saisons, quand même!), mais l'automatisme de ce RDV devant un écran peut vite représenter un frein à l'intimité.
Jouer, ça oblige à déconnecter les appareils, et à connecter les esprits. Nous rigolions, nous nous détendions, nous parlions!
La lecture de bouquins à deux a également rempli cette fonction.

  • un resto hebdomadaire
quand, au cours de notre époque strasbourgeoise, la conjonction {Monsieur Bout a des horaires de boulot de fous + F. sait parler + les enfants se couchent mal} tua nos soirées. 
Cela nous assurait ainsi au moins une soirée en couple par semaine, un moment sans interférences pour nous parler, nous amuser, nous retrouver: la baby-sitter étant bookée, et la soirée étant fixe, cela permettait à Monsieur de la "réserver" dans son agenda pro, et à moi, de la réserver dans notre agenda familial: nous n'étions pas disponibles les lundis soirs, point! 
C'était un budget, mais comme je le dis prosaïquement à Monsieur Bout lorsqu'il me le fit remarquer: 
"ça nous coûtera toujours moins cher qu'un divorce!"
Par ailleurs, au bout de quelques semaines, un coup d’œil sur le budget nous avait incités à convenir ensemble que nous limiter, pour ces soirs, à de petits restos pas chers du tout, servirait tout aussi bien la cause sans non plus épuiser nos finances (Monsieur Bout aurait même été prêt à envisager l'option fast-food mais là c'est moi qui ai bloqué. Ceci dit si cela avait été la condition sine qua non à la preservation de nos petits RDV, je me serais montrée moins fine bouche). 
Et à la belle saison, un pique-nique ou une pizza à emporter, dégustés sur un banc dans un parc sympa, peuvent aussi faire l'affaire.

  • quelques jours de mini voyage de noces en amoureux
en laissant les enfants aux grands-parents: nous avions comme objectif de faire cela une fois par an, avec toutefois la condition que le plus jeune enfant devait être âgé d'au moins un an: quel bonheur ce fut, ces quelques jours, autour des 14 mois de F., puis, quand E. eut atteint un âge équivalent, à l'été 2016
Ce n'est malheureusement plus envisageable pour le moment du fait de certaines tensions intergénérationnelles, mais nous espérons pouvoir remplacer cela, au moins, par un weekend en s'appuyant sur d'autres personnes de notre entourage (amis, frères et sœurs)

  • du coup, nous avons remplacé cela par une journée en amoureux par trimestre
A Strasbourg, nous bookions un créneau supplémentaire auprès de notre nounou à domicile, et zou! Mais parmi nos amis, avaient aussi lieu des trocs d'enfants: ce samedi je vous prends les vôtres, et hop, on se renverra l'ascenseur une autre fois.
Nous nous sommes ainsi offert une virée au marché de Noël de Colmar, ou une journée à Europapark ...  puis, quelques mois plus tard, encore une! (parce que c'était trop bon). Nous avions également prévu une journée spa mais n'avons finalement pas eu le temps...
Malmenés par le déménagement, et des premiers mois très intenses professionnellement pour Monsieur, nous nous réjouissons: une journée en amoureux est prévue pour début janvier!


En complément de ces moments privilégiés, nous avons aussi eu recours à des 

raccourcis permettant de placer directement le curseur dans la zone "parlons de nous". 

Les deux premiers nous viennent directement de notre première année de mariage, ils ont contribué à déboucher les voies de la communication

  • "merci"
merci d'avoir rangé la vaisselle, 
merci pour ce bon repas, 
merci pour les chaussettes propres, les poubelles sorties, la facture réglée... 
Dans une atmosphère chargée électriquement, commencer par des mercis désamorce déjà beaaaaucoup de conflits! Celui qui prononce le merci fait l'effort de se mettre dans le positif, et quitte sa position d'agresseur, celui qui l'entend se sent déjà bien plus reconnu, et sort du rôle du coupable.
Dans tous les cas, cela permet bien d'éviter ce fameux piège où l'autre, et ce qu'il fait pour nous, est acquis, et où on ne voit plus que ce qui n'est pas fait...
Dans le plus profond de la vague, nous avons passé une semaine à nous focaliser sur tous les mercis que nous pouvions dire à l'autre: certes, il était important que nous soyons ensuite capables d'échanger sur nos souhaits de changement etc, mais en reconnaissant déjà tous les efforts faits par l'autre cela a pu se faire de manière bien plus apaisée! 

Aujourd'hui, nous essayons de nous en rappeler quand nous avons des reproches à formuler. Moi qui ai accueilli Monsieur avec la soupe à la grimace tous les soirs lors de nos débuts dans notre nouvelle maison, en mode "c'est à c't'heure-ci qu'tu rentres?", il m'en a fallu du temps et des efforts pour réussir à ne plus l'assommer de reproches sitôt franchi le pas de porte, puis à formuler des "mercis pour la poubelle sortie ce matin / le fruit épluché à mon intention avant de partir quand nous dormions encore". 
Et pourtant, quand l'atmosphère est tendue, entendre un merci, qu'est-ce que ça détend!! 

Bonus: c'est comme en parentalité positive, hein, relever le positif est bien plus incitatif et encourage bien plus des comportements analogues, que pointer le négatif...


  • "à quoi penses-tu?"
Haha, alors celui-là, on le connaît bien, il peut faire un gros bide. 
C'est pourquoi chez nous il obéit à deux règles du jeu très importantes

1. Il faut oser poser la question... et être prêt à entendre la réponse: chez nous, il s'agit d'un code voulant dire "je veux communiquer avec toi", donc on est en posture d'écoute
    • ni en train d'enfiler ses chaussures pour partir très vite pendant que l'autre commence à répondre, 
    • ni aux aguets pour l'interrompre au bout d'une demi-phrase "tiens ça me fait penser que...". 

2. L'autre DOIT répondre,
    • "à rien" n'est pas une réponse autorisée (ni "à rien de précis", ni "bof, des bêtises + détournement de la conversation" ). 
    • soit on pensait effectivement à pas grand chose d'important, mais même partager cela fait partie de l'intime, et nous a offert 
      • de grandes parties de rigolade ("j'étais en train de m'imaginer en train de me disputer avec la Queen sur l'éducation des enfants que j'aurais eus avec le Prince William - dialogue précis inclus"), 
      • et/ou de grands moments de découverte de l'imaginaire / du fonctionnement du cerveau de l'autre : quand on se retrouve à détricoter pour l'autre le chemin tortueux qu'a suivi notre cerveau pour nous faire passer d'un thème à un autre...
    • soit on pensait à quelque chose d'un peu plus important, et raté, on ne peut pas le passer sous le tapis, on est obligé de le sortir.  
    • très souvent d'ailleurs, chez moi en tous cas, je me retrouve à partager des soucis de l'ordre "j'ai encore 13004 choses à faire sur ma to-do list". Quand un "à quoi penses-tu" vient me piéger, je me retrouve obligée de partager mon souci et pôf, miracle, cette fameuse charge mentale dont on parle tant s'allège.
    • bien entendu, si la règle veut qu'on soit obligé de dire ce qu'on pense, on a tout de même le droit d'habiller légèrement la forme
      • on peut avoir été en train de penser quelque chose d'assez blessant pour son conjoint, à nous de trouver une manière d'en parler qui ne le soit pas. 
      • Je l'avoue sans fausse honte: j'ai déjà transformé un "j'étais en train de me rêver dans les bras d'un de mes charmants collègues" en un "je réalise qu'on n'a pas passé de temps ensemble depuis un bout de temps, ça nous éloigne". (ce qui n'implique d'ailleurs pas qu'il faille forcément se priver de la première phrase, hein. J'ai déjà fait l'expérience de la manière dont parler d'une petite faiblesse de ce genre à son conjoint suffit à ôter à cette représentation tout son aspect envoûtant. Mais encore faut-il qu'en face, cela puisse être encaissé.)


  • Plus récent, mais abondamment utilisé chez nous : "parle moaaaah" ou "on ne se parle plus / on a plus rien à se dire, faut qu'on parle!
ça manifeste l'envie d'entrer en relation, de rejoindre l'autre, et non de vivre en mode "colocation qui gère des gosses".
La dernière phrase a d'ailleurs été très fréquemment entendue ces derniers mois chez nous. 
Dite et redite sans nécessairement être suivie d'effet, elle a servi comme une sorte de jingle à la 
"toutes nos lignes sont actuellement occupées, mais nous faisons notre possible pour revenir vers vous au plus vite" (sans l'option "4 saisons" de Vivaldi...)
= une manière de nous manifester l'un l'autre que même si les vents nous étaient contraires, nous continuions à avoir envie de communiquer, et qu'un jour nous le ferions.


Et voilà... Maintenant qu'on a dit tout ça, hein, ben je vais vous dire le plus beau: c'est comme en parentalité positive, on se crée une belle boîte à outils et on ne manque JAMAIS d'occasions de s'en servir.
C'est pourquoi je suis bien, bien contente de ces vacances de Noël et du fait qu'elles me permettent de passer un peu plus de temps avec le charmant jeune homme avec qui je vis en coloc depuis bientôt 10 ans. J'm'en vas donc rouler des mécaniques et user avec lui du muscle le plus sexy dans un couple: la... parlotte, vous l'aurez compris. (nous sommes sur un blog sérieux, que diable)

J'le sens bien, y a moyen d'conclure!

mardi 19 décembre 2017

Forcer son enfant à finir son assiette: nos parents avaient de bonnes raisons!

Parmi les points sur lesquels les modes et conseils d'éducation ont beaucoup évolué, figure la question: faut-il ou non forcer les enfants à manger / finir leurs assiettes ?

Au sein de la famille Bout comme dans de nombreuses autres familles, il y a une grande différence entre ce qu'ont pratiqué nos parents envers nous, et ce que nous pratiquons à présent envers nos enfants.

"De mon temps", ça donnait globalement ça.

En ce qui nous concerne, nous n'obligeons pas les Bébous à terminer leurs assiettes
Généralement, nous les incitons à manger encore un peu, notamment lorsque nous avons l'impression que c'est simplement la hâte de passer à la suite qui les pousse à négliger ce qui est devant eux. Et quand ils demandent à être resservis, nous les poussons à s'interroger sur l'ampleur de leur faim afin que le "rab" soit dimensionné en fonction.
Mais hormis cela, une assiette non terminée est mise de côté sans commentaires, et nous passons à la suite (en revanche il n'est pas question qu'une quantité supplémentaire de cette suite vienne combler le trou laissé par une quantité moindre mangée au plat précédent).

Ce sont les options que nous avons choisies, par rapport à notre objectif: inciter nos enfants à écouter leur faim, et non à laisser des personnes extérieures à eux-mêmes déterminer les quantités qu'ils ingèrent. 
Nous aurions pu opter pour des variantes différentes: 
  • certains parents ne forceront pas leurs enfants à finir, mais déclareront que le repas est terminé. 
  • D'autres proposeront un plat alternatif, ou des menus avec options / en mode assiette à composer soi-même. 
Nos options à nous nous conviennent à nous, et c'est là l'essentiel.


Or c'est l'une des choses difficiles à vivre sur le chemin de la parentalité positive: ce chemin oblige à regarder en face l'éducation reçue, et la manière dont celle-ci a pu impacter notre manière de nous construire.

Qu'il est douloureux parfois d'accepter que nos parents nous ont blessés! Personnellement, la lecture du "Je t'en veux, je t'aime" d'Isabelle Filliozat m'a beaucoup aidée à avancer sur ce plan-là: 
  • m'autoriser à ressentir que j'avais été blessée, sans être freinée en cela par un sentiment de loyauté envers mes parents; 
  • et comprendre en même temps les raisons de leurs comportements: réaliser à quel point les manières de faire qui ont pu me blesser étaient dues aux souffrances et blessures vécues par mes parents. 
Cela m'a permis de développer peu à peu une posture pleine d'empathie
  • à la fois envers moi et l'enfant que j'ai été : oui, j'ai été blessée, et j'ai le droit de le ressentir comme tel
  • et à la fois envers mes parents : j'ai la chance (ce n'est pas forcément le cas de tout le monde), de pouvoir me dire qu'ils ont fait de leur mieux, en ayant toujours eu en tête notre bien, mais hélas, comme tout parent, avec les limitations qui étaient les leurs du fait de blessures non traitées.  
Une réflexion qui m'a aussi bien fait avancer dans mon positionnement en tant que mère, mais c'est un point que je développerai dans un prochain article.


Ce nouveau regard m'a donc bien aidée à faire la part des choses.
En revanche, cette manière de voir ne fonctionnait pas partout.
C'est le cas concernant le rapport à la nourriture: je n'arrivais pas trop à comprendre d'où pouvait venir l'injonction à finir son assiette, et les conflits monstrueux dont j'avais été témoin ou partie, dans ma famille ou ailleurs.
Et puis en réfléchissant j'ai trouvé une explication, que je partage avec vous, car elle m'a bien apaisée. Aussi pourra-t-elle peut-être vous servir aussi!

En effet maintenant, comprendre pourquoi il était logique que mes parents agissent ainsi, là encore, m'aide à
  • accepter que j'en aie souffert, et consoler mon "enfant intérieur"
  • définir une ligne d'action cohérente envers mes propres enfants, en me permettant de faire la part des choses entre mes souffrances d'enfant et mes objectifs de parents
  • regarder mes parents de manière plus apaisée, en comprenant les raisons de leur action
  • éventuellement, pouvoir également communiquer avec eux de manière plus apaisée, puisque cela me permet de sortir d'une spirale d'accusations / auto-justifications de leur part : il était logique qu'ils agissent ainsi, même si il aurait été souhaitable qu'ils fissent autrement!

D'où vient donc cette propension à vouloir à tout prix forcer un enfant à finir son assiette?
D'où?
Oh, pas loin.
Revenons quelques (dizaines de) milliers d'années en arrière.

Préhistoire.
Les Hommes fonctionnaient en mode survie
Que ce passait-il quand un mammouth était tué ? (ou un auroch, allez, puisque je ne suis toujours pas remise du choc ressenti le jour où j'ai lu que les hommes préhistoriques n'avaient probablement jamais vraiment chassé le mammouth)
On le bouffait! et le plus vite possible, s'il-vous-plait: n'ayant pas beaucoup de possibilités de conservation sous la main, et étant entourés de charognards pas forcément sympathiques, il s'agissait d'ingérer la plus grande quantité de viande possible avant que la décomposition avancée ou la concurrence d'autres carnivores ne viennent nous empêcher de terminer de consommer le fruit de la chasse.
Il était vital pour le clan que chacun de ses membres ingère un maximum de calories: qui savait quand on aurait à nouveau quelque chose de consistant à se mettre sous la dent? La vie était précaire, très précaire. 

Si un membre du clan, tenez, au hasard, un enfant, ne faisait pas de stocks assez gros, que risquait-il de se passer ? Si trop de temps s'écoulait avant qu'on ait de nouveau de quoi remplir vraiment les estomacs, 
  • il serait plus faible, et risquerait de mourir (or chaque mort affaiblit le clan), 
  • ou alors cela exigerait qu'un autre membre du clan (au hasard, sa mère), prélève sur sa maigre part de quoi compenser ce manque chez le "petit difficile". D'où affaiblissement de la mère. D'où affaiblissement du clan dans son ensemble.
Ce que je dis pour la viande vaut globalement pour un peu toute la nourriture. Manger fruits, graines, racines & Cie quand on les trouvait, sans faire la fine bouche : c'était essentiel et ce devait être la priorité de chacun!
Oui, en ces temps reculés, où le grand défi du quotidien était tout simplement de subsister, la faim ne pouvait pas être une affaire individuelle, de la responsabilité de chacun. La faim était une affaire collective, et la survie du clan dépendait effectivement, en partie, de la manière dont chacun absorbait au mieux, sans faire de chichi, les calories disponibles. Donc le clan / la mère s'ingéniait à ce que cela soit fait, et tous les moyens étaient bons.

La Préhistoire est loin.
Comme dans moult autres situations, l'enjeu de survie a pris une couverture: la politesse. De la même manière qu'en France il est "poli" de manger avec les deux mains posées sur la table (parce qu'à une certaine époque, cela permettait aux gens de manger ensemble sans se prendre un petit coup de pistolet discrètement tiré sous la table), il est "poli" de terminer son assiette, parce que cela évitera de gâcher la nourriture qui pourrait servir à la survie de son entourage.
Car, au fond, guerres, épidémies et aléas météorologiques (donc famines) aidant, la mentalité de subsistance a perduré, à juste titre, pendant des millénaires! Nos grands-parents ont encore connu les joies des tickets de rationnement.
Nos parents se sont retrouvés la génération charnière: passage d'une économie de subsistance, à une économie de la (sur)abondance.


Aujourd'hui, ce ne sont plus la famine et la mort qui guettent nos enfants (des enjeux collectifs), mais les troubles de l'alimentation: boulimie, anorexie, malbouffe (des enjeux individuels)
Aujourd'hui, il ne s'agit pas de se servir du corps de chaque individu comme d'un moyen de stocker des calories nécessaires à la survie du collectif, il s'agit de permettre à chaque individu de développer un rapport sain à la nourriture.
Les moyens pour ce faire sont évidemment très différents.
Mais c'est tout récent!
Alors oui, il est logique que nous adaptions notre rapport au nourrissage de nos enfants à ces nouveaux enjeux... comme il était bien compréhensible que nos parents aient un autre rapport à cette problématique, eux qui sortaient à peine d'une société dont les enjeux étaient tout autres.