mercredi 22 mars 2017

Tout petit pas Zéro Déchet : à la poubelle les Kleenex!

Décidément, entre IEF, parentalité positive, Flylady et apprentissage du ménage, réflexions pro de Monsieur et donc financières du couple (oui, je veux venir vous en parler; oui, je le ferai ; oui, un jour), il y a de la progression et du changement un peu partout chez la Gwen.
Un peu partout ? Non ! Car un village peuplé d'irr... : je manque toujours de bande passante pour introduire du changement dans un autre domaine dans lequel j'aimerais pourtant bien avancer : le Zéro Déchet.
Cela viendra, cela viendra...

Ceci dit, j'ai trouvé un récent billet d'une MamanKo assez inspirant, et je me suis dit que j'avais quand même un tooout petit pas à venir partager. (et même, je vais bientôt en avoir un 2ème !! Bientôt bientôt ! Je piaffe !!!)

Ayant été pas mal enrhumée cet hiver (plus que de coutume en tous cas), j'ai eu l'occasion de travailler sur l'éradication des Kleenex.

Facile, en théorie ?
Pas pour moi en tous cas : revenir aux bons vieux mouchoirs en tissu de mon enfance ... hum, j'y avais pensé, mais j'étais rebutée par la manière dont ceux-ci, tout fins, se détrempent instantanément, et donc laissent le choix entre
  • manipuler et se remoucher dans un machin très très humide (beurk) 
  • ou se balader avec 200 mouchoirs en tissu (100 propres à droite, 100 sales à gauche) dans ses poches en période de crise.
Très peu pour moi.


Et puis voilà, Gwen enrhumée,au parc, hop, dégoulinade qui menace : mes mains cherchent fiévreusement un Kleenex dans mes diverses poches, n'y trouvent rien, mais tombent sur une lingette lavable casée là au cas où, pour nettoyer des petites mains pleines de sable ou éponger une balançoire ayant pris la pluie. Advienne que pourra !

Et en fait: l'essayer, c'est l'adopter ;-)
  • il s'agit de lingettes lavables (de la marque britannique Close, qui produit les chouettes couches lavables Pop In) en bambou, assez épaisses, et bien absorbantes, donc résistant bien mieux aux chutes du Niagara : on évite ainsi l'effet détrempe haï chez les mouchoirs en tissu!
  • bien absorbantes, comme je disais, donc en période de rhume cela réduit le nombre de trucs éparpillés partout puisqu'elles sont facilement réutilisables plusieurs fois (et mieux que des mouchoirs en papier)
  • elles sont assez grandes : 20 X 14 cm disent les sites marchands; bon, après moult lavages je pense que les miennes sont de dimensions légèrement plus réduites, mais c'est en tous cas bien mieux adapté à la fonction mouchage que mon autre série de lingettes lavables, en 10 X 10.
  • elles sont doooouces (bicoz bambou) : bien davantage que ladite autre série de lingettes lavables, réalisée dans du coton déco + vieille serviette-éponge. Et ça, un nez irrité par de fréquents mouchages appréciera.
  • elles sont mignonnes : moi j'en ai plusieurs séries pastel, c'est agréable à voir
  • ça sert à tout, cf plus haut : serpillère, débarbouillette (et même insert supplémentaire dans couche lavable si on veut que celle-ci tienne un peu plus longtemps), du coup, il est toujours rentable d'en avoir sur soi au cas où
  • c'est du solide : autant se balader avec un Kleenex sans son paquet au fond d'un sac à main, c'est s'exposer à extraire de la charpie de Kleenex dudit fond de sac à main le jour où on en aurait besoin, autant on peut caser une lingette toute seule dans un coin et l'y retrouver longtemps plus tard prête à servir
  • j'en ai un certain nombre
  • et leur entretien est du tout cuit : elles rejoignent les autres lingettes et les couches dans le seau à couches et sont lavées deux fois par semaine à 60°C.


Dans les faits, je continue quand même à avoir recours aux Kleenex
  • Monsieur Bout n'a pas encore sauté le pas
  • je n'en ai pas toujours sous la main / fondamentalement, il m'en faudrait probablement quelques unes supplémentaires pour pouvoir tourner de manière fiable avec
mais j'y ai déjà nettement moins recours, et cela s'est vu au dernier rhume : pas de poubelle débordant au bout de 24h ! (ce qui est ma foi bien agréable. Et sera susceptible d'encourager Monsieur Bout à sauter le pas lors de son prochain gros rhume, puisque c'est lui qui vide les poubelles)

Bref : peut-être pas ZÉRO Kleenex, mais MOINS DE Kleenex, et c'est déjà ça.


Et à la prochaine vente privée de produits Close,
j'aurai un prétexte pour m'en racheter de nouvelles.
(rho zuuuut).

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lundi 20 mars 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #6

Une semaine de plus !
L'impression d'un indiscutable mieux perdure et c'est bien agréable, même si cela n'exclut pas des moments plus compliqués, bien entendu.

Un signe qui ne trompe pas : j'ai réalisé que ces dernières semaines, F. n'a que très peu regardé de petits films en allemand
Cet automne j'avais presque (pourquoi dis-je "presque" ? "franchement" serait plus honnête...) hâte que ce soit l'heure de préparer les repas et donc de caser F. devant Youtube. Actuellement, je n'ai plus ce besoin de mettre F. "KO par TV" : le créneau pré-repas est occupé autrement la plupart du temps (ce qui n'arrange pas mes affaires germaniques par ailleurs, car F. est de nouveau assez réticent à blablater teuton; mais bon, ça reviendra...), et ce sans catastrophe.

Samedi:
E., qui s'éclate à présent tout autant que son frère dans la montée du garage, tombe (en la montant à reculons).
A quatre pattes sans bouger, elle m'appelle.
Je me tourne vers elle, mais reste à une certaine distance.
"Ouille, tu es tombée. Comment peux-tu faire pour te relever ?", assorti d'un sourire encourageant.
Et voici la demoiselle qui s'appuie sur ses mains, pointe son petit derrière en l'air, et zou, en position debout: on est repartis comme en 40.
Ou comment les questions de curiosité, ça porte du fruit dès avant l'âge de 2 ans.

Dimanche:
Promenade de fin de journée pour aller dans une aire de jeux plus éloignée de chez nous.
Passant devant un portail, F. commence à jouer à l'ouvrir et le fermer.
"F., le portail doit rester fermé." Rien
"F., les personnes préfèrent fermer elles-mêmes leur portail." F. continue à le fermer puis à le réouvrir.
"Comment tu fais pour refermer le portail ?"
Hop, le portail est fermé.
Ah, ces questions de curiosité alors !

Lundi:
I.
Retour d'une sortie, je suis encombrée, et la Bébounette a choisi de m'échapper pour courir partout dans le garage.
F. : "je vais la chercher
- Oui, prends la par la main"
Et hop, il va la cueillir dans la montée du garage, prend sa main tout doucement, l'aide à descendre les marches une à une, et l'amène en trottinant jusqu'à la porte de l'ascenseur.
Toute attendrie, je peaufine un peu ma réaction
"Tu as vu qu'elle tardait, tu es allé la chercher avec douceur, tu as tenu sa main avec soin. Je me sens très contente de la manière attentionnée avec laquelle tu m'as aidée."
II.
En me couchant la veille au soir, j'ai repéré que F. avait joué avec le tube contenant les petits confettis dorés qui ont servi à la confection de ses bouteilles de retour au calme: un certain nombre desdits confettis sont disséminés par terre à proximité du panier où le tube est entreposé. 
Je jure (intérieurement), puis me retiens d'y toucher et vais me coucher.
Au retour de notre sortie du matin, nous avons quelques minutes avant le déjeuner. C'est à ce moment que je choisis de remarquer et décrire le problème :
"Ah, des paillettes par terre. Il nous faut l'aspirateur. Tu règles le problème ?"
F. va sortir l'aspirateur, aspire les confettis, range l'aspirateur.

Mardi:
I.
En débarrassant son petit-déjeuner, F. dépose trop brutalement son verre dans l'évier, en dépit du fait que nous l'avertissions régulièrement du risque : et voilà, l'assiette à dessert qui a "récolté" le verre succombe au choc.
Je hisse F. pour qu'il puisse voir le résultat, et j'exprime mes sentiments :
"je suis triste, c'était un cadeau de ma grand-mère et maintenant elle est cassée"
puis j'enchaîne sur une question de curiosité
"Comment c'est arrivé ?
- J'ai posé le verre pas doucement.
Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire pour éviter ?
- Faire attention et poser le verre doucement"
II.
Retour d'une longue ballade au vaste parc situé à 15 minutes de chez nous : trajet impeccable, mais sur le dernier tronçon bordant une route, F. s'amuse à rouler sur la route et non sur le trottoir malgré mes injonctions. (heureusement, une route très peu passante, mais quand même !)
J'exprime mes sentiments et je rappelle les règles:
"je suis très mécontente que tu aies roulé sur la route. La route, c'est pour les voitures ; les piétons et les petits vélos vont sur le trottoir. Quand je vois que tu ne respectes pas les règles je n'ai pas envie de retourner au grand parc avec toi."
Me souvenant des conseils de Jane Nelsen ("faites passer le message d'amour"), je rebascule ensuite sur l'expression de mes sentiments :
"Rouler sur la route peut être dangereux, j'ai peur pour toi car je t'aime"
Au retour de son père, F. claironne
"J'ai roulé sur la route !
je complète
- Oui, et nous avons dit qu'il ne fallait pas.
Oui, mais on peut rouler partout dans le parc !"

Mercredi:
I.
Dans la salle de classe pour le réveil de la Bébounette: F. en a profité pour sortir toutes les barres rouges et les deux s'amusent bruyamment avec, sans beaucoup d'égard pour ce matériel.
Hop, l'occasion de travailler l'expression de la colère:
"Je n'aime pas qu'on joue avec le matériel de classe. J'attends de toi que tu ranges, maintenant."
Héhé, au passage, ça le fait manipuler, car bien évidemment elles se rangent dans l'ordre...

II.
Petit-déjeuner; du haut de sa chaise haute, E. fait tomber son gobelet contenant un reste de lait. Youpi.
"Oh, du lait. Il faut essuyer."
Je la descends de sa chaise haute. Après quelques instants de latence, à observer la flaque et le rond vert, elle s'attèle à la tâche.
Je l'entends alors imiter la manière dont je guide F. dans ce genre de cas:
"Ici... là.... là et là... et là" (en joignant le geste à la parole, ce qui aboutit à une flaque essuyée avec une rigueur qui m'épate pour une enfant de 22 mois)

III.
De l'intérêt de se focaliser sur le problème et sa résolution, et non sur un "fautif" et sa faute : aujourd'hui, et hier : deux renversages malencontreux de verres plein d'eau, dont je me suis aperçue... en voyant que F. s'était déjà emparé du rond vert et s'appliquait à remédier à ce qu'il avait provoqué.

Jeudi:
E. détecte et ramasse un noyau de datte tombé par terre (vestige du Nutella fabriqué la veille), me le montre, j'indique :
"Le noyau de datte va à la poubelle".
Elle ouvre le placard de la poubelle, tire ladite poubelle, et zou, c'est fait. Mais elle part sans avoir refermé la porte du placard de la poubelle.
Machinalement, je décris la situation : 
"E., la porte de la poubelle est ouverte"
Elle se retourne, me regarde d'un air interloqué, et continue son petit bonhomme de chemin.
Et c'est là où je prends conscience que, même pour une enfant qui parle très bien, 22 mois c'est trop jeune pour la description de problème.
"E., il faut refermer la porte" : lueur de compréhension dans son regard et hop.

II.
Retour à la maison en début de soirée: un sac, reliquat du Drive déballé en vitesse plus tôt dans la journée, traîne sur le banc de l'entrée. 
F., un brin excité, s'en saisit et le jette à travers la pièce avant de grimper sur le banc ôter ses chaussures.
"Je n'aime pas ça. Le sac doit être rangé."
F. saute du banc, récupère le sac... et va l'accrocher à la poignée de la porte d'entrée, c'est-à-dire là où MOI j'aurais du ranger ce fichu sac au lieu de le laisser traîner.

Vendredi:
Au parc en fin de matinée, F. inspecte les travaux de rénovation en cours sur l'une des 2 aires de jeux. Un gros tas de sciure de bois toute fraîche embellit par ailleurs l'araignée qui n'est pas directement concernée par lesdits travaux, et constitue donc encore le seul jeu accessible. 
F. s'amuse à faire s'écrouler le tas en dehors de son contenant et à en jeter partout, j'interviens sous différentes formes :
"La sciure doit rester dans le bac de l'araignée.
Les ouvriers auront besoin de la sciure pour finir les travaux, cela leur fera du travail de la ramasser si tu la jettes.
Tu as le choix : rester ici en laissant la sciure là où elle est, ou changer d'aire de jeux
- Nan, pas laisser la sciure, pas changer d'aire de jeux.
Et zou, de la sciure vole à nouveau.
"J'ai l'impression que tu as choisi de changer d'aire de jeux"
Je me dirige vers lui.
Il s'échappe, et dit
"Nan, je vais laisser la sciure"
mais 2 minutes après rebelote.
2 ou 3 fois... Je finis par repenser à Jane Nelsen et à ses conseils, réalise que là mes tergiversations ne servent pas à grand chose, au contraire, et j'y mets un terme en allant prendre F. par la main... euh, à bras le corps puisqu'il se débat, et nous changeons d'aire de jeux.


samedi 18 mars 2017

Faire son Nutella soi-même !

En plein Carême, un petit billet de circonstance.

Oui oui: 
  • Pour ceux qui se sont engagés à laisser le pot dans son placard pendant 40 jours: remerciez-moi, voici de quoi craquer sur le fond sans rien céder sur la forme - oooouh la vile tentatrice! 
  • Pour les autres, voici une raison de plus d'attendre Pâques avec impatience...

Du Nutella
  • Fait maison
  • Sans aucun des composants quand même pas top de la recette industrielle
  • 4 ingrédients uniquement, tous très sains, et pas non plus introuvables / impossibles à recaser ailleurs: dattes, sirop d'agave, purée de noisettes, cacao
  • Encore meilleur que le Nutella car dépourvu de l'aspect graisseux qui peut quand finir par écœurer (oui bon OK : ceci n'est peut-être pas à lister dans les points positifs, puisque cela signifie qu'on n'a plus aucune raison d'arrêter de piocher dans le pot à la cuiller)
  • Réalisé en un tournemain
  • Qui se garde au frigo un mois (J'avoue : ça c'est de la blague, le genre d'information invérifiable... à moins de le produire par bidon de 3kg - ou de disposer des pièges à loups autour du frigo -  je ne vois pas comment le machin peut survivre un mois...)

C'estunetueriec'estunetueriec'estunetuerie.
En revanche, je ne peux pas prétendre "économique " car les ingrédients susnommés ne sont pas non plus donnés, mais bon au moins l'argent est injecté ailleurs...

La recette provient en droite ligne de ce blog et m'a été dévoilée par une copine IEF à qui j'en serai éternellement reconnaissante (ou pas, selon l'évolution subséquente de ma silhouette).
Suivez-la aveuglément (mais en la lisant quand même avec vos yeux. J'ai failli tuer mon mixer et longuement pesté sur cette fichue recette avant de finir par aller la relire et m'apercevoir que j'avais juste oublié l'étape numéro 1: la réhydratation des dattes. Hum hum.)



Voilà, je vous laisse, j'ai une banane Nutella qui m'attend.

(Vous remarquerez que le billet de blog contient deux autres recettes non encore testées par votre humble servante, 
si vous vous y aventurez racontez moaaaaah)

jeudi 16 mars 2017

Travailler pour...? - Avoir un cadre

(me revoici pour un nouvel épisode de la série "Travailler pour.." par le biais de laquelle je cherche à explorer les différents apports d'une vie professionnelle à prendre en considération dans la recherche d'un bon équilibre vie pro / vie familiale, y compris et surtout si on réfléchit à s'éloigner quelque temps, voire davantage, du monde du travail. 
J'ai eu tant à faire, tant à écrire, que cet épisode est resté longtemps sur le feu, ce qui m'a bien frustrée car cette série est chère à mon cœur - et à mon cerveau. Mais le voici ! Les précédents sont regroupés ici, et je précise que j'en ai encore au moins deux en gestation).

Parmi les bénéfices collatéraux du travail auxquels on ne pense pas toujours (... en tous cas jusqu'au jour où l'absence d'activité professionnelle nous y confronte plus ou moins brutalement) figure en bonne place le cadre qu'une activité professionnelle donne à nos journées.
En effet, une vie professionnelle introduit dans nos journées un rythme, une structure, une prévisibilité.

C'est l'envers positif de la sujétion si souvent récriée :
  • oui, le travail, étymologie tripalium, instrument de torture et patati et patata, nous astreint à une discipline, nous oblige à faire autre chose que ce que nous aurions fait, nous empêche ainsi de gambader librement dans les bois en tressant des couronnes de fleurs, représente une contrainte, etc, c'est un scandale... 
  • mais être obligée de faire (quelque) autre chose, devoir se plier à un rythme, c'est parfois bien confortable !

En effet, je l'écrivais il y a déjà quelque temps, la routine a quelque chose de reposant, de rassurant, l'être humain est un être d'habitudes. 
Or la vie professionnelle en est justement toute cousue, de routines et d'habitudes. Il y a
  • la succession des jours de la semaine, la distinction entre semaine de travail et weekend, par exemple, 
  • la routine quotidienne entre temps passé à la maison et temps passé au boulot, 
  • et la routine de la journée de travail elle-même, avec ses RDV, ses réunions, ses coups de fil, ses clients qui rentrent et fournisseurs qui passent, ses pauses cafés... 
Autant de repères structurants qui "tiennent tout seuls", donc pour lesquels nous n'avons pas à porter de responsabilité.

Au contraire, dans la vie d'une maman au foyer, la structure de la journée n'est pas toujours aisée à établir ou maintenir : toute maman d'un jeune bébé par exemple, rigolera (un peu jaune) si on lui parle "prévisibilité", en particulier si elle est partisane de l'allaitement à la demande ! Et puis, il est bien connu que c'est quand on a prévu une sortie au parc qu'il pleut, ou quand on est prêt pour cette sortie que bébé fait une fuite de selles monumentale ravageant tout sur son passage, ou l'aîné une colère tout aussi monstrueuse...
En proie à une multitudes d'injonctions simultanées (tenir la maison - mais gardez-vous à droite - la SDB est à faire peur, gardez-vous à gauche - la cuisine a l'air d'un champ de bataille, passer du temps avec l'aîné, gérer les frustrations du deuxième, calmer les pleurs du dernier,...), nombreuses sont les mères au foyer à souffrir de ce sentiment de courir partout, d'être en permanence sur le qui-vive, à réagir et non agir, sans arriver au bout de rien.

Se lever et avoir toooute la journée devant soi, ce peut être la source d'un grand sentiment de liberté... ou d'une angoisse sans nom !
Qui sait quel drame ces heures encore vierges vont pouvoir héberger...
et : comment s'assurer de ne pas "perdre" sa journée ?

La responsabilité de cette journée ne repose que sur soi, sur sa propre capacité à s'organiser, anticiper, planifier ... et retomber sur ses pattes après chacun des moult imprévus qui jalonneront la journée. Être une maman au foyer un minimum bien dans ses baskets, cela nécessite déjà une dose d'autodiscipline que l'on n'a pas forcément (encore développée).


En ce qui me concerne, d'ailleurs, mon premier congé parental (les 3 mois pris après le congé maternité de F.) était riche en projets (j'avais notamment prévu d'apprendre à me servir de ma machine à coudre. Comme vous pouvez vous en douter à la lecture de ce billet, la réalisation de ce projet a du foirer quelque part); mais je n'ai pas fait grand chose, à l'arrivée !
  • J'ai davantage cuisiné, j'ai réussi à voir quelques copines, et je me souviens avec délices d'une cueillette de mûres avec l'une d'elles, par une journée d’octobre ensoleillée, à tout juste quelques centaines de mètres de mon lieu de travail habituel..., mais ce fut tout !
  • L'administratif était toujours une catastrophe,  la maison n'était pas mieux tenue (alors que je faisais toujours beaucoup appel à ma femme de ménage....)
  • Ah, si, le linge était mieux géré... fonctionnant en couches lavables, j'étais obligée d'être rigoureuse pour ne pas me retrouver en rade, et donc j'avais renoué une relation étroite avec mon lave-linge. Eh mais dites-moi donc, n'était-ce pas tout simplement une ébauche de routine qui produisait du résultat ? Hasard ?
  • J'ai passé du temps avec mon bébé, OK. Mais honnêtement, F. était un bébé assez sympa et aux horaires assez réguliers en plus de ça, donc je ne peux pas prétendre que c'était le temps passé à soulager ses pleurs qui m’empêchait de m'investir dans autre chose.

En revanche, je me souviens parfaitement de ma première soirée post-retour au boulot : je me suis retrouvée à jouer sur le tapis avec lui, toute à lui, et j'ai réalisé que cela ne m'était pas forcément souvent arrivé les mois précédents : toujours disponible pour bébé "en théorie", on ne se rend pas forcément disponible, dans les faits : que ce soit physiquement (je faisais souvent quelque chose à côté), ou mentalement : je pensais souvent à autre chose...


L'effet discipline du boulot se voit en effet sur deux niveaux :
  • d'un côté, le boulot nous aide à nous discipliner durant le temps que nous y passons, il structure nos journées de travail
    • là encore, évidemment, l'apport d'une vie pro en termes de cadre dépendra énormément du type d'activité pro et d'environnement : plus le degré d'autonomie est élevé, plus la responsabilité de s'organiser repose alors sur nos épaules ; le summum étant atteint avec un statut d'auto-entrepreneur travaillant de chez soi ;-)
  • mais il structure aussi notre temps hors travail : celui-ci étant plus restreint, et la manière dont nous l'utilisons devant nous permettre de retourner au boulot, en plus, cette perspective d'une journée de travail à affronter le lendemain contribue à structurer la soirée, par exemple. 
Une copine me confiait ainsi :
"quand je bosse, une fois à la maison, je me bouge, je cuisine plus, je me montre plus disponible pour mon mari, mes enfants. Alors que sinon, je procrastine les trucs les plus chiants, je ne fais rien d'intéressant puisque je prévois de me mettre d'abord aux trucs chiants, et à la fin de la journée je n'ai rien comme bilan que mon immense culpabilité, et la conscience d'un gros gâchis".
Plus "bêtement", aussi, parmi les impératifs de travail qui nous aident à éviter ou limiter la procrastination, on trouvera la nécessité de porter des vêtements présentables : il est plus difficile de remettre sans cesse à plus tard le lancement d'une lessive ou la corvée de repassage, quand on sait devoir se présenter devant des regards un peu plus intimidants que ceux, indifférents aux tâches (qu'ils auront eux-mêmes provoquées...) de nos enfants ou celui, distrait, de la boulangère.



Travailler, ça peut donc permettre de donner du corps au vide, de ne pas se retrouver face à une liberté très angoissante du fait de la responsabilité qu'elle fait peser sur nos épaules : une activité professionnelle peut ainsi avoir un aspect reposant, du fait que les contraintes du travail permettent de diminuer l'effort de discipline, de le partager, en quelque sorte.
Ordonner le temps demande en effet de l'énergie !

Quoi qu'il en soit, ce cadre, il est cependant, bien entendu, possible de se le construire soi-même chez soi.
Possible, mais pas évident... et puis cela s'apprend ! Petit à petit, souvent.
Personnellement, autant ma première période à la maison aura ainsi été plutôt chaotique, autant les suivantes (fin de grossesse et congé mat d'E. ; mon chômage actuel) offrent un visage fort différent.

Parmi les points qui peuvent aider

  • repérer et éliminer / atténuer les facteurs qui contribuent à la déstabilisation.
Internet est bien évidemment un coupable idéal et fréquent !
Ainsi, en ce qui me concerne, dès mon premier congé parental, j'avais tout de même fini par (accepter de) reconnaître que les journées où j'allumais l'ordinateur dès le matin étaient plus chaotiques et "vides" que les autres. Autant que possible, par la suite, je me suis efforcée de restreindre mes envies d'aller "vite voir mes mails", qui se traduisaient par une Gwen encore en pyjama à 11h du matin.
J'avais notamment fait quelques efforts allant dans le sens d'une meilleure anticipation : de quel renseignement INDISPENSABLE pourrais-je avoir besoin dès le lendemain matin (coordonnées pour prendre un RDV ou envoyer un courrier) ? Cette information étant bien entendu susceptible de se muer en un prétexte parfait pour une dérogation à la règle / allumage matinal de l'ordinateur, j'avais donc essayé, en prévention, d’anticiper cela en allant la chercher et noter la veille au soir.

Autre exemple personnel : une fois à la maison après notre déménagement à Strasbourg il y eut un temps où je faisais déjeuner le Bébou, le couchais pour la sieste, puis déjeunais moi-même. Puis je m'aperçus qu'il valait mieux que je déjeune plus tôt, même de manière moins calme, qu'ainsi en décalé, et ce pour deux raisons : je perdais du temps ainsi, et surtout cette attente du repas me fatiguait tellement qu'ensuite je n'étais plus bonne à grand chose durant le créneau de sieste qui restait.

  • établir un cadre de manière économique
de manière économique ? Il s'agit d'économiser notre énergie. En effet, un des aspects rendant un cadre compliqué à construire et établir, c'est l'énergie que cela demande.
C'est là où Flylady est venu m'apprendre la force d'un cadre basé sur la routine, et à quel point un tel cadre peut être reposant. J'ai déjà évoqué le côté libérateur de la routine, et j'en fais l'expérience en ce moment de nouveau : le cadre donné par des routines permet de baliser les journées et d'assurer que celles-ci soient rentables, sans devoir fournir de gros effort d'organisation pour cela. De la même manière qu'on suit le rythme de l'entreprise au travail, on suit un programme établi sans se creuser les méninges.
Certaines construiront leurs propres routines toutes seules, mais pour d'autres, justement moins avancées niveau discipline / organisation, se fixer soi-même ses propres règles, s'inventer soi-même une routine, est déjà hors de portée.
C'est mon cas !
Cela ne condamne pas nécessairement au chaos ou au travail ;-), mais oblige à trouver des substituts / béquilles. Ainsi j'ai eu besoin des Babysteps de Flylady pour constituer une première base, me fournir un programme "imposé" de l'extérieur. Je remarque d'ailleurs avec intérêt (et un brin de fierté, aussi!) que, si j'ai eu besoin de Flylady pour m'aider à donner une ossature à mes journées, j'ai à présent progressé suffisamment pour enrichir cette ossature par des points qui me sont plus personnels.  (mais je l'ai déjà promis, et je finirai par tenir parole : je sortirai un billet sur la manière dont je vole en ce moment, bientôt !).

L'établissement de routines, que celui-ci se fasse de manière autonome, ou d'une manière aidée (suivre Flylady, reprendre le planning d'une copine ou celui trouvé dans un bouquin ou sur un blog consacré à l'organisation), permet ainsi de donner un cadre favorable à la prise en charge des tâches... de routine, justement.

  • Gérer l'inhabituel sans dérailler
Pour les tâches plus exceptionnelles, on aura souvent recours à la To-do list. Celle-ci peut cependant vite devenir tentaculaire et d'autant plus angoissante, c'est pourquoi en ce qui me concerne je considère le Bullet Journal comme l'ami idéal de la femme au foyer : me poser la veille au soir et me fixer mes objectifs pour la journée, actualiser ceux-ci en cours de journée, avoir sous la main, toujours, un seul guide auquel me référer quand je suis sur le point de perdre le fil / me laisser gentiment entraîner vers autre chose...


En conclusion, en l'absence d'une vie pro et de la structure naturelle qu'elle donne à notre temps, oui, il est vraiment possible de s'améliorer niveau autodiscipline, et qu'il existe un tas d'outils pour.
Cependant, là encore, deux facteurs essentiels joueront : le temps (on peut ne pas encore être mûr pour cela), et la motivation !
Je le vois en ce moment : c'est parce que être à la maison m'intéresse, en ce moment, parce que je trouve beaucoup d'épanouissement à faire ce que j'y fais, que je suis motivée pour utiliser à plein les outils nécessaires pour que cela se passe bien ! Motivée, donc capable de mobiliser l'énergie nécessaire.
Car s'organiser, c'est (pour moi) au départ quelque chose de rébarbatif, donc si je devais m'atteler à quelque chose de rébarbatif (mon organisation) pour gérer des choses tout aussi rébarbatives (plus de temps avec mes enfants que ce que je suis capable de donner, une IEF pas vraiment choisie, des tâches ménagères faites à contre-cœur,...)... la dynamique serait bien différente, les résultats, aussi.


Il y a quelques années, me passer d'une activité pro de manière prolongée aurait vraiment été dangereux à cet égard : j'étais foncièrement incapable de mettre en place un substitut valable au cadre que mon boulot m'offrait, et j'aurais sombré dans le chaos le plus total.
C'est là encore un point qui vient renforcer ma conviction que la notion d'équilibre vie pro / vie perso varie dans le temps, et que donc, il vaut mieux ne pas trop me casser la tête sur des plans à 10 ans, car je n'ai aucun moyen de savoir quels seront mes besoins et mes capacités une fois ces dix années écoulées.


mardi 14 mars 2017

Le raté du panier bio : ces fichus kumquat

Mon audace alimentaire de la semaine dernière a frappé côté fruits : on me proposait des kumquat, petit fruit d'une teinte orangée de bon aloi que je n'avais jamais goûté.
Comme visiblement mes aventures culinaires vous font beaucoup marrer, et que, gonflé par mes succès, mon courage ne connaît plus de limites, je me suis dit que ça valait le coup d'essayer.

Voilà qui aura ajouté encore à ma culture gastronomique, mais qui n'ira pas enrichir nos menus !
Le petit fruit est tout mignon, certes; et son goût n'est pas mauvais. 
Rien d'extraordinaire, mais c'est acidulé, ça se rapproche de la mandarine ou du pamplemousse, donc pas de quoi fouetter un chat, 
  • ni dans un sens (ça ne justifie PAS tous ses travers, dont je vais vous donner la liste), 
  • ni dans l'autre (il n'ajoute pas auxdits travers, celui d'avoir, en plus, mauvais goût. Encore heureux !)

Tous ses travers, me direz-vous ?

Enfin, surtout un.

Le kumqat est un fruit relou à manger.
Voilà.
Tenez-vous le pour dit.

C'est un peu court, jeune homme ?

Quelques détails supplémentaires, bande de Saint Thomas !
  • le kumquat est un tout petit fruit, donc le travail demandé pour chaque fruit ne "rapporte" que peu de chair à manger
  • il faut laver le fruit, bon ça encore on survit (je ne sais plus pourquoi il faut le faire puisqu'on ne mange pas l'écorce, mais il faut; et puis zut, ceci est un billet à charge donc interdiction de me contredire)
  • le couper en deux, jusque là, c''est encore dans mes cordes
  • tout de suite après, en revanche, on commence à réaliser qu'on s'est peut-être bien fait avoir : les deux moitiés sont remplies de pépins ! Plutôt gros, donc hors de question de faire autre chose que les retirer. Allez, à la chasse aux pépins. L'avantage de la taille réduite du fruit, et de la taille fort respectable du pépin, c'est qu'au moins cela épargne d'avoir à les chercher, ils se voient comme le nez (enfin, 6 ou 7 nez, facile) au milieu du visage.
  • Passée cette étape d'épépinage, la Gwen est en droit d'être un peu perplexe : reste-t-il quoi que ce soit à manger dans le fruit ? En effet, à ce stade on voit surtout les alvéoles qui structurent la chair du kumquat (un peu comme dans un demi-pamplemousse), alvéoles qui, une fois les pépins retirés, ont l'air assez... vides.
    • On plonge une cuiller (il en faut une vraiment petite ! sinon elle ne rentre pas vraiment bien dans le demi-fruit, vu la taille réduite de celui-ci), on appuie fooooort, on tourne (comme pour un kiwi), et au prix d'efforts surhumains on en sort une quantité ridicule de chair + alvéoles (et honnêtement, on a l'impression qu'il y a surtout l'alvéole, point de chair), quantité gobée instantanément par le Bébou ou la Bébounette qui s'impatientent à côté.
    • Oui, nourrir DEUX enfants, seule avec des kumquat, c'est comprendre ce que vit une maman hirondelle chez qui une femelle coucou distraite aura déposé DEUX de ses œufs de morfale.
    • Et on recommence.
  • Cerise sur le gâteau : ptet pas beaucoup de chair dans ces machins, mais une belle quantité de jus pour compenser : au bout de deux fruits à peine on en a les avant-bras qui ruissellent, un vrai plaisir.

KUMQUAT GO HOME.

(alors, là, voyez-vous, j'avoue que j'attends avec une certaine curiosité celle d'entre vous, qui, forcément, va se ramener comme une fleur en mode "rho mais non le kumquat c'est super bon super simple il suffit de". 
Je n'ai même pas encore trouvé le courage de terminer le sachet, je lui en envoie le reliquat en colissimo, direct !)


[edit, dernière minute avant impression ! Au moment-même de publier ce billet, une rapide recherche internet visant à vérifier l'orthographe du mot kumquat - j''étais en train d'omettre le "u" - me permet de réaliser que j'avais zappé un léger détail dans mes lectures : la peau se mange. Donc toutes mes manipulations de petites cuillers, là, pfffrt, c'était pour des prunes.
Ah. 
Mouais. 
Mouais. 
Vais-je pour autant renoncer à ma diatribe ? Non ! 
Mais je vais quand même aller m'attaquer à la fin du paquet voir ce que ça donne. 
Ceci dit, cela ne fait que rajouter un point à la liste des torts de ce fichu fruit : il a l'esprit de contradiction, le bougre!]

dimanche 12 mars 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #5

"Et ça continue, encore et encore
C'est que le début, d'accord, d'accord"
Fraaanciiiiiiiiiiis !!!!!

Bon, faut dire que l'idée lumineuse qui m'a traversé l'esprit en vous écrivant la semaine dernière, à savoir d'avoir recours à mon Bullet Journal chéri pour y consigner directement à très chaud les épisodes pouvant venir enrichir cette chronique, s'est révélée extrêmement efficace. 
Et cela me permet même de faire coup double : j'ancre en écrivant sur le coup, et le sillon s'approfondit encore davantage le soir quand je transforme mes notes de BJ en bout de billet de blog.

Samedi:
F. ne se montre guère coopératif pour le brossage de ses dents.
Parmi ses nombreux sujets de doléances du jour figure son tube de dentifrice en fin de vie, il en réclame un nouveau (que 1. je n'ai pas en stock, 2. ils serait hors de question d'entamer avant que l'autre n'ait totalement succombé).
Je souligne qu'en effet le tube est bientôt terminé, et j'enchaîne en lui demandant de quelle couleur le prochain pourrait être (l'actuel, goût chimique orange, a un bouchon orange).
" Bleu !
- Et il serait à quoi ? 
À la myrtille !
- Ah oui, un dentifrice bleu à la myrtille ?! Trop bien !"
Et voilà, comme souvent, une fois l'imaginaire mis en marche, on ne s'arrête plus. 
F. enchérit donc:
"Et ensuite y aurait un jaune, à la banane....
- Oh !
Et après, un rose !
- Ah oui, un rose ! Il serait à la fraise ou à la framboise ?
A la ... fraise ! Puis un vert, au...kiwi !
- Avec ou sans pépins ?
Saaaans...!!!" pouffe F.
Je peux vous dire que les dents ont été longuement brossées.

Dimanche:
Sortie mensuelle au musée, suivie d'un brunch-déjeuner au café du Musée d'Art Moderne & Contemporain.
Au moment du dessert, nous nous servons abondamment; après quoi F. est encore motivé pour un dernier macaron. 
Monsieur Bout l'envoie le chercher seul, demande qui en veut d'autre, et explicite sa mission
"Il nous en faut un pour toi, un pour moi, donc tu en rapportes deux. Deux macarons, F." 
puis le laisse partir avec son assiette.
Tout imbu de son rôle et de la confiance et l'autonomie qui lui sont données, F. revient avec deux macarons, pas un de plus, sert son père, et engloutit le sien.

Lundi:
I.
F. asticote sa sœur ; je le reprends plusieurs fois en mode 
"Les petites sœurs ne sont pas faites pour être tapées"
Puis à un moment, à l'instant même où F. s'apprête à repartir à l'attaque, je me contente d'un
"Fais lui un câlin, F."
F. interrompt son geste brusque et entoure sa sœur de ses bras.

II.
Au moment d'ôter son pull, F se plaint, comme souvent à cette étape :
"J'y arrive paaaas.
- Oh, moi je me souviens de la dernière fois, où tu y es arrivé alors que tu ne pensais pas y arriver..."
Petit sourire, il s'y met. Tempête ensuite car tout de même, ce fichu pull résiste à ses efforts; mais j'encourage d'une description :
"Oh, je vois une petite main qui est sur le point de faire passer le coude hors de la manche!".
Hydre terrassée Pull vaincu, sourire fier de mon blondinet.

Mardi:
I. 
Au petit déj, F. se sert de sucre en poudre pour son porridge. Il rencontre des difficultés pour atteindre le sucre avec sa petite cuiller car le pot est déjà bien vidé. Hop, petit renseignement :
"je crois que ça fonctionne mieux quand on penche, cela rapproche le sucre de l'ouverture."

II.
Petit déj, toujours, F. cherche à ce que j'étale son beurre sur sa cracotte :
"J'y arrive pas"
Je donne des renseignements, puis reformule sa demande :
"Le manche du couteau est là. Ah, tu le sais, et tu sais le faire, mais tu veux que j'étale pour toi cette fois ? OK"
Je lui beurre sa cracotte, suite à quoi il proteste car le résultat n'est pas conforme à ses exigences.
"La manière dont je le fais ne te plaît pas; à toi de le faire alors."

III.
Le soir, coucher difficile pour une fois (cela fait des semaines que les choses se passent bien à ce niveau, youpi tagada); F. se relève et vient rôder autour de nous plusieurs fois, je m'énerve, je délègue à Monsieur Bout, mais le Bébou revient toujours... 
Je finis par perdre patience et lui annoncer d'un ton revanchard qu'il sera trop fatigué pour aller à l'éveil musical le lendemain, grrr, ce qui a bien entendu tout à fait l'effet espéré : le Bébou se met à hurler dans sa chambre, ambiance !
Son père finit par y retourner, le fait redescendre à coups de guilis, et là, paf : 
"j'ai envie de faire caca" (il porte toujours des couches la nuit, depuis Noël, le deal étant que si besoin de grosse commission, il vient nous demander pour qu'on la lui ôte et la remette derrière).
C'était donc ça qui le gênait ! Je me sens d'autant plus fine.
L'écoute, l'écoute, un long apprentissage...

Mercredi:
I.
S'étant rendu aux WC encore chaussé de ses bottes pleines de terre, F. en a répandu dans l'entrée; je lui demande donc de sortir l'aspirateur, il en aspire une partie, je termine (en en profitant pour déborder un peu), puis lui demande de ranger l'aspirateur dans le placard.
Il s'y attelle puis s'énerve un peu devant la difficulté (c'est relou, un aspi à ranger!), et m'interpelle pour me demander de l'aide. 
Je me dirige vers lui pour l'aider... et remarque trop tard qu'en fait il avait continué seul dans l'intervalle et était sur le point d'y parvenir. Mon intervention vient donc interrompre cela...

II. 
Deuxième sortie de la journée, F. enfile ses bottes mais peine à le faire, il rouspète, je me dirige vers lui pour l'aider, et son péremptoire "tout seul !" me rappelle une nouvelle fois l'importance d'accueillir les sentiments des enfants face à la difficulté, tout en leur laissant le temps de la surmonter...

Jeudi:
I.
En allant réveiller sa sœur (qui dort toujours dans la salle de classe pour le moment), F. fait le zouave, ce qui aboutit notamment à la chute d'une pochette plastique sur le sol. 
Je décris le problème :
"Il y a une pochette plastique entre la table et le radiateur.
- je peux pas l'attraper..."
Je donne un renseignement:
"En bougeant la table, tu pourras l'atteindre"
F. n'en fait rien.
Je ne dis ni ne fais rien de plus, me penche vers la Bébounette, gazouille avec elle,  la sors de sa turbulette, la câline.
Au moment de quitter la pièce avec E. dans les bras, direction le petit-déjeuner, je précise d'un ton neutre :
"Avant de partir, il y a la feuille à ramasser"
Et hop.
Enseigner la responsabilité, une entreprise de longue haleine / qui demande un peu d'obstination !

II.
Au moment du dîner, je suis déjà un peu à cran 
  • les enfants ont pris un bain en trempant la salle de bains malgré le "l'eau reste dans la baignoire" qui avait si bien fait effet la veille; 
  • j'ai voulu dans le même temps passer l'aspirateur, ranger les courses et préparer des épinards frais, bref, trop voulu en faire, 
  • et au moment de passer à table ils ont joué avec le contenu du placard sous l'évier, dont une bouteille de vinaigre blanc qui s'est ouverte en répandant une partie de son contenu sur le sol de la cuisine, d'où passage de serpillère impromptu dans un timing qui n'a évidemment pas amélioré mon humeur
F. est relou!  Critique le plat, frappe la table avec sa cuiller, ne veut pas mettre de bavoir, et je ne sais plus quel autre crime... 
Et E. me tape sur les nerfs à dévorer la partie féculent de son assiette sans toucher aux épinards qu'elle adore pourtant, et à réclamer très bruyamment du rab desdits féculents.
Mes réactions au comportement de F. sont au départ encore dans la lignée F&M, puis commencent à se faire plus crispées. Et voilà qu'en voulant taper sa timbale contre la table (grrr), F. la renverse, bien pleine ! (re grrrr).

Là c'est Monsieur Bout qui (bel exemple de contagion émotionnelle) s'énerve sur son fils, lui assène un "tu as renversé toute ta timbale, tu vas nettoyer" en lieu et place d'un "oh, de l'eau sur la table, voici le rond vert", récolte un "NON" bien senti, veut le forcer, et paf, toute la tension accumulée part dans une colère en bonne et due forme. Éruption pour laquelle je suis consciente de notre part de responsabilité. Mais bonjour les cris dans la cuisine !
"Tu es en colère, mais crier c'est hors de la cuisine. Tu as besoin d'aller te calmer, veux-tu que je t'accompagne dans ta chambre ?"
Refus & cris.
Je sors F. de la cuisine et, une fois dans un coin plus sombre de l'entrée, le prends dans mes bras pendant qu'il hurle. Je reflète ses sentiments, lui caresse la tête, le dos, en le maintenant, puis fais virer ma manière de le maintenir en mode guilis. 
Que je les aime celles-là ! Ça finit en câlin.
Nous revenons à la cuisine, et je décris
"Oh, tiens, c'est encore mouillé"
F. attrape le rond vert, fin de l'histoire.

Vendredi:
F. s'est amusé, comme souvent, à placer le doudou de sa sœur hors de portée des petits bras de celle-ci. 
E. geint.
Description du problème avec option traduction des sentiments:
"Ah, il y a un problème, cela rend E. triste de ne pas réussir à attraper son lapin. Comment faisons-nous ?"
F. se met sur la pointe des pieds, redescend le lapin et le jette à sa sœur.


Hotline ouverte, comme à l'accoutumée !

vendredi 10 mars 2017

Géographie pour le Bébou, round n°1

Cela fait plusieurs semaines que le Bébou a fait ses premiers pas dans le monde merveilleux de la géographie, et je suis assez épatée de l'enthousiasme avec lequel il y évolue.
Je précise d'ailleurs que j'avais fait les premières présentations en mode "test": n'ayant perçu aucun signe manifeste, je n'avais aucune assurance de tomber là sur une période sensible. C'est une expérience dont je tire la leçon, pour l'avenir, que si certaines périodes sensibles sont inratables, d'autres peuvent passer inaperçues, ou être détectées / révélées (provoquées ?) par une proposition au petit bonheur la chance.

Voici donc un court billet retraçant ce que nous avons fait jusqu'à présent, et répertoriant les ressources qui nous ont été utiles.

Méthodologie retenue : Montessori

Matériel : 

  • Globes rugueux et de couleur
  • Puzzle du planisphère 
Achetés chez Absorbent Minds.
Je suis très satisfaite des globes.
En revanche concernant le puzzle du planisphère je trouve la forme de l'Europe, notamment, pas très réussie : aplatie, elle est plus difficilement reconnaissable. Par ailleurs en pleine écriture de ce billet (z'ont mal choisi leur timing !), le bouton de préhension du petit bout d'Asie qui se retrouve sur la partie gauche du planisphère s'est désolidarisé dudit petit bout d'Asie. Relou ! Et compliqué à recoller, en plus.
A noter, chez Absorbent Minds j'ai pris, pour tous les puzzles de géographie, la version petit format.

J'ai complété ensuite en pillant allègrement les ressources mises à disposition par deux chouettes blogueuses, Aurore des Montessouris, et une autre Gwen (gage de qualité, évidemment!) des Crapouillotages.
  • cartes de nomenclature des continents, une version couleurs Montessori, une version photo satellite & cartes de nomenclature des océans : chez Gwen 
  • coloriage du planisphère, dans un autre de ses billets  
  • coloriages des continents: chez Aurore 
  • drapeaux des continents: même billet !
C'est ultra précieux, un grand, grand merci à elles !!


Tout cela, chez nous, a donné la progression suivante:

  • 1. Présentation du globe rugueux 
    • Pour mes présentations de matériel Montessori, je m'inspire généralement des explications des sites albummontessori et lasemainemontessori; en l'occurrence, c'est chez le premier que je suis allée chercher.
    • J'ai enrichi en m'inspirant largement des suggestions brillantes lues chez Aurore: F. s'est notamment montré très intéressé par le fait de faire voyager un poisson (imaginaire car je n'en avais pas, mais notre doigt a très bien fait le poisson) d'un bout à l'autre du globe, et moi j'ai admiré la minutie avec laquelle il passait les détroits et contournait les îles.

  • 2. Présentation du globe de couleur
    • Plusieurs leçons à trois temps pour introduire les noms des 7 continents, et un F. ravi de découvrir l'Europe !
    • Il a ensuite fait de lui-même le lien entre globe rugueux et globe des continents, en cherchant à reconnaître sur le premier les formes du second.

  • 3. Présentation du puzzle des continents : gros succès ! Là encore, de lui-même il fait très souvent le lien entre puzzle et globe, en cherchant sur le globe le continent qu'il était en train de placer.
 
  • 4. Introduction  des cartes de nomenclature version couleurs Montessori. Au départ F. s'est monté assez réticent à les utiliser; j'ai pu débloquer les choses en le faisant sous forme de jeu et en me collant à la tâche (je lui montre une carte, il trouve le continent et le nomme, puis on inverse : il me montre une carte, je cherche le continent et le nomme).

  • 5. Coloriage du planisphère : gros succès ! 
    • F. n'est pas un amoureux du coloriage, et s'en lasse assez vite, mais à chaque séance il sort le coloriage en cours et l'avance un peu. Cette activité a vraiment contribué à sa maîtrise des termes.
    • Une fois son premier planisphère terminé, il m'a surprise en voulant de lui-même le découper : ses premiers découpages en rond, et franchement bien réussis ! Cela pour aller ensuite le coller sur notre porte d'entrée... et en commencer d'office un deuxième.
 
  • 6. Introduction des cartes de nomenclature photos. Là aussi, F. les a refusées pendant plusieurs séances, j'ai laissé couler, puis j'ai repris en commençant par celle de l'Afrique (continent qu'il apprécie particulièrement), et en lui faisant remarquer les différences de couleur visibles. Il était en effet tout étonné que ce continent "vert" (en code couleur Montessori), ne le soit pas entièrement sur la photo ! La notion de désert l'a visiblement frappé, et nous avons ensuite passé en revue chacun des autres continents pour en expliquer les différences de couleur. Depuis, nous jouons à les mettre en paire avec celles des couleurs Montessori.

Voilà où j'en suis pour le moment, il me reste les petits drapeaux à utiliser (et à fabriquer... je n'ai pas encore trouvé la pâte pour les pieds !), les coloriages des continents (je pense aussi les utiliser en poinçonnage comme suggéré par leur créatrice), et les cartes de nomenclature des océans à introduire. Concernant ces dernières, je ne sais trop comment faire, pour un enfant non-lecteur...

Inspirée par la manière dont la comptine trouvée pour les jours de la semaine a favorisé leur apprentissage pour F. (et pour E. ! elle la chante volontiers et utilise volontiers certains des noms... à tort et à travers bien entendu, mais que c'est chou), j'ai fouiné sur le web, à la recherche de quelque chose d'analogue qui reprendrait les noms des continents.
Et j'ai trouvé celle-ci
Sur le dos d'une antilope
Je fais le tour de l'Afrique
Sur le dos d'une bourrique
Je fais le tour de l'Europe
À dos de yack qui galope
Le tour de l'immense Asie
Sur le dos d'un poisson-scie
Le tour de l'Océanie.
Sur la vigogne au poil doux
Le tour des deux Amérique
Dans ta poche, ô kangourou,
Je traverse l'Australie.
Très mignonne, j'adhère à fond au fait de faire correspondre un animal à chaque continent, mais.. pourquoi, pourquoi, POURQUOI faire une erreur monumentale dedans ? Parmi les 6 continents énumérés, on se retrouve avec l'Australie et l'Océanie (les deux Amériques sont évoquées ensemble).
Scrogneugneu.
Du coup, pas de comptine. Mais zut !

F. est en tous cas passionné par ce thème, malgré quelques écueils sur le chemin : ainsi, il a pu se montrer réticent à 
  • faire les choses correctement (ex: colorier le coloriage en respectant le code couleur - alors que maintenant quand il voit un planisphère ailleurs, il s'insurge de ce que ledit code couleur n'est pas respecté...), 
  • prendre la peine de nommer les continents 
    • j'ai eu recours à la ruse en faisant intentionnellement des erreurs... 
    • et par ailleurs, j'ai abondamment commenté ce qu'il faisait en nommant moi-même les continents qu'il manipulait, de telle manière qu'il se familiarise ainsi encore davantage avec les noms, car j'avais bien identifié que plus il craignait de se tromper, plus il rechignait à en prendre le risque : l'Europe était ainsi le nom qu'il sortait le plus volontiers, alors qu'il bloquait totalement sur l'Asie.
  • s'intéresser à un nouveau matériel (les cartes),
mais cela n'empêche pas que presque chacune de nos séances IEF, depuis 5 ou 6 semaines, le voit se diriger en tout premier vers le matériel de géographie, et y passer un bon quart d'heure à minima. Tout récemment, c'est la totalité de la séance (une heure), qui y a été consacrée.
Encore quelques progrès de prononciation à faire pour maîtriser certains noms complexes ("Arémique du Nord, Arémique du Sud" ;-)... et Antarctique qu'il a prononcé parfaitement du premier coup, mais qui l'intimide à présent...

Le Bébou louche à présent sur une carte de l'Europe imprimée au dos d'un classeur de son père, et a retenu très vite le nom et l'emplacement du pays d'où provenaient nos derniers visiteurs... Là encore, il va falloir que je gère le timing, je trouve assez compliqué de savoir à quel rythme présenter de nouvelles choses, entre les fois où je suis trop lente et le laisse sombrer dans l'ennui, et les fois où du coup nous ne profitons pas assez d'une chose avant de passer à la suivante...

L'IEF, tout un apprentissage ;-)