dimanche 23 avril 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #11

Toujours vivante !
Toujours avec cette impression de "moins bien qu'avant quand même", une nostalgie d'une sorte de paradis perdu... 
Ce qui est intéressant, en revanche, c'est que Monsieur Bout ne partage pas ce sentiment. Lui ressent que c'est peut-être un poil moins bien que de janvier à mars, mais point du tout dans les proportions que je perçois, moi. Il est plutôt content !


Samedi:
??
Nous avons eu du monde... fait des trucs... et j'ai surtout prudemment laissé le père et le fils se débrouiller l'un avec l'autre.


Dimanche:
La miss E. commence à quitter la chambre d'enfants, poussant devant elle (à grand bruit) le gros cube d'activités en bois. Rapide comme l'éclair malgré le poids du machin, elle a déjà disparu de mon champ de vision quand je l'interpelle
« E., le cube reste dans la chambre ! »
Stop de la Bébounette.
Je répète la même phrase, mot pour mot.
Retour de Sisyphe la Bébounette, poussant son rocher cube devant elle jusqu'à ce que celui-ci ait repris sa place sur le tapis.


Lundi:
En milieu de matinée, E. attrape la poussette de poupée et part en expédition à travers l'appartement.
F. intervient alors de manière très F&M: description du problème, rappel de la règle.
"Regarde, E., il est pas 9h, y a un 1 sur l'horloge, tu vois ? C'est après 9h la poussette."
(bon, il avait juste oublié que 10h, c'est après 9h...).
Je kiffe toujours ces moments de mimétisme ! (bien davantage que ceux où le même mimétisme me renvoie mes propres insuffisances...)


Mardi:
Mise en pyjama du Bébou.
Sur mes genoux, il est occupé à tout, sauf à se déshabiller.
Soucieuse de ne pas troubler le calme de ce moment par une irritation que je sens monter, je lui dis
"je vais ranger la cuisine, je reviens quand tu es prêt", et me lève en le déposant doucement sur le tapis.
F. s'attaque enfin à son pull.


Mercredi:
Un F. agité au dîner, frappe sa cuiller sur la vaisselle, gigote, pousse des petits cris.
Je recadre, je rappelle les règles, j'exprime mes sentiments, je... ne suis plus très loin de m'énerver.
Je pose ma main sur la main de F., tout doucement, sans rien dire. Il me regarde, je lui rends son regard et lui dis  
"Peut-être que ça va mieux comme ça ?".
F. laisse sa main quelques instants puis la retire, pour manger tranquillement.
La reconnexion à la Jane Nelsen vous salue !


Jeudi:
Au dîner, F; s'agite et finit par demander de l'aide pour terminer de manger son assiette. Monsieur Bout se saisit de la cuiller
"Nan c'est Maman qui fait.
- Comme je suis encore en train de manger mon assiette j'aimerais que ce soit Papa.
Nan c'est Maman.
- Je sais mon F., mais là j'aimerais que ce soit Papa."
et zou, une bouchée pour Papa ;-)


Vendredi:
Ô verre ! Suspends ton vol...
En plein petit-déjeuner, un geste maladroit de la Bébounette précipite son bol de porridge sur le carrelage. Pendant que je ramasse joyeusement les morceaux, F. saisit son verre, le tient au-dessus du vide et annonce
"Je casse aussi!"
Je me tais pendant quelques secondes, puis, le plus absorbée possible dans mon opération de ramassage-nettoyage, je questionne
"Est-ce une bonne idée ?"
Je continue à m'affairer et F. repose son verre sur la table.



Aaaallez, on continue ! Car venir noter cela, cela m'aide vraiment à m'accrocher !!

La hotline est ouverte...
D'ailleurs, hop, je m'en sers :
si vous avez des idées lumineuses pour que, durant les repas F. arrête de frapper sa cuiller sur la vaisselle, la table et tout ce qu'il peut atteindre, malgré
  • "les cuillers sont faites pour manger", 
  • "quand on tape avec la cuiller je prends la cuiller, ça veut dire que tu n'as pas faim" (là il stoppe ... 2 secondes), 
  • "ça me fait mal aux oreilles quand..."
  • mise à disposition de la batterie de cuisine pour faire de la batterie à d'autres moments,... 
Je sature un peu !
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vendredi 21 avril 2017

Premiers jours en collectivité ! F. au jardin d'enfants.

Il y a des jours où habiter Strasbourg m'énerve un peu : notamment en ce moment, quand nous retravaillons notre budget à la baisse, et que nous jouons (ouais ! super jeu !!) avec l'idée de quitter notre cher appartement. Car cher à plus d'un titre.
Il y en a (zut, ce sont les mêmes), où les possibilités offertes par cette chouette ville me remplissent d'un enthousiasme sans nom.

Ville-frontière, Strasbourg permet de réunir le meilleur de deux mondes.
Et notamment, abrite un des seuls jardins d'enfants franco-allemands de France.
  • Jardin d'enfants qui, incidemment, est situé à exactement 5 minutes à pieds du cher logement susmentionné.
  • Jardin d'enfants dont nous avions de plus en plus souvent entendu parler ces derniers temps, plusieurs des parents rencontrés au parc y ayant placé leur progéniture. Et entendu parler en bien.
  • Jardin d'enfants dont j'avais pu examiner un peu l'ambiance, puisque il arrive que les éducateurs sortent tout le monde, en fin de matinée, en même temps que notre créneau "parc" du matin
  • Jardin d'enfants qui accueille les enfants de 2 à 4 ans, en temps scolaire... mais se mue également en centre de loisirs, pour les 2 à 6 ans, les mercredis après-midi ainsi que les vacances scolaires.

Alors voilà, à la faveur des vacances de Pâques, qui se terminent en Alsace, F. vient de passer les trois premiers jours de sa vie en collectivité.
Mais alors quelle collectivité...
  • le principe du jardin d'enfants, qui en Allemagne accueille les enfants jusqu'à 6 ans (voire 7 selon les endroits, le développement de l'enfant, les envies des parents), est de proposer (tout le monde ne va pas au "Kindergarten", certains enfants ne feront connaissance avec la collectivité que lors de leur "vraie" rentrée à l'école, à 6-7 ans donc) un lieu d'accueil collectif, en petits groupes, où il s'agit avant tout de jouer, chanter, de manière assez libre : on est loin de la course à la transmission de savoirs académiques !
  • en l’occurrence, "notre" jardin d'enfants est habilité pour accueillir 36 enfants, pour 3 éducateurs, mais dans les faits, s'efforce de ne pas aller au-delà de 24 enfants. 
    • Un taux d'encadrement de 1 pour 8... on est loin de la petite trentaine d'enfants que doit gérer une instit' de maternelle aidée de sa moitié d'ATSEM! F. ne s'y est pas trompé, qui, se posant des questions ces derniers temps sur le fonctionnement d'une école, voulait savoir si "la maîtresse, elle fait des câlins ?"; ce à quoi j'avais répondu que "pas souvent, car y a beaucoup d'enfants, c'est compliqué d'en faire à tous". Là, il a posé la même question "ici, on peut faire des câlins ?" et était bien content de s'entendre répondre par l'affirmative. 
    • Du reste, la deuxième semaine de Pâques étant une période visiblement assez creuse, les 3 éducateurs étaient en charge de 16 enfants lors des premiers jours de F. ! Des conditions de disponibilité vraiment idéales pour l'acclimatation.
  • un appartement d'une centaine de m² au rez de chaussée d'une maison, 
    • avec un jardin de bonne taille, un tas de jeux partout... (beaucoup de bois, beaucoup de jeux simples de construction, d'imagination, ou créatifs).  
    • Une ambiance où  l'on remarque de solides inspirations Montessori; j'ai su que F. allait s'y plaire quand, lors de la visite, constatant l'intérêt de F. pour les systèmes de fermeture des portes et des volets, l'éducateur nous dit "ah, nous avons une planche spéciale, je vais lui montrer, il va adorer". J'ai failli répliquer "oh, oui, nous avons la même à la maison", pensant à la planche Melissa & Dough. Heureusement que je me suis tue: F. est restée bouche bée devant un imposant tableau en bois, fait-maison, couvert de systèmes de fermeture assez complexes...
  • des éducateurs zen, affectueux, soucieux de chaque enfant
    • réalisant que F. n'avait jamais été en collectivité, ils ont spontanément cherché à aménager une mini-période d'adaptation pour faciliter la transition; 
    • quand j'ai anticipé un peu en m'enquérant du moment où la Bébounette pourrait également venir, ils ont freiné en disant "oh, elle est petite, pour eux c'est quand même plus adapté d'attendre quelques mois de plus"
    • quand, lors de la visite de prise de contact je me suis enquise de la manière dont ils faisaient respecter les règles, la réponse fut sans hésitation : pas de punition. Ils pratiquent le "viens t'asseoir pour te calmer". Comme le souligne Jane Nelsen ce time-out est un outil à double tranchant (temps de pause pour la reconnexion, ou mise au coin ?) et je ne sais pas exactement comment il est utilisé, mais quoi qu'il en soit je pense que cela constitue déjà une base plutôt proche de nos convictions éducatives.
  • une structure familiale à plus d'un titre :  le jardin d'enfants implique les parents (prise en charge de l'administration, une lessive à faire par mois, etc), cela s'en ressent même au niveau du centre de loisirs : il n'y pas de sensation d'anonymat, tout le monde se connaît, tout le monde donne un coup de main; j'ai senti cette ambiance détendue, en mode cocon, dès le premier matin où j'ai déposé F. et cela m'a permis de le faire avec une grande sérénité !
  • une structure vraiment franco-allemande
    • la moitié des éducateurs sont de langue maternelle allemande, l'autre moitié de langue maternelle française, chacun parlant sa propre langue à l'enfant (sauf grosse incompréhension) ; 
    • les enfants sont quant à eux, d'origines mixtes : couples allemands, couples binationaux, couples français. Ça joue et ça rigole indifféremment dans les deux langues !
    • Pour un F. qui rechigne depuis des semaines à utiliser ce qu'il connaît d'allemand, un tel environnement nous semble constituer un contexte incitatif intéressant...
  • Disons-le aussi : le coût ! Évidemment, désavantage par rapport à l'école: c'est payant là où l'école est gratuite. Mais pour moi qui compare avec le prix de la garde à domicile... payer 24€ la journée de 10h, somme dont je récupérerai encore la moitié par le biais des impôts, ce n'est pas désagréable.


Il s'agissait de la première confrontation de F. à la vie en collectivité

J'étais un peu anxieuse quant à la manière dont se passerait la séparation .

Je n'ai pas encore tu le temps de venir vous parler de l'activité extra scolaire de F cette année et de la manière dont celle ci m'a déjà permis de vérifier qu'il était possible d'accompagner mon enfant sur le chemin d'une séparation en douceur et en confiance.
Ici, il y avait un gros pas de plus à faire: après une visite des lieux avec lui, puis, la semaine suivante, une fin d'après-midi passée la bas à jouer en ma présence, hop, il fallait enchaîner sur une première journée, complète, avec repas et sieste en collectivité . Ceci dans un contexte pas évident car les tensions actuelles avec F. avaient compliqué les séparations ces derniers temps, que ce soit avec des baby-sitters, notre nounou, ou lors d'ateliers chez Alexandra.
  • F. avait beaucoup aimé ses premiers moments là-bas donc nous en avons parlé tous les jours, il à régulièrement demandé si j'allais rester et j'ai toujours répondu que je resterais un peu puis que je partirais, qu'il jouerait, mangerait et ferait la sieste puis que je reviendrais le chercher le soir. À ses "mais je veux pas que tu partes" j'ai inlassablement réagi en accueillant et reflétant ses sentiments puis ajouté " je resterai un peu puis je partirai mais je reviendrai car les mamans ça revient toujours".
  • Nous avons préparé son sac ensemble, la veille, et F. était tout heureux d'avoir le droit d'emmener son Mouton (j'ai comme politique que Mouton ne sort jamais de l'appartement, sauf quand nous partons en voyage / qu'un dodo hors de chez nous est prévu).
  • Arrivés là-bas, je l'ai aidé à se déchausser, il a filé jouer avec d'autres enfants pendant que je restais assise dans la petite entrée, et ai revenu régulièrement vérifier que j'étais là "tu restes encore?"; je suis restée ainsi une vingtaine de minutes, le temps qu'il voie d'autres parents arriver, déposer leurs enfants et repartir, et j'ai dit que j'allais faire pareil, et partir. Quelques gros câlins, et c'était fait. Sans une larme. L’éducateur lui a proposé de venir me faire coucou par la fenêtre qui donnait sur la rue, mais ça ne l'a pas intéressé. 
  • Le deuxième jour je suis restée moins longtemps le matin, et F. a dit "je peux pleurer si je veux, mais je n'aurai pas envie"; et le troisième jour je suis restée juste ce qu'il fallait.
Il a dormi et mangé parfaitement, et chaque jour a attendu avec impatience le moment de retrouver ses petits copains.


C'était aussi l'occasion d'avoir des retours de personnes extérieures l'ayant observé sur une durée assez longue
  • les éducateurs eux-mêmes ont été surpris de sa sérénité, et de la manière dont il a pris sa place dans le groupe, allant vers les autres, ne restant pas à l'écart, trouvant une place dans les jeux : sur ce point-là, ils ont dit "on ne dirait pas qu'il n'a jamais été en collectivité, on voit qu'il est très sociable!"
  • ils ont en revanche été impressionnés par la masse de questions qu'il a posées sur les 3 jours: F. s'est notamment fait expliquer toutes les règles de la vie en collectivité... y compris celles qui semblent tellement naturelles aux autres que les éducateurs n'auraient pas pensé à les énoncer : "et pourquoi je peux pas me lever quand j'ai fini de manger ?' "et pourquoi la dame elle reste dans la pièce pendant qu'on dort ? Chez ma maman, je dors tout seul !" "et pourquoi tout le monde doit sortir au jardin en même temps ?"...


Bilan de ces trois jours:
c'était chouette!
Pour tout le monde: 
  • F. a adoré, il y allait littéralement en courant tous les matins: trottinant à mes côtés tout le long du trajet
  • Moi j'ai à la fois apprécié ces quelques jours de "distance ", respiration bienvenue en cette période plus tendue,
  • Profité de ces jours avec juste un enfant à gérer pour faire plein de trucs et notamment cocher tous les jours la case ménage ET la case désencombrement de ma routine Flylady
  • et savouré également ce temps passé avec la seule Bébounette : Un temps privilégié pour toutes les deux.


Ah là là, franchement, quand une des éducatrices allemandes m'a dit qu'avant, ils faisaient jardin d'enfants jusqu'à 6 ans, j'ai eu un petit pincement de regret ! F. apprécie énormément le contact d'autres enfants et j'ai beau faire beaucoup  à ce sujet, je perçois qu'il serait en demande de plus.
Nous nous bornerons à profiter de notre chance d'avoir une structure de cette qualité à disposition pour y envoyer F. une semaine à chaque période de vacances scolaires. Il a déjà hâte d'être cet été !


mercredi 19 avril 2017

Lettres rugueuses pas faites maison : le coffret de Balthazar

La semaine dernière, après avoir admis l'échec cuisant de ma tentative de production-maison de lettres et chiffres rugueux, j'ai profité d'un déj en ville avec Alexandra pour rentrer dans une librairie et choisir avec elle un coffret de lettres rugueuses.
  • avantage de la vogue Montessori : l'offre s'est bien développée, on a le choix ! Nous avons trituré 3 ou 4 coffrets.
  • inconvénient de la vogue Montessori : tout ne se vaut pas, dans ce qui est estampillé Montessori on trouve des propositions parfois bien éloignées du standard montessorien : supports de dimensions trop petites, police inadaptée, code couleur pas respecté,... (j'ai, à ce niveau, été déçue de la collection visée par Sylvie d'Esclaibes).

Notre choix s'est finalement porté sur "le coffret Montessori des lettres rugueuses de Balthazar".

Marie-Hélène, dont les blogs constituent une mine d'informations très précieuse, y a participé, et cela se voit !

J'ai apprécié :
  • dimensions des lettres : sur des plaquettes rectangulaires de 15 X 18 cm
  • support agréable à manier ! En carton suffisamment épais, surface bien lisse et coins arrondis; 
    • cela m'a permis de réaliser que j'aurais pu, peut-être, éviter mon lamentable résultat de production maison si je n'avais pas absolument cherché à copier ce que j'avais vu sur des blogs et fabriquer mes lettres rugueuses sur du contreplaqué. 
    • Du carton fin de couleur (type Canson), passé à la plastifieuse, aurait peut-être tout à fait pu faire l'affaire, et la plastifieuse, eh bien ça au moins je maîtrise ! D'autant que pour une utilisation-maison, on peut tout à fait se satisfaire d'un support un poil moins résistant que pour une utilisation en classe. Scoop : je n'ai pas prévu d'avoir 30 enfants. Oui je sais, je suis une petite joueuse.
  • les lettres elles-mêmes sont en toile de jute (comme dans les livres de la collection Balthazar): c'est très agréable au toucher ! (d'ailleurs, j'ai investi, après coup, dans les phonèmes rugueux de Balthazar et été déçue de constater qu'ils n'ont pas repris exactement le même système: la toile de jute y est remplacée par une surface rugueuse pailletée. Peut-être parce que les caractères sont plus fins ?)
  • indications de tracés : des petites flèches constituent une aide au tracé correct des lettres; c'est encore un point sur lequel ce coffret se trouve bien supérieur à ce que j'étais en train de tenter de produire de mes mains. F. aurait facilement tendance à vouloir déterminer par lui-même le sens dans lequel il suit des lettres, l'incitation à suivre ces petites flèches a bien plus de force que mes instructions...
  • couleurs : c'est bleu et rose, assez layette mais cela ne me gêne pas (ni F., à ce qu'il semble)
    • je préfère des couleurs douces à des couleurs plus criardes, 
    • et dans tous les cas ce coffret permet de garder la correspondance avec les codes couleur des alphabets mobiles (bleu / rouge; d'autant que, moi-même, je voulais les consonnes en bleu, les voyelles en rouge, donc tout va bien pour moi!)
  • le coffret contient également une série de petites cartes avec un dessin par lettre, reprenant la plupart du temps l'univers de Balthazar; bien entendu, on peut faire cela soi-même, mais les cartes sont jolies, plus solides (car plus épaisses) que ce que j'aurais pu produire avec ma plastifieuse, et F. les apprécie beaucoup.
  • le petit livret d'explications est très bien fait.

J'ai moins apprécié
  • certains des mots choisis sur les petites cartes : le "e" notamment, est représenté par une pièce de un euro, pour un enfant de l'âge de F. c'est encore trop abstrait. Mais il est amusant de constater que trouver un mot "valable" commençant par "e" constitue visiblement une difficulté pour plus d'un éditeur : j'ai lu, au sujet d'un autre coffret que celui que nous avons choisi, le même reproche car le mot choisi par cet éditeur était "Europe"... ce qui n'aurait pas posé problème à mon F., pour qui le puzzle des continents n'a plus de secrets. Comme quoi, selon l'enfant, la solution optimale n'est pas toujours forcément la même !
  • la police n'est pas tout à fait une police "Dumont" : le "e", notamment... et si je décidais de passer ces lettres au crible des critères définis par ce très instructif billet du blog Montessori mais pas que, je pourrais probablement trouver encore à redire.

Moralité, 
  • F. travaille très volontiers avec ce nouveau matériel, et j'en suis ravie !
  • Je regrette l'absence d'un coffret similaire pour les chiffres...
  • et j'attends patiemment (ou pas du tout patiemment) la sortie de notre futur alphabet mobile en bois, estampillé Dumont, en pré-commande chez Au Bois des Lettres.

(je n'ai pas mis 36 photos, mais si cela manque à certaines d'entre vous, qui auraient le souhait de "voir" davantage, 
dites-le moi en commentaire et je complèterai le billet de quelques clichés supplémentaires)

lundi 17 avril 2017

J'ai fait mes lettres rugueuses moi-même (quoique)

J'ai annoncé la couleur dès le début de ce blog: je ne suis guère bricoleuse.

C'est pourquoi j'ai davantage fait fonctionner la carte bleue que la scie circulaire pour constituer mon stock de matériel Montessori.

Néanmoins je me suis aventurée à produire quelques petites choses par moi-même
  • les boîtes à sons - un flop total, du reste: F. ne s'y est jamais intéressé. J'aurais facilement pu imputer cela a leur fabrication maison, résultat moins sensoriel, machin, mais récemment causer avec une bonne copine m'a permis d'apprendre avec un zeste de soulagement que son fils se montrait tout aussi imperméable aux attraits des boîtes à sons irréprochables dans lesquelles elle avait investi. C'est toujours une consolation.
  • Plus tard, j'ai fabriqué, toute seule comme une grande, les planches et tablettes rugueuses. Tout s'est bien passé hormis que j'ai du m'y reprendre à deux fois pour la tablette numéro 1: une bête erreur de mesure rendait mon carré de papier de verre ridiculement petit; et puis j'avais eu la main lourde sur la colle liquide ce qui laissait entrevoir des tâches foncées assez inesthétiques. Mais bon, hein, globalement j'avais produit un truc correct qui fit son office.
  • et puis, depuis que j'ai ma plastifieuse, plein de choses avec; mais c'est autre chose.

Défi suivant: chiffres et lettres rugueux.
Hum.
  • Pas équipée en scie et consorts? Sachez que la plupart des magasins de bricolages proposent en fait la découpe du contreplaqué sans qu'il soit nécessaire de payer un supplément. On donne ses dimensions (attention, il peut y avoir des limitations: ainsi, le Weldom où je me suis fournie ne coupait rien en dessous de 15 cm), on fait un petit tour dans le magasin, et on revient chercher son matos. J'en ai donc profité et suis repartie avec mes planchettes découpées aux bonnes dimensions.
  • Peinture : achetée chez dixdoigts, et il fallu la lecture d'un billet de blog pour que j'aie l'idée d'y associer F. pour quelques ateliers peinture très appréciés.
  • Papier de verre: acheté en magasin de bricolage, et une bonne copine étant l'heureuse détentrice d'une espèce d'imprimante qui découpe, elle m'a proposé de me faire la prédécoupe des caractères, charge à moi de financer la lame que la découpe du papier de verre allait mettre à mal.


Résultat ?

Mochissime.

  • Sans doute aurais je du entièrement reponcer mes tablettes de contreplaqué.
  • Probablement mon papier de verre est-il à trop gros grain.
  • Peut-être aurais-je du appliquer une sous-couche ou je ne sais quoi sous les deux couches de peinture pour un rendu homogène
Toujours est-il que mes chiffres rugueux (les premiers à être terminés puisque correspondant davantage aux centres d'intérêt de F.) n'ont pas du tout intéressé le Bébou et que je les ai prestement escamotés.
Regardons les choses en face : il est logique qu'il les boude, moi non plus je n'ai aucune envie de les manipuler ! Le rendu est grossier, désagréable, bref, bonjour l'expérience sensorielle de la mort.

Ceci alors que globalement les étapes susmentionnées se sont étalées sur 3 mois...
(dommage collatéral: sur toute cette période, un encombrement fort peu Flyladyesque de ma table de salle à manger, puis du bureau de notre chambre, par des plaques de contreplaquées et des pots de peinture.)


Aussi ai-je, en début de semaine dernière, pris une décision radicale: profitant d'un déj en ville avec Alexandra, je suis rentrée dans une librairie y choisir avec elle (= bénéficier de son regard) un coffret de lettres rugueuses.
Je détaillerai mon avis sur ce que j'ai finalement rapporté à la maison dans un prochain billet, mais sachez déjà que j'ai bien regretté de ne pas avoir cédé aux sirènes du commerce plus tôt.
Le résultat 
  • est incomparablement plus soigné (surprise), 
  • a bien davantage plu à F. (ben tiens), 
  • a pu lui être présenté rapidement (alors que je n'avais toujours pas terminé mes lettres), 
  • et ... ne m'a au final pas coûté bien plus cher que ce que j'ai investi dans la fabrication de mes lettres rugueuses 
    • contreplaqué + peinture + lame de la chantourneuse + papier de verre; OK, pour quelqu'un qui découpe péniblement à la main dans le papier de verre, l'économie peut être un peu plus claire, mais tout de même;
    • en revanche, si on prend en compte le fait que le coffret des phonèmes de la même collection coûte encore une fois cette somme, alors l'économie réalisée grâce à une production maison devient elle aussi plus substantielle. Pour quelqu'un qui, encore une fois, sait produire un résultat potable. Pas pour moi...
Moralité : j'ai un lot de lettres rugueuses pré-découpées dans leur papier de verre et prêtes à être collées qui ne me servira pas. 
Conçues pour aller sur des tablettes de 15 X 20 cm (hormis le "f", 15 X 25 cm). 
Si l'une d'entre vous pense que ça peut lui être utile, je les lui envoie pour 5€ FDP compris.

J'avoue que cette expérience m'a un peu échaudée: décidément, avant de me lancer dans un bricolage, il faut que je prenne vraiment le temps d'en évaluer la complexité ainsi que mes chances de m'en sortir, dans un temps raisonnable, avec un résultat correct.
Certes, je fais des progrès, je développe mes capacités à faire certaines choses par moi-même, mais je dois aussi rester réaliste : mon point fort n'est PAS les travaux manuels. Dans la catégorie "j'innove et je fais-maison", mon pain est ainsi, heureusement, bien plus réussi que ces lettres rugueuses à la noix.

samedi 15 avril 2017

Une Semaine en Parentalité Positive #10

Allez, nous voici de retour!
Semaine cahin-caha, en mode prudente, où je prends garde d'apprécier chaque réussite, et m'efforce de prendre chaque revers de fortune avec philosophie...

Samedi:
Alors que je mets la dernière main à la préparation du dîner, F. s'agite dans la cuisine, touche à tout, et semble prêt à saisir la moindre opportunité de "bêtise"... Je le neutralise en lui confiant une mission:
"F., il me faudrait des couverts pour toi et E. s'il-te-plaît".
Hop, il file choisir leurs couverts, et vient ensuite s'asseoir sur sa chaise en attendant que je remplisse leurs assiettes.

Dimanche:
Nous allons au parc en passant par la montée du garage. Montée du garage fichtrement raide, et d'autant plus difficile à gravir pour F. que cette fois-ci, non seulement il est juché sur sa draisienne, mais l'une de ses mains tient précieusement la boîte de grosses craies que nous sommes sur le point d'étrenner.
"J'arrive pas !
- Oui, c'est difficile !
Moi j'arrive à monter!"

 Écouter le sentiment de difficulté, et non résoudre la difficulté...

Lundi:
Pendant que je prépare à dîner dans la cuisine, F. et E. s'en donnent à cœur joie dans le salon (dessiner sur la table, agiter les lampes, taper sur les murs, ...). Monsieur Bout est attendu incessamment sous peu, mais d'ici l'arrivée de la cavalerie il n'est pas improbable que j'aie incorporé du hachis de Bébou au menu.
"Est-ce que vous arrivez à jouer calmement tout seuls ou pas ?
- Non ! répond F.
Dans ce cas je ne peux pas cuisiner.
- Je vais faire des autocollants alors."

Mardi:
Nous rentrons de sortie avant le dîner, j'aimerais profiter de ce temps pour préparer ledit dîner au calme mais aussi faire un peu de ménage, ranger une lessive, et mille autres choses passionnantes.
Mais F. est agité, et ne semble intéressé que par ce qui peut causer problème : trifouiller mes affaires, embêter sa sœur, éparpiller des bouts de papier...
Je décris des problèmes, je donne des choix, je formule des questions de curiosité.
Je suggère à deux reprises un petit film en allemand, espérant obtenir ainsi le calme convoité, mais F. ne l'entend pas de cette oreille.
Puis j'abandonne l'affaire : un SMS m'informe que Monsieur Bout est en route, alors je décide que dîner, ménage et compagnie attendront : j'attrape F., le cale sur mes genoux, et lui lis 3 livres d'affilée.
Quand nous nous lassons tous les deux, et que l'agitation reprend, je reconnais que décidément, c'est de contact et de calme qu'il a besoin, et me vient l'idée de jouer mon ultime va-tout : je lui propose de filer dans le Mei Tai.
Et c'est donc avec un F. lové contre mon dos et ainsi neutralisé, que je peux enfin découper mes aubergines.

Mercredi:
Au parc, après une matinée difficile. Il est temps de rentrer.
"F., je vois que tu t'amuses. Mais c'est l'heure de rentrer.
- Noooon.
Je vais chercher E., ta draisienne est près du portillon.
- Nooooon.
J'avance et tu me rejoins."
Je ne rajoute pas un mot, tourne les talons, et avant même que j'aie franchi le portillon, F. est à côté de moi, draisienne à la main. Ouf.

Jeudi:
Journée passée loin des enfants, F. commence les bêtises peu avant mon retour et les enchaîne soigneusement ensuite.
Le coucher se passe donc mal et je finis par me retrouver avec un F. hurlant sans discontinuer, je le prends dans mes bras. Il se débat, réclame de l'eau mais refuse d'en boire la moindre goutte.
Je le maintiens alors, après quelques minutes ses cris perdent de leur intensité. Il recommence alors à réclamer de l'eau, mais persiste à refuser le gobelet que je lui propose. Je demande donc:
"Et Mimi [son mouton], a-t-il soif ?
... Oui !"
Nous faisons boire Mimi, lequel se met à nous sauter dessus, à se cacher sous nos jambes, à frotter son museau, à la propreté douteuse, contre nos nez, bref, fait le fou.
Je propose ensuite à F. de le recoucher, je lui remets sa couverture, lui caresse le visage encore quelques instants, souhaite une bonne nuit à la paire (F. et Mimi), et la nuit peut enfin commencer.

Vendredi:
Pendant les repas, F. a une nette tendance à s'essuyer la bouche, non pas sur sa serviette, mais sur sa manche. C'est encore le cas au dîner. 
Nous rappelons les règles
« la bouche s'essuie sur la serviette »
J'exprime mes sentiments
« je n'aime pas devoir laver du linge en plus »
Mais sans succès.
J'ai bien envie de m'énerver mais allez, un zeste d'humour
Je fais parler la serviette
« hé, je veux essuyer ta bouche, eh, la saleté c'est pour moi, hé ! »
Pendant que Monsieur, lui, fait parler la manche
« beurk, je veux rester propre, eh, la nourriture c'est pas pour moi, sinon je vais devoir aller au sale alors que je suis bien sur ton bras, moi ! »
F. se détend et nourrit sa serviette (en essuyant sa bouche… mais aussi à la cuiller, quelques minutes plus tard. Passons.)



Et vous ? 
Hotline ouverte !

jeudi 13 avril 2017

Riche ! Je suis RIIIIIIICHE !! Immensément riche !!!!

Ça y est !
Le trou de la Sécu notre découvert est comblé !!

Un joli petit virement de la part de mon pote Paul, Popaul, Pôle Emploi de son vrai nom, est arrivé sur notre compte en banque.

Je nage dans l'opulence.

Faute de réussir à transmettre par le biais de Mon Compte Pôle Emploi, l'attestation CAF chèrement acquise, nous avions profité de notre journée en amoureux à Europapark, jeudi dernier, pour faire un petit saut à Pôle Emploi. 
A l'accueil nous étions tombés sur un jeune homme charmant, qui ne s'était pas contenté de réceptionner le fameux papier mais avait alpagué celle de ses collègues qui gère ce genre de choses, laquelle s'était montrée également charmante et tout à fait sensible au fait que quand même, 4 mois sans un euro d'indemnités, ça commençait à durer.
Elle m'avait promis célérité, et a tenu parole: dès le lendemain, Mon Compte Pôle Emploi m'informait qu'un nouveau document avait été traité, et aujourd'hui le Happy End est intervenu.

Bref, l'informatisation des services et des communications, c'est vachement bien : on apprécie doublement l'efficacité des contacts humains, ensuite.

Je vous quitte, je vais aller claquer des sous dans mille frivolités : pêle-mêle, des pneus pour la voiture, la réparation d'une bague que je ne peux plus porter depuis des mois, un passage chez le coiffeur, une commande Absorbent Minds, une commande de perles à compter chez Clotilde...
Comme dit Monsieur Bout : "à t'entendre, tu confirmes tous les clichés sur les chômeurs oisifs qui n'ont rien de mieux à faire que claquer l'argent de la France qui se lève tôt!"

Ben oui.
Puis ensuite je rentrerai dans le cliché de Madame Michu, ménagère de moins de 50 ans, et j'irai me regarder une série niaiseuse.

mardi 11 avril 2017

Un 80% pour Monsieur !?

Le vent du changement souffle sur la famille Bout.
(ouais, le changement, c'est maintenant. 
Comment, en 2017, cette phrasounette est totalement has been
Ooooh ça va, hein, je n'ai qu'une campagne présidentielle de retard!)

Monsieur Bout est un homme merveilleux.
        Si si.
C'est un homme merveilleux qui bosse merveilleusement bien. 
       (bien que trop longtemps à mon goût. Passons) 
C'est donc un homme merveilleux dont la carrière a toujours merveilleusement bien progressé. 
      Or l'avantage d'une carrière et d'un salaire en progression constante, c'est que cela aide à envisager avec une certaine sérénité la diminution voire cessation d'activité de l'autre membre du couple.

Malheureusement, c'est aussi un homme merveilleux qui n'a jamais trouvé son job merveilleux

Jamais.
Je suis bien placée pour le savoir: l'ayant épousé avant même qu'il ne commence à bosser, je l'ai quasiment toujours entendu se plaindre de son boulot. 
Oh, il a trouvé des choses intéressantes. Notamment en début de poste, quand tout est à apprendre. Mais même à ces moments, la question du sens est demeurée.
Et si je fais un ratio entre soirs "Monsieur Bout rentre content de sa journée en particulier et de son job en général" et "Monsieur Bout rentre et exprime longuement sa frustration concernant les deux éléments précités"...
Le ratio n'est pas merveilleux.
    Ni même bon.
           Ni même...
                    Acceptable.

Et cela fait des années que ça dure.
Oh, au départ, nous trouvions d'excellentes raisons à ces frustrations : c'était le début, les premiers jobs, fallait faire ses preuves, une fois qu'il aurait grimpé ce serait plus intéressant. Monsieur Bout a du reste fréquemment évolué, mais le job qui devait suivre est toujours demeuré plus intéressant.
Et les frustrations persistent alors même que le contexte actuel est en lui-même idéal: chouette entreprise, chef avec lequel il s'entend merveilleusement bien, collègues adorables, ambiance bienveillante. Que demande le peuple.

Et ces temps-ci, cette insatisfaction se traduit également par une grande frustration vis-à-vis du temps pris par un autre gros boulot de Monsieur Bout : son boulot en tant que père
C'est que c'est chronophage des Bébous !
Ces petites bêtes ne laissent plus énormément de temps à Monsieur Bout pour faire des trucs qui l'épanouissent personnellement.
Et nous en arrivons à ceci:
Le samedi après-midi, F. se réveille après deux bonnes heures de sieste.
Monsieur Bout lève le nez d'un bouquin sur un sujet qui le passionne vraiment (et qu'il lit donc depuis deux heures) et s'exclame, exaspéré : "Déjà ! Mais on n'a jamais le temps de lire avec des gamins !"

Situation répétée tous les week-ends. Et ce n'est qu'un exemple. 

Monsieur Bout est d'une patience d'ange avec ses enfants, mais à force de piétiner ses propres besoins, la corde s'effiloche.

Aussi ai-je fini par m'en inquiéter, et saisir le taureau par les cornes.
J'ai proposé à Monsieur Bout de passer à 80%.
Réaction du Monsieur
"Hein, quoi ?! Nan, mais, on peut pas se le permettre financièrement."
Réaction de la Gwen
"Oh ben oui, c'est vrai ça. 
Nous investissons de l'argent dans l'épanouissement des enfants : IEF, activités, mode de garde, ... 
Nous investissons de l'argent dans l'épanouissement de la Gwen : pause pro, nounou à domicile, femme de ménage, sorties diverses sur mes moments off,...
Quant à toi, oh ben oui c'est logique, toi t'es juste là pour ramener les sous qui permettent à tout ce petit monde de s'épanouir."

Petit blanc dans la conversation.
Puis j'ai remis 100 balles dans la machine :
"A mes yeux, si tu continues comme ça, c'est soit la dépression, soit le burn-out, soit le pétage de plombs total où tu partiras élever des chèvres dans le Larzac en compagnie de la première blondasse venue. Scénarios qui nous coûteront bien plus cher que toute décision pro que tu pourrais être amené à prendre."

Je vous passe les longues conversations qui ont suivi.

Il en ressort deux choses
  • A court terme : afin de rééquilibrer dès à présent sa vie entre "je fais des choses qui m'épanouissent et me nourrissent" et le reste, Monsieur Bout termine de se faire à l'idée de demander un congé parental à temps partiel (à 80%) à dater du 1er septembre. Son jour off lui permettra de suivre une première année de licence en enseignement à distance, dans un domaine qui le passionne (il ira donc passer cette journée à la Bibliothèque histoire qu'elle ne risque pas d'être phagocytée par les enfants et les exigences de la vie domestique)
  • A moyen terme : Monsieur Bout est sur le point d'entamer un coaching pour réfléchir à une éventuelle réorientation plus ou moins totale de sa vie pro; une réorientation qu'il mettrait ensuite en œuvre d'ici 2, 3, 4 ans... selon ce qu'elle impliquerait.

Ce qui se traduit par des conséquences financières
  • A court terme : nous devons nous préparer à faire avec 20%  en moins sur son salaire, de loin notre plus gros revenu, et à terme, probablement notre seul vrai revenu.
  • A moyen terme : il n'est pas improbable que, d'ici quelques années, son revenu ne baisse encore davantage, ses réflexions actuelles le portant plutôt à envisager des fonctions considérablement moins rémunératrices que celles qu'il occupe actuellement. 
    • (euh, ne lisez pas ce que j'écris en vous imaginant un salaire à 6 chiffres avec voiture de fonction. 
      • Monsieur Bout n'est pas trader. Monsieur Bout n'a pas, comme quelqu'un en vogue ces temps-ci, bossé plusieurs années pour Rothschild. 
      • Mais Monsieur Bout est cadre, dans un poste à responsabilités, dans un grand groupe international du secteur privé; donc statistiquement, il existe bien plus de jobs moins bien payés que de jobs mieux payés que le sien. 
      • D'autant qu'il n'envisage pas de reconversion en tant que footballeur professionnel ou star de la chanson. Quel dommage). 
    • Nous devons donc nous préparer à faire, d'ici quelques années, avec bien moins que son salaire actuel diminué de 20%. Et avec considérablement moins que le salaire que nous anticipions être son salaire futur...
    • Ce qui implique de nous serrer la ceinture dès maintenant, histoire de profiter quand même du temps qui lui resterait à son job pour mettre de côté de quoi gagner en liberté de décision si il s'avère nécessaire de sauter le pas et d'aller vers l'inconnu.

Ce qui se traduit par de profondes réflexions conjugales sur notre niveau de vie.

Issus tous les deux de familles où on ne nageait pas dans l'or, nous savons qu'il est possible de vivre tout à fait correctement avec des revenus bien inférieurs à ceux qui ont été les nôtres.
Mais depuis le temps que nous vivons avec ces revenus, nous nous sommes bien habitués au confort d'un certain niveau de vie. Sans complexes, sans trop nous poser de questions, puisque nos revenus ne devaient pas cesser d'augmenter.

Mais ça, c'était avant.

Nous avons donc d'intenses discussions.
  • Nous remettons un peu tout sur la table, les petits comme les grands choix, ce qui est un peu flippant, il faut l'avouer : mon avenir pro, l'IEF, nos choix de logement,... tout y passe.

Ce qui se traduira, ici, par la naissance d'une nouvelle catégorie : Optimiser le budget (en tous cas c'est le titre de travail que je trouve. Peut-être quelque chose d'incomparablement plus sexy me viendra-t-il plus tard, nous verrons). Je viendrai partager les pistes que nous identifions, et sans doute recueillir vos astuces.
Je précise toutefois qu'il ne s'agit pas de faire pleurer dans les chaumières.
Nous n'allons pas brusquement sombrer dans une misère noire, nous retrouver dans les 10% les plus mal lotis de France, ou quoi que ce soit d'approchant. Nous avons conscience que notre situation restera encore enviable par beaucoup d'autres. 
Peut-être même que ce que j'appellerai "des économies" pourra faire sourire (au mieux) ou agacer (moins bien) l'un(e) ou l'autre d'entre vous pour qui cette "économie" ressemblera plutôt à du luxe. J'en suis consciente et vous prie par avance de me pardonner. Je l'évoquais déjà ici, en matière financière chacun voit midi à sa porte.

En ce qui nous concerne, nous allons tout de même devoir reconsidérer un certain nombre de choses.
L'occasion de distinguer
  • l'essentiel (pour nous... et la notion d'essentiel dépend quand même toujours un peu de la taille du porte-monnaie qui doit le financer, cet "essentiel"), 
  • du superflu (pour nous), 
et d'opérer un tri à la fois exigeant, libérateur et ... qui fera mal aux fesses.
Voilà !


Il s'agit BIEN ÉVIDEMMENT d'une photo de Monsieur Bout.